Les parents des enfants victimes de vaccins contaminés, persécutés par le régime chinois

Lorsqu’un énorme scandale impliquant la vente de millions de vaccins mal stockés ou périmés a éclaté en Chine, un groupe de médias sociaux formé pour défendre les intérêts des victimes empoisonnées et de leurs familles a tout d’un coup attiré un très grand intérêt.

Yu Tong’an, fondateur du groupe de soutien sur le service de messagerie instantanée QQ, milite depuis plus d’une décennie contre le milieu pharmaceutique en Chine depuis que les quatre membres de son fils aient été atrophiés en 2005 à cause d’un vaccin trafiqué.

Après l’éclatement de ce scandale en mars 2016, le groupe QQ de Yu Tong’an comptait plus de 1 500 membres. Cependant, le 16 avril dernier, Voice of America a rapporté que ce groupe avait été supprimé par Tencent, la société qui gérait QQ, et que Yu Tong’an avait été placé sous étroite surveillance par les autorités.

Yu Tong'an participe à une manifestation dans sa province natale du Guangdong, le 27 mars 2010. (Photo d'un internaute chinois)
Yu Tong’an participe à une manifestation dans sa province natale du Guangdong, le 27 mars 2010. (Photo d’un internaute chinois)

Yu Tong’an pense que les censeurs ont donné l’ordre de fermer son groupe de soutien à cause d’un rassemblement pour faire appel planifié à Pékin le 17 avril. Il était sous surveillance par les services de sécurité de l’État quand il a donné son interview à Voice of America le 19 avril dernier.

Le groupe QQ
Après le scandale de vaccins qui seraient à l’origine des décès récents de plusieurs jeunes enfants, le groupe QQ de Yu Tong’an a attiré une grande quantité de parents qui cherchaient à partager leurs expériences et trouver des avocats dignes de confiance.

« Nos enfants sont des victimes », a déclaré un parent anonyme. « Ces cas restent non résolus depuis des années. »

La suppression du groupe QQ n’a pas empêché à ses 400 membres de créer un nouveau groupe quelques jours plus tard et d’entreprendre des actions concrètes avec Yu Tang’an.

Le 17 avril dernier, environ 60 parents, protestant contre un manque de contrôle de l’État, se sont rassemblés devant le Premier tribunal populaire intermédiaire de Pékin pour faire appel et déposer une plainte contre l’Administration nationale chinoise des aliments et médicaments et la Commission nationale de la santé et de la planification familiale.

La Commission nationale de la santé et de la planification familiale est responsable de la vaccination en Chine, mais son système d’enregistrement des fautes professionnelles n’est pas clair et est accompagné de tracasseries administratives.

Wu Miao, qui a une fille avec le bas du corps paralysé, a reçu un rejet formel de culpabilité de la part de l’hôpital disant: « Le handicap n’a rien à voir avec le vaccin ».

Il est également difficile d’obtenir une indemnisation. Selon Voice of America, Wu Miao, habitant dans la pauvre province du Guizhou, a rendu visite à presque tous les départements du gouvernement local sans obtenir grand-chose. Il a fait appel à 5 reprises à la Commission nationale de la santé et de la planification familiale.

En fin de compte, après que Wu Miao soit allée à Pékin, sa famille a pu recevoir un million de yuans (environ 137 000 euros) du bureau de l’assainissement local, mais il ne sait pas comment ce paiement a été autorisé. Wu Miao et d’autres parents dont les enfants ont été victimes de vaccins, trouvent que l’indemnisation semble dépendre des efforts qu’ils mettent pour attirer attention à leur cas.

« Nous avons dû faire de cela une grosse affaire afin d’obtenir quoi que ce soit pour nos enfants », a confié une femme. « C’est le seul moyen. »

Toutefois, même si on obtient une compensation, cela peut arriver trop tard pour l’enfant. L’état de santé de la fille de Wu Miao s’est empiré parce qu’elle n’avait pas pu obtenir un traitement médical de son système nerveux au bon moment.  Wu Miao a dû finalement dépenser 20 000 yuans par jour pour un traitement de longue durée.

De nombreuses familles ont eu encore moins de chance que Wu Miao et n’ont reçu aucune indemnisation. Leurs enfants décèdent ou doivent vivre avec des graves déficiences.

En outre, les règlements de l’État chinois prévoient que la réception d’une indemnisation signifie que la victime a réglé son cas, excluant la possibilité de mener une enquête approfondie ou d’entamer des poursuites judiciaires.

Version anglaise : Parents of Children Poisoned by Tainted Chinese Vaccines Suppressed by Regime Censors

 
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