Face aux mutations de la protéine spike, les anticorps produits par les vaccins sont davantage interférents que neutralisants, explique le Pr Risch

Par Jan Jekielek
23 juillet 2022 11:05 Mis à jour: 23 juillet 2022 12:59

Les anticorps déclenchés par les vaccins Covid‑19 interfèrent avec le système immunitaire à mesure que se succèdent les variants du Covid, explique le Pr Harvey Risch.

Les deux vaccins les plus utilisés en Occident, produits par Pfizer et Moderna, fonctionnent tous deux en envoyant de l’ARN messager dans les cellules musculaires, où elles produisent un morceau de la protéine spike du virus responsable du Covid‑19. Cette protéine déclenche ensuite la production d’anticorps, qui doivent prévenir l’infection par le SRAS‑CoV‑2, responsable du Covid‑19, et à combattre la maladie en cas d’infection.

Mais les vaccins sont conçus à partir de la protéine spike du virus initial, qui a muté dès le début de la pandémie. Depuis, une série de nouvelles souches sont devenues dominantes à travers le monde, la dernière étant la BA.5.

« Les vaccins ne produisent qu’une gamme très étroite d’anticorps contre la protéine spike », alors que l’exposition est plus large lorsqu’une personne est infectée, explique le Pr Risch, professeur d’épidémiologie à l’école de santé publique de Yale, lors de l’émission American Thought Leaders d’EpochTV.

« Mais, bien entendu, lorsque la protéine spike change avec les nouvelles souches du virus, la capacité du système immunitaire à produire des anticorps correspondant aux nouvelles souches est réduite à tel point que l’efficacité du système peut s’avérer quasi nulle sur de longues périodes. »

Ainsi, les anticorps déclenchés par les vaccins ne sont pas suffisamment puissants pour permettre une neutralisation.

« Cela signifie qu’ils deviennent des anticorps interférents, au lieu d’anticorps neutralisants », poursuit le Pr Risch. « Selon moi, c’est la raison pour laquelle nous avons constaté ce que l’on appelle un bénéfice négatif – une efficacité vaccinale négative sur une plus longue période – de quatre, six à huit mois après la dernière dose du vaccin, on peut voir le bénéfice apporté par les vaccins virer au négatif. »

Efficacité moindre face aux mutations de la protéine spike

Un certain nombre d’études récentes ont montré que les personnes vaccinées sont plus susceptibles d’être infectées par le Covid‑19 après un certain temps, dont l’essai clinique de Pfizer chez de jeunes enfants (pdf). Certaines données empiriques révèlent également des taux d’infection plus élevés chez les personnes vaccinées. D’autres recherches démontrent que les vaccins offrent toujours une certaine protection au fur et à mesure que le temps passe après l’injection, mais la protection diminue considérablement. Toutes les recherches menées portent sur le variant Omicron, qui est devenu dominant à la fin de l’année 2021, et sur ses sous‑variants.

Il y a eu relativement peu de modifications de la protéine spike lors de l’apparition des premiers variants et les vaccins offraient encore des avantages relativement importants, selon le Pr Risch. Mais Omicron a connu à ses débuts plus de 50 mutations de la protéine spike. Les sous‑variants d’Omicron, comme la BA.5, en ont cumulé davantage.

Le Pr Risch cite les statistiques communiquées par les autorités sanitaires du Royaume‑Uni au mois de mars (pdf) (les autorités ont arrêté de les communiquer après cette date). Ces chiffres montrent que les personnes ayant bénéficié à la fois d’une série de vaccinations primaires et d’un rappel ont un taux d’infection symptomatique trois fois plus élevé que les personnes non vaccinées.

« Après la deuxième dose des vaccins à ARNm, il apparaît qu’ils offrent un intérêt contre l’infection symptomatique pour… la plupart des personnes pendant peut‑être 10 à 12 semaines. »

« Après le premier rappel (la troisième dose) ce délai tombe à six ou huit semaines. Après la quatrième dose, il peut suffire de quatre semaines pour que l’efficacité s’estompe et commence à devenir négative. »

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