Sud-Ouest : deux élues réquisitionnent le bus municipal pour partir en vacances au Portugal

Deux élues d’une petite commune du Sud-Ouest sont parties en vacances en famille avec le minibus communal cet été, provoquant la colère des administrés.

Mis en service au printemps, le minibus de la commune de Sadirac était a priori « destiné à être utilisé quotidiennement pour le transport des enfants, personnes âgées et sportifs de la commune », selon les mots de Daniel Coz, le maire (Divers gauche) de la ville, au moment de son inauguration.

Un véhicule qui devait répondre à une demande « suffisamment importante pour lui reconnaître une utilité de tous les instants ».

Pourtant, Barbara Delesalle et Catherine Marboutin, deux membres du conseil municipal de Sadirac, n’ont pas hésité à emprunter le minibus cet été pour partir en vacances au Portugal avec leur conjoint et leurs enfants.

« Elles sont parties préparer les festivités qui ont lieu ces prochains jours dans le cadre du jumelage à Cabralès [une ville du nord de l’Espagne, NDLR]. Elles sont ensuite allées en vacances au Portugal. J’assume ce détour. Elles ont payé tous les frais comme le font les associations ou partenaires qui l’empruntent quand le minibus n’est pas utilisé », s’est justifié le maire de Sadirac.

Toutefois, le journal Sud Ouest explique que le passage des deux élues municipales est passé complètement inaperçu en Espagne.

Les journalistes du quotidien ont en effet contacté un membre du comité de jumelage de Cabralès, qui leur a affirmé que la ville des Asturies n’avait reçu aucune délégation officielle pendant l’été.

Mais les deux élues de Sadirac ne voient pas « où est le problème ».

« Nous nous y sommes prises un peu tard et nous n’avons pu voir personne », se défend Catherine Marboutin – adjointe aux seniors et au handicap – dans les colonnes de Sud Ouest.

« Le bus n’a pas été payé par les administrés. Ce déplacement ne leur a pas coûté un centime. Nous avons payé l’essence, les péages et le nettoyage », renchérit Barbara Delesalle – adjointe aux affaires scolaires.

« Lors de l’inauguration, le maire a bien dit que les associations, les élus, les partenaires pouvaient s’en servir. Soit nous le prenions, soit il restait aux services techniques, c’est donc pareil », ajoute Mme Marboutin.

Si le véhicule n’a pas été payé par les contribuables de la commune, ce sont bien des artisans locaux qui l’ont financé en achetant des espaces publicitaires.

« C’est nous qui l’avons payé ce minibus. On ne le voit jamais dans la commune. J’ai payé 2500 euros pour deux ans, c’est une somme », explique Bernard Giry – propriétaire d’une société spécialisée dans l’entretien des espaces verts.

« Lors de la présentation, il a bien été dit qu’il servirait aux personnes âgées et aux enfants », conclut son épouse.

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