L’échec russe, une leçon pour la dictature chinoise

Par Aurelien Girard
2 octobre 2022 17:36 Mis à jour: 2 octobre 2022 17:39

En mars dernier, les savants sachants qui avaient prédit que Vladimir Poutine n’attaquerait jamais l’Ukraine ont produit une nouvelle analyse sur les forces en présence : l’armée russe, avec son énorme budget et ses forces humaines, allait tout raser sur son passage, prendre en quelques semaines le contrôle de l’ensemble du territoire ukrainien, et pourquoi pas la Moldavie avec. « Supériorité aérienne totale », « incontestable supériorité militaire de l’armée russe » lisait-on dans les plus prestigieux quotidiens. « C’est l’histoire du pot de terre contre le pot de fer » détaillait France Info.

Les données les plus tangibles soutenaient ces anticipations : près de 200.000 soldats russes se tenaient à la frontière de l’Ukraine pour une armée de 900.000 hommes (contre, pour référence, 130.000 soldats dans l’Armée de Terre en France.) Les forces russes étaient perçues comme modernes, éprouvées sur le terrain de leurs interventions internationales, en Syrie en particulier. On lisait aussi que la Russie dispose de 2.800 chars, soit quatorze fois plus que la France, de 1.000 avions de combat, soit sept fois plus que la France, d’un budget de défense dix fois plus important que celui de l’Ukraine.

Les cadors militaires alertaient aussi de l’incapacité de l’armée française à soutenir une guerre de grande intensité, si le conflit ukrainien venait à diffuser. Six mois après, le pouvoir russe n’a pas eu le succès annoncé tandis que les forces ukrainiennes – massivement soutenues par le renseignement américain et les armes envoyées par les puissances occidentales – reprennent une par une les villes envahies au printemps. Cauchemar logistique, les troupes russes vont devoir affronter l’hiver en territoire ennemi. La conscription annoncée par Vladimir Poutine pour rafraîchir son contingent et lutter contre l’épuisement moral a pour seule conséquence les désertions massives de milliers de jeunes russes qui tentent de quitter le pays.

Les savants sachants prédisent maintenant qu’il n’y aura pas de frappe nucléaire par Vladimir Poutine, ou que celui-ci sera « rapidement » éliminé et remplacé, ou les deux. En réalité, chaque mois apporte surtout son nouveau lot d’exemples pour démontrer que tout ce que nous devrions savoir est que nous ne savons rien, que des forces plus grandes que celles des analystes politiques dirigent le cours du monde.

Nous pouvons, par contre, tenter de tirer des enseignements de l’actualité et réfléchir aux fondements de la force des nations. Les discours généraux sur la croissance de la puissance militaire chinoise sont comparables à ceux entendus depuis une dizaine d’années sur la Russie.  C’est un récit de puissance dite décomplexée, prête à tous les sacrifices pour redevenir l’Empire qu’elle était et se venger des humiliations autrefois infligées par l’Occident. Dans ce récit et comme pour la Russie, un peuple tout entier serait aligné derrière le charismatique leader, l’opposition — quasi-inexistante — étant de toute façon sévèrement réprimée. Voici ce qui fait trembler les vieilles démocraties, qui savent qu’en cas de guerre la plus grande partie de leurs citoyens ne voudra pas aller au combat : la perception que ces deux grands peuples, le russe et le chinois, sont alignés derrière leurs dirigeants, nourris de nationalisme et prêts à tous les sacrifices pour défendre leur nation en suivant aveuglément les ordres. La perception aussi d’une vision stratégique particulièrement construite, très anticipatrice, appuyée par des moyens militaires de premier plan.

Mais, comme en Russie, le peuple n’est là pour chanter son patriotisme et sa volonté de vaincre tous les ennemis que parce que c’est la seule façon de vivre en paix sans risquer la prison. S’il fallait prendre les armes, la réalité de la confiance des Chinois envers le parti communiste chinois apparaitrait vite et l’armée des « trolls » Internet qui tente de faire croire que tous sont prêts à verser leur sang se retrouverait mise à nu face à la réalité. Comme le montrent les centaines de millions de démissions symboliques du parti communiste, on trouverait dès le premier revers militaire des tanks sans conducteurs et quelques généraux réduits à donner des ordres auxquels personne n’obéirait plus.

Les guerres éprouvent la solidité des nations et dépouillent bien vite tous les artifices de la propagande.

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