Tadjikistan : un couple de touristes en quête d’aventure connaît une fin tragique, assassiné par l’État islamique

22 août 2018
Mis à jour: 22 août 2018

Le 29 juillet dernier, 4 touristes qui voyageaient à vélo furent tués par des terroristes de l’État islamique au Tadjikistan : un pays d’Asie centrale coincé entre l’Afghanistan, la Chine, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan.

Parmi les victimes, René Wokke un Néerlandais de 56 ans, Markus Hummel un Suisse qui voyageait le long de la Route de la soie et un jeune couple d’Américains qui poursuivaient un périple autour du monde depuis un an.

Âgés de 29 ans, Lauren Geoghegan et son compagnon Jay Austin avaient décidé de quitter leurs emplois respectifs à Washington pour partir à l’aventure en juillet 2017.

Jay travaillait depuis quelques années au Département américain de l’habitat et du développement urbain, tandis que Lauren était employée au bureau des admissions de la prestigieuse université de Georgetown.

« J’en ai assez des réunions, des téléconférences, des feuilles de temps à remplir, des mots de passe à changer […] J’en ai assez de passer les meilleures heures de ma journée devant un rectangle lumineux, de colorier les meilleures années de ma vie en bandes de gris et de beige », écrivait Jay Austin au moment de quitter son emploi à l’été 2017.

« Je sais qu’il y a une autre façon de vivre. Je l’ai touchée du doigt. Mais maintenant il faut y aller […] Vivre dans le confort permanent peut s’avérer dangereux. L’inertie est un prédateur sournois », poursuivait le jeune homme.

Par la suite, le couple continua de livrer ses sentiments via un blog, fournissant régulièrement des informations sur son parcours tout en postant plusieurs photos sur Instagram.

En partant à l’aventure et en laissant derrière eux leur famille, leurs amis et leur métier, Lauren et Jay voulaient partager « l’ouverture d’esprit qu’ils incarnaient » et témoigner des « actes de bonté » échangés avec les étrangers du monde entier.

Dans les billets rédigés sur leur blog, Jay et Lauren partageaient régulièrement leur vision d’un monde bienveillant, affichant une foi inébranlable en l’humanité.

Après une expérience particulièrement positive dans une famille marocaine qui les avait hébergés pendant leur équipée nord-africaine, le couple écrivit un billet enthousiaste, expliquant que « le mal est un concept inventé de toutes pièces pour faire face à la complexité d’êtres humains dont les valeurs, les concepts et les croyances sont différents des nôtres ».

So much 💚 for this whole family. ❤ 👵🏽👶🏽👴🏼👴🏽👩🏽👩🏼👩🏽 ❤ A few days ago on our ride through the Rif Mountains, these guys took us in when we found ourselves on the road just minutes before dusk. Though we said we were perfectly happy to camp outside, they not only insisted we sleep in their house (in our own room with a warm, comfy bed), but also treated us to an incredible five- or six-course meal of home-cooked Moroccan cuisine (best tajine we’ve had to date!) and cup after cup of mint tea. 🍲🍵 In the morning they insisted we stay for a wonderful breakfast—and join them on a walk through their gorgeous grove of orange and olive trees—before sending us on our way with fresh bread, home-pressed olive oil, handpicked oranges from the yard, and an invitation to come stay with them for a week if, inshallah, we one day return to #Morocco. 💛 I was sadly able to communicate only the most basic things with them; Lauren, as usual, killed it with the Arabic and was beloved by all. 🇲🇦 🙏

Une publication partagée par Jay Austin (@simplycycling) le

Très touchés par l’accueil offert par cette famille marocaine qui les avait si chaleureusement invités à partager son quotidien, Lauren et Jay poursuivirent leurs réflexions sur le monde et la nature humaine :

« Vous lisez les journaux et on vous amène à croire que le monde est un endroit grand et effrayant. La tendance est de vous faire croire que personne n’est digne de confiance ; que les gens sont mauvais, diaboliques. Qu’ils sont des criminels en puissance prêts à vous découper à la hache, qu’ils sont des monstres et même pire que cela. »

« Mais je refuse de le croire. […] Les personnes malveillantes existent bel et bien mais elles sont rares. La grande majorité des êtres humains sont bons. […] Généreux et merveilleux. C’est la plus grande révélation de notre voyage », écrivait le couple au mois d’avril, après une escale entre Douar Sidi Mohamed Chelh et Ceuta – une enclave espagnole en territoire marocain.

Malheureusement, leur voyage connut une fin tragique quelques semaines plus tard, alors qu’ils se trouvaient au Tadjikistan, une ancienne république de l’Union soviétique désormais qualifiée d’État autoritaire.

Le 29 juillet 2018, Lauren Geoghegan et son ami roulaient sur la route du Pamir qui relie le pays avec le Kirghizstan au nord et l’Afghanistan au sud, un itinéraire montagneux reconnu pour sa difficulté et la beauté de ses paysages désertiques.

Ils étaient accompagnés de 5 autres touristes rencontrés pendant leur périple, dont certains, comme René Wokke, avaient déjà voyagé dans de nombreux pays et bénéficiaient d’une solide expérience.

Tajikistan is a tough place to cycle. It is cold and windy and mountainous and, most of all, very, very high. Lauren’s been having a bit of difficulty with the altitude. After a really tough pass at the Kyrgyz/Tajik border, she couldn’t quite catch her breath, and needed to get a ride down to a slightly lower elevation. A few days of rest at Karakul helped with the acclimation, but also seems to have left Lauren with a nasty stomach bug. Rather than slog through another massive climb while still under the weather, we managed to find Lauren a ride to Murghab in the back of this old Soviet ambulance (now operating as an intra-Pamir shuttle). 🚑 I, for some reason, thought it’d be « fun » to still cycle to Murghab, tackling the 4,655-meter Ak-Baital pass on my own. 🤔

Une publication partagée par Jay Austin (@simplycycling) le

Alors que le groupe de cyclistes roulait en admirant les paysages désertiques, une voiture les percuta violemment avant que 5 hommes ne sortent du véhicule pour les poignarder.

Lauren Geoghegan, Jay Austin, René Wokke et Markus Hummel sont morts ce jour-là, dans la région de Danghara.

Deux jours plus tard, l’État islamique revendiquait l’assassinat des 4 touristes à travers une vidéo dans laquelle 5 hommes assis devant un drapeau noir de Daech juraient d’exterminer « les mécréants ».

Malgré cette vidéo, le gouvernement tadjike a rejeté la responsabilité de l’attentat sur un parti d’opposition interdit dans le pays depuis 2015.

Depuis la tragédie, le Département d’État américain a appelé ceux de ses ressortissants qui souhaiteraient se rendre au Tadjikistan à faire preuve « d’une vigilance renforcée » et à « éviter les rassemblements ou les transports en commun ».

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