Une victime du massacre de la place Tiananmen : le PCC n’a pas changé

NEW YORK : « Pourquoi y avait-il un ordre de commencer à tuer ? », interrogeait Fang Zheng sans détour.

Sa simple question, parmi une quantité titanesque d’autres questions inter-reliées, est restée sans réponse pendant près de trois décennies. Mais Fang Zheng, une victime devenue activiste dont les jambes ont été écrasées par un char pendant le massacre de la place Tiananmen, se bat toujours pour la vérité.

Ce bain de sang, perpétré sur ordre du Parti communiste chinois (PCC), a coûté la vie à une foule d’étudiants chinois qui protestaient pour une réforme démocratique le 4 juin 1989. Le régime a continué de nier toute implication qu’il aurait eue et une recherche en ligne sur l’incident ou tout sujet connexe est restée censurée en Chine depuis ce jour.

Le PCC avait fait pression sur Fang Zheng, aujourd’hui âgé de 55 ans, pour qu’il dise qu’il avait été blessé dans un accident de la route, mais il a refusé. L’histoire de Fang Zheng fait apparaître des images d’une photo de «Homme Tian’anmen, Tank Man », cet inconnu qui bloquait symboliquement la progression d’au moins dix-sept chars de l’Armée populaire de libération du peuple le lendemain des manifestations de la place Tian’anmen.Ce cliché iconique internationalement reconnue est couramment utilisée pour symboliser le courage et la force de la non-violence face à la répression armée.

La recherche de la « vérité » par M. Zheng a trois niveaux de signification, d’abord pour les hauts responsables du Parti communiste chinois (PCC) d’admettre et de prendre la responsabilité de ce qui s’est passé. Deuxièmement, que le peuple chinois prenne connaissance de l’incident qui a été arraché des pages des livres d’histoire. Et enfin, que le PCC divulgue tous les détails de l’incident, y compris le nombre de morts.

Fang Zheng, 55 ans, dont les jambes ont été écrasées par un char d’assaut lors du massacre de la place Tiananmen en 1989, se prépare à prendre la parole au Forum d’Oslo sur la liberté à New York, le 17 septembre 2018. (Bowen Xiao/The Epoch Times)

Dans une interview accordée à The Epoch Times avant son discours au Forum de la liberté d’Oslo en 2018, M. Zheng, aujourd’hui en fauteuil roulant, a déclaré que le PCC n’avait pas changé depuis le carnage.

« Ce que le PCC fait aujourd’hui n’est qu’une continuation de ce qui s’est passé il y a 30 ans. Bien que leurs dirigeants soient passés de Deng Xiaoping à Jiang Zémin en passant par Hu Jintao et Xi Xiaoping, leurs principes et leur idéologie n’ont pas changé », a-t-il déclaré lors de la conférence mondiale annuelle des défenseurs des droits humains.

Il a dit que la seule chose qui a changé, ce sont les méthodes que le PCC utilise pour contrôler son peuple, ajoutant qu’il persécute tout ce qui ne correspond pas à ses intérêts. Dans un exemple, il a dit que si quelqu’un devait écrire quelque chose en rapport avec le 4 juin sur WeChat (l’application de messagerie la plus populaire de Chine), il sera impossible que son message soit lu puisque les autorités vont suivre et filtrer leurs commentaires.

« Ils utilisent aussi une technologie similaire pour mettre les gens sous surveillance. Ils suivent les commentaires de tout le monde sur Internet, puis les utilisent comme preuve de leurs activités illégales et les arrêtent », a déclaré M. Zheng. « La technologie moderne devient un outil utile pour le PCC pour réprimer le peuple… il le rend incapable de parler. C’est l’état actuel de la Chine. »

« Beaucoup de Chinois, surtout les jeunes, ne sont toujours pas au courant du massacre. Il y a deux raisons à cela, l’une étant le contrôle du Parti communiste chinois alors à moins qu’ils ne le demandent, ils ne le sauront pas. De plus l’environnement est sous pression, les gens sont habitués à s’autocensurer parce qu’ils ont peur d’avoir des ennuis. Si vous connaissez la vérité, cela pourrait être un crime. »

Un souvenir gravé dans la mémoire

Il y a trente ans, M. Zheng n’était qu’un étudiant parmi tant d’autres sur la place Tiananmen, appelant à la liberté, à la démocratie et à la fin de la corruption gouvernementale. Il les a rappelés en sortant paisiblement de la place lorsque l’atmosphère a pris un virage radical.

« Nous avons soudainement été attaqués par des chars de l’Armée populaire de libération du peuple (PCC) qui sont arrivés par derrière… Beaucoup de gens y sont morts quand ils ont été écrasés par les chars. C’est comme ça que j’ai perdu mes jambes. »

« Nous n’avons aucune idée du nombre de morts… Qui a donné l’ordre ? Pourquoi donner l’ordre ? C’est aussi quelque chose que nous demandons, et nous cherchons toujours une réponse parce que le PCC ne permet pas du tout aux gens de parler de ce sujet. »

Bien qu’il y ait des estimations contradictoires sur le nombre de morts, un télégramme diplomatique britannique secret qui a été dévoilé l’année dernière affirmait qu’au moins 10 000 personnes avaient été tuées pendant le massacre de la place Tiananmen, citant une source du régime communiste chinois.

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Pendant que les élèves évacuaient la zone, ils ont été frappés par une attaque au gaz. Pendant le chaos, une étudiante s’est évanouie sous le choc et Fang Zheng l’a ramassée. Alors qu’il l’aidait, un char d’assaut s’est approché rapidement et Fang Zheng n’a eu que le temps de la mettre à l’abri du danger.

Fang Zheng a été traîné sur plusieurs pieds par le char et ses deux jambes ont été écrasées. Il a ensuite été envoyé à l’hôpital et a subi une double amputation. Il a également fait l’objet d’enquêtes incessantes de la part de fonctionnaires qui l’ont accusé d’être violent et d’avoir provoqué l’attaque.

Malgré ces persécutions, M. Zheng a continué à dire la vérité et à lutter contre le récit du gouvernement selon lequel lui et ses collègues manifestants avaient déclenché l’attaque.

M. Zheng a également demandé à l’étudiante de témoigner en sa faveur, mais elle a refusé et nié avoir jamais été avec lui afin d’éviter des complications avec le PCC.

Athlète avant et après sa blessure, Fang Zheng est devenu champion national en lancer de disque handicapé. Mais on lui a rapidement refusé de participer à des événements plus importants parce que le PCC craignait qu’il ne dise la vérité. Il vit maintenant dans la région de la baie de San Francisco et continue de défendre la vérité au sujet de la place Tiananmen et du gouvernement communiste chinois.

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