Un des journalistes de Reuters emprisonnés en Birmanie papa d’une petite fille

L’épouse d’un des deux journalistes arrêté pour violation de la « loi sur les secrets d’Etat » a donné naissance vendredi à une petite fille, a-t-on appris auprès de cette agence de presse. Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, sont emprisonnés depuis huit mois pour détention de documents classifiés relatifs au massacre par l’armée l’année dernière de membres de la minorité musulmane des Rohingyas.

« Je veux qu’il soit libéré pour que nous puissions être ensemble en famille », a déclaré dans un communiqué diffusé par Reuters l’épouse de Wa Lone, Pan Ei Mon, 36 ans, après avoir donné naissance à leur premier enfant, Thet Htar Angel. Le rédacteur en chef de Reuters, Stephen J. Adler, a qualifié de « triste et troublant » le fait que le journaliste, emprisonné pour des accusations « sans fondement », n’ait pu assister à la naissance de sa fille.

La police a tendu un piège à Wa Lone

Cette agence affirme que la police a tendu un piège à Wa Lone et Kyaw Soe Oo en leur faisant remettre les documents compromettants juste avant leur arrestation. Leur procès s’est ouvert mi-juillet. Le réquisitoire et les plaidoiries de la défense sont attendus pour le 20 août et le verdict pour dans les jours qui suivront.

Les deux reporters enquêtaient sur le massacre de dix Rohingyas dans le village d’Inn Dinn. Quelques jours après leur arrestation, l’armée a reconnu que des soldats et des villageois bouddhistes avaient tué de sang-froid des captifs de cette communauté le 2 septembre 2017. Sept militaires ont été condamnés à dix ans de prison pour cette tuerie.

La minorité musulmane a fuit une offensive des soldats birmans

Plus de 700.000 membres de la minorité musulmane ont fui une offensive des soldats birmans déclenchée l’année dernière en représailles à des attaques de postes-frontières par des rebelles rohingyas. L’ONU a qualifié les violences perpétrées par les militaires de « nettoyage ethnique », des termes que Rangoun récuse.

Les centaines de milliers de Rohingyas déplacés ont trouvé refuge au Bangladesh où ils vivent depuis dans d’immenses campements de fortune. Au moins 6.700 ont été tués au cours du premier mois de l’offensive militaire, d’après l’ONG Médecins sans frontières.

DC avec AFP

 
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