Les flambées de Covid-19 en Chine perturbent toujours plus les chaînes d’approvisionnement mondiales

Par Nicole Hao
2 février 2022 16:32 Mis à jour: 3 février 2022 23:47

La politique chinoise de tolérance zéro face au Covid‑19 condamne les villes vers de nouvelles quarantaines et celles‑ci sont paralysées l’une après l’autre. Tant et si bien que la main‑d’œuvre de « l’usine du monde » est confinée et personne n’est autorisé à se rendre au travail. Les camions ne peuvent plus expédier de marchandises non liées à la pandémie et les ports, prendre en charge les bateaux.

« Les confinements en Chine provoquent déjà des perturbations [dans la chaîne d’approvisionnement mondiale] », ont déclaré les économistes de la holding financière japonaise Nomura dans un rapport publié le 7 janvier.

En tant que premier fabricant mondial, la Chine importe des matières premières en provenance de l’ensemble du globe et exporte des produits à forte densité de main‑d’œuvre. En 2021, la Chine totalise plus de 22 % du volume du commerce mondial de marchandises et le volume de son commerce extérieur s’élève à 39,1 trillions de yuans (5 474 milliards €).

Selon le site Statista rapportant les données de la Division de Statistique des Nations Unies (UNSD) en mai 2021 : « La Chine représentait 28,7 % de la production manufacturière mondiale en 2019. »

Production à l’arrêt

Les politiques de confinement et de quarantaine lancées par le régime chinois dans les villes annonçant une présence du Covid‑19 ont condamné les usines à la fermeture.

Dans les villes où rien n’a été signalé, de nombreuses fabriques ont malgré tout été mises à l’arrêt ne pouvant recevoir de matières premières du fait des confinements dans les autres villes ou du manque de commandes.

Xi’an, la plus grande ville et principal pôle commercial du nord‑ouest de la Chine, qui compte 13 millions d’habitants, a été confinée pendant plusieurs semaines en décembre 2021 et janvier 2022.

La société américaine Micron et le groupe sud‑coréen Samsung y possèdent des usines produisant des puces de processeurs pour smartphones, ordinateurs individuels, pièces automobiles et robots ménagers. Début janvier, les deux entreprises ont prévenu que le confinement soudain affecterait le fonctionnement de leurs usines en intensifiant la pénurie mondiale de puces électroniques.

Les usines de Samsung à Xi’an fabriquent environ 42 % des puces flash NAND de l’entreprise, ce qui correspond à 15 % de la production mondiale des puces flash NAND, a indiqué l’Associated Press citant Shelly Jang de Fitch Ratings.

La technologie flash NAND (Not AND) repose sur un support de mémoire électronique non volatile, autrement dit elle possède les caractéristiques d’une mémoire vive mais les données ne disparaissent pas lors d’une mise hors tension. De ce fait la mémoire Flash NAND est utilisée pour stocker les données.

Des habitants sont soumis à des prélèvements pour le test Covid-19 à Ningbo, dans la province chinoise du Zhejiang, le 16 janvier. (STR/AFP via Getty Images)

Tianjin, la plus grande ville côtière du nord de la Chine. Elle compte 13,87 millions d’habitants. À l’instar de Xi’an, la ville a été confinée en janvier.

Le 13 janvier, le constructeur automobile allemand Volkswagen a confirmé la fermeture au 10 janvier de deux de ses usines du fait des mesures anti‑Covid imposées par le régime – une usine produisant des véhicules avec le partenaire chinois FAW, une autre servant à fabriquer divers composants pour la transmission automatique.

Le 12 janvier, le constructeur automobile japonais Toyota a déclaré avoir interrompu au 10 janvier sa production à Tianjin et tous ses employés doivent passer régulièrement des tests Covid‑19 conformément aux normes imposées par le régime.

Le 6 janvier, le média chinois Caixin a rapporté que les usines de toute la Chine devaient fermer provisoirement leurs portes pour se préparer au Nouvel An chinois, au 1er février. Ce répit intervient « plusieurs semaines avant [les années précédentes] en raison d’une combinaison de faibles commandes et de perturbations dans l’approvisionnement liées aux mesures strictes visant à contenir les flambées régionales de Covid‑19 ».

Des employés portant des équipements de protection individuelle (EPI) travaillent dans un port de Qingdao, dans la province chinoise du Shandong (est), le 14 janvier 2022. (STR/AFP via Getty)

Transports

La politique zéro Covid du régime a ralenti le fonctionnement des ports et entraîné une hausse des coûts d’expédition par voies maritimes, aériennes et terrestres.

« Bien que les ports soient encore ouverts, les restrictions actuelles, telles que les quarantaines et les tests obligatoires, continuent à ralentir le transport et à provoquer des retards », a déclaré le 24 janvier à CNBC Atul Vashistha, fondateur et président du cabinet de conseil en chaîne d’approvisionnement Supply Wisdom.

La chaîne de télévision a également interviewé Judah Levine, responsable de la recherche pour la plateforme de réservation de fret Freightos Group, selon lequel le prix du fret aérien a augmenté de 50 % dans certains cas, et les tarifs du transport maritime ont augmenté de 4 % entre l’Asie et la côte ouest des États‑Unis.

Les opérations du port de Ningbo‑Zhoushan, dans la province chinoise du Zhejiang (dans l’est), le troisième port commercial du monde, ont ralenti depuis décembre 2021, date à laquelle le régime a confiné le quartier de Beilun dans la ville de Ningbo.

De ce fait, le site spécialisé dans les chaines d’approvisionnement The Loadstart n’a pas manquer de rapporter au 5 janvier le témoignage d’habitants en difficulté pour accéder au port. Par ailleurs, il y a aussi un grand nombre de camionneurs qui vivent à Beilun et ces derniers sont tout autant bloqués.

« Il est extrêmement difficile de faire entrer ou sortir des conteneurs », selon une source. « Nous recommandons d’expédier le plus tôt possible à partir de ports alternatifs au lieu de faire la queue à Beilun. »

Tianjin, le plus grand port du nord de la Chine, est confronté à davantage de difficultés, car la ville entière a été confinée.

Le 27 janvier, le régime chinois a annoncé de nouvelles infections au Covid‑19 dans le Zhejiang, à Pékin, Shanghai, Tianjin, dans le Heilongjiang, Hebei, Henan et le Xinjiang. Le régime confine systématiquement tous les quartiers ou est identifié ne serait‑ce qu’un seul habitant infecté.

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