La « violence virale », ou comment les médias sociaux stimulent les attaques en Israël

22 octobre 2015 10:01 Mis à jour: 22 octobre 2015 11:00

 

Lors des révolutions du Printemps arabe de 2011, l’utilisation des réseaux sociaux et d’outils informatiques avait permis de contourner la surveillance des autorités et d’organiser les milices entre elles. Plus tard, la propagande de Daech s’appuya, elle aussi, sur les réseaux sociaux pour embrigader et mobiliser ses sympathisants. Rien d’étonnant, aujourd’hui, à constater le rôle de plus en plus important de Twitter et de Facebook dans la montée des violences face à Israël.

Des dessins animés, des photos et des vidéos incitant à la violence et aux meurtres ont inondés les plates-formes des médias sociaux. Des dessins animés, dont certains sont initialement publiés dans les médias arabes, se consacrent aux attaques quotidiennes. Une bande dessinée montre un agresseur masqué avec un couteau de boucher à la main et prêt à l’enfoncer dans le corps d’un juif orthodoxe.

Selon la Ligue d’anti-diffamation, un média d’analyse sur l’actualité, une autre bande dessinée montrant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avec un couteau qui sort de sa tête, est sous-titrée : «  Danser à la mélodie de l’Intifada ». Certaines de ces images sont accompagnées de hashtags de Twitter, tels que #intifadaAlAqsa et #intifadaPalestina, se référant respectivement à la mosquée Al-Aqsa, situé dans la vieille ville de Jérusalem ou à la Palestine. Certains utilisent ces hashtags pour accompagner les photos des Palestiniens morts, les qualifiant de martyrs, de héros ou de victimes de la brutalité israélienne.

« Ils sont les soldats d’Allah et héros de la de la terre de #Palestine », écrit un utilisateur de Twitter en soutien des auteurs des attaques au couteau. « Les Juifs sont un peuple très paisible. Mais comme tout autre peuple, ils doivent avoir le droit de se défendre et de lutter contre le terrorisme », a ajouté un autre utilisateur de Twitter, se présentant comme un partisan d’Israël. Au cours des dernières années, y compris lors de la guerre de 2014 entre Israël et Gaza, d’intenses débats sur les sites de médias sociaux se propagent en suivant la montée de violence israélo-palestinienne.

Un Palestinien réalise un film durant les émeutes accompagnant les expropriations forcées des Palestiniens du village de Kfar Qaddum, près de Nablus, le 12 juin 2015. (JAAFAR ASHTIYEH/AFP/Getty Images)
Un Palestinien réalise un film durant les émeutes accompagnant les expropriations forcées des Palestiniens du village de Kfar Qaddum, près de Nablus, le 12 juin 2015. (JAAFAR ASHTIYEH/AFP/Getty Images)

Parfois ils incluent même des fonctionnaires ou des combattants des deux côtés du conflit. Cela contraste avec la couverture de la deuxième Intifada ( 2000 – 2005) dominée par les principaux médias. Cette fois, le gouvernement israélien s’est aussi impliqué en postant des vidéos qui présentent sa propre version de nombreuses attaques. Par exemple, le ministère israélien des Affaires étrangères a posté sur Facebook un clip de 45 secondes appelé « Qu’est-ce que la terreur palestinienne et Daech ont en commun ». La vidéo affirme que les agresseurs à couteau « utilisent les mêmes méthodes que les terroristes tristement célèbres de Daech » avant de déclarer : « Il n’y a aucune différence entre eux ».

Une autre vidéo très souvent consultée et intitulée « Arrêter les discours de haine palestiniens » affiche des extraits de plusieurs vidéos palestiniennes, y compris des instructions sur comment bien poignarder une personne ou fabriquer un cocktail Molotov. Mais l’évènement le plus couvert par les des médias sociaux était sans doute la vidéo filmée par un smartphone le 13 octobre dernier, montrant Ahmad Manasra, jeune Palestinien de 13 ans gisant au sol et saignant à la tête, tandis qu’un Israélien l’insultait et lui disait de mourir.

Le Palestinien et son cousin âgé de 15 ans avaient attaqué un peu plus tôt un garçon israélien roulant en vélo, avant d’être eux même la cible des policiers. Le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a accusé les Israéliens d’avoir tué le garçon, tandis que Benjamin Netanyahu accuse son homologue palestinien de mensonge, au vu des images montrant l’incident. Ahmad Manasra a été emmené à l’hôpital et arrêté après l’avoir quitté deux jours plus tard.

Au milieu de cette violence, Facebook lui-même est devenu une cible d’attaques. Selon le site d’informations local Arutz Sheva, dimanche dernier l’activiste politique israélien Rotem Gez a reconnu avoir vandalisé le siège israéliens de Facebook avec des graffitis rouges « On a du sang sur les mains » et « Arrêtez la terreur de FB ». « Nous avons décidé de le faire parce qu’on ne peut rien écrire sur le mur (sur l’Internet ) de Facebook, donc nous avons transféré notre protestation au mur physique de l’entreprise, hors du réseau », a expliqué Rotem Gez.

Le Premier ministre Netanyahou semble de son côté tirer parti de la glorification de la violence sur les médias sociaux comme une occasion d’accuser le Président de l’Autorité palestinienne. Selon le Times of Israël, en se référant à Mahmoud Abbas dans sa déclaration télévisée du mardi dernier, Benjamin Netanyahu a annoncé qu’il  « passe son temps à inciter » . « Lui et ses partenaires du Fatah, ainsi que les sites officiels [de l’Autorité palestinienne], incitent jour et nuit sur les réseaux sociaux », rapporte le Times of Israël.

Version anglaise : Violence Goes Viral: How Social Media Drives the Attacks in Israel

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