Les allégations de Peng Shuai mettent en lumière les dérives sexuelles du PCC

Par Nicole Hao
28 novembre 2021 18:22 Mis à jour: 29 novembre 2021 15:54

À l’international, des responsables politiques, des athlètes médaillés et des défenseurs des droits de l’homme, s’inquiètent pour la sécurité de la joueuse de tennis Peng Shuai. Les médias d’État chinois ont récemment publié des photos et des vidéos de la sportive pour apaiser l’opinion publique, mais cela n’a fait qu’attiser les craintes.

Peng Shuai (ancienne numéro un mondiale en double) est absente de la scène publique depuis le 2 novembre. C’est après avoir accusé l’ancien vice-Premier ministre chinois Zhang Gaoli d’agression sexuelle qu’elle a disparu. Peu après, la Maison Blanche, les Nations unies, l’Association féminine de tennis et le numéro un mondial Novak Djokovic ont exprimé leurs inquiétudes quant à sa sécurité.

L’affaire Peng a ravivé la campagne de boycott des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, prévus pour le 4 février. Des hommes politiques, des ONG, des militants et des athlètes font pression sur le régime chinois pour son terrible bilan en matière des droits de l’homme.

Le 21 novembre, Li Lingwei, haut fonctionnaire chinois et président de la commission des athlètes du Comité international olympique (CIO) a annoncé que le président du CIO, Thomas Bach, s’était entretenu pendant une demi-heure avec Mme Peng en visio. M. Bach a déclaré : « Peng Shuai se portait bien. » Mais l’appel en visio n’a pas été relayé et personne d’autre n’a donc pu voir la joueuse de tennis.

Du 20 au 23 novembre, les médias d’État chinois et le régime chinois ont continué à affirmer que Peng était en sécurité dans son appartement de Pékin, et ont publié des vidéos et des photos, dont l’authenticité ne peut cependant pas être vérifiée.

Par voie de conséquence, le prétendu appel vidéo du CIO et les tentatives de Pékin pour rassurer le public n’ont fait qu’attiser les craintes des observateurs.

« La Chine a pour coutume de publier des ‘déclarations’ forcées au nom de militants des droits humains », a déclaré Amnesty International dans son communiqué du 18 novembre. « Par exemple, la télévision d’État a diffusé les ‘aveux’ des avocats chinois spécialisés dans les droits humains Wang Yu et Jiang Tianyong lorsqu’ils étaient en détention. »

Désormais, le public s’inquiète pour la joueuse de tennis dont les libertés sont bafouées et qui est probablement soumise à un traitement sévère du régime.

« Je suis profondément inquiet pour la sécurité et le bien-être de Peng Shuai. Les allégations d’agression sexuelle ne devraient jamais être censurées par l’État. [Le fait qu’elle a été] enlevée par le Parti communiste chinois pour avoir eu le courage de s’exprimer est inconcevable », a déclaré Garnett Genuis, membre du Parlement canadien et ministre fantôme des relations entre le Canada et la Chine, à Epoch Times le 22 novembre. « Bien que des images et des vidéos de Peng Shuai aient été diffusées par les médias d’État chinois, leur authenticité ne peut pas être vérifiée. »

« Cet incident souligne le fait que les athlètes de haut niveau ne sont pas à l’abri des violations des droits de l’homme en Chine », a ajouté M. Genuis.

À gauche : la joueuse de tennis chinoise Peng Shuai lors de son match du 1e tour du simple dames à l’Open d’Australie, Melbourne, le 16 janvier 2017. À droite : le vice-Premier ministre chinois Zhang Gaoli lors d’une visite en Russie au Forum international d’investissement de Saint-Pétersbourg, le 18 juin 2015. (Paul Crock, Alexander Zemlianichenko/AFP via Getty Images)

Droits des femmes

Les affirmations de Peng ont jeté un coup de projecteur sur les questions relatives aux droits des femmes en Chine, en particulier sur la pratique, apparemment courante depuis plusieurs décennies, consistant pour les responsables du Parti communiste chinois (PCC) à avoir des maîtresses.

L’ancien tsar de la sécurité chinoise, Zhou Yongkang, a été condamné à la prison à vie pour corruption, abus de pouvoir et divulgation intentionnelle de secrets d’État en juin 2015.

Selon les médias d’État chinois, Zhou avait au moins 28 maîtresses de longue date et avait agressé sexuellement près de 400 femmes. Parmi les maîtresses de Zhou figuraient des présentatrices de télévision, des stars de cinéma, des chanteuses, des étudiantes et des fonctionnaires.

Ces femmes ont entretenu leurs relations avec lui soit pour leur carrière, soit pour survivre. En Chine, les hauts fonctionnaires ont le pouvoir d’incarcérer toute personne de leur choix. Ils peuvent la détruire, la ruiner, lui retirer la vie et s’attaquer à sa famille.

Ces dernières années, des centaines de fonctionnaires ont été impliqués dans des scandales sexuels. On se souvient du cas de Zhao Liping, par exemple. Ce puissant fonctionnaire de Mongolie-Intérieure avait tué sa maîtresse en 2015. Ma Jian, ancien vice-ministre du ministère chinois de la Sécurité d’État avait six maîtresses et deux fils de celles-ci. Shi Wenqing, un haut fonctionnaire de la province du Shandong, avait violé à plusieurs reprises sa propre nièce, contraint à des relations sexuelles les deux nièces de sa femme et avait de nombreuses maîtresses épisodiques.

Des militants se rassemblent devant le consulat chinois de Los Angeles pour appeler au boycott des Jeux olympiques d’hiver de 2022 à Pékin en raison du bilan de la Chine en matière de droits de l’homme, Los Angeles (Californie), le 3 novembre 2021. (Frederic Brown/AFP via Getty Images)

Ju Bin, un entraîneur de basket-ball canadien faisant partie de l’équipe nationale chinoise de basket-ball, a déclaré à l’édition chinoise d’Epoch Times début novembre que les joueuses de tennis sont couramment la cible des agressions sexuelles des hauts responsables du PCC.

« Les hauts fonctionnaires du PCC aiment le tennis plus que tout autre sport, parce que c’est un sport synonyme d’élégance [à leurs yeux]. [Leurs collaborateurs] demandent toujours aux meilleures joueuses de tennis de les accompagner », a déclaré Ju. « Je connais très bien [cette pratique] scandaleuse, et cela se produit continuellement ».

Yuan Hongbin, ancien directeur de la faculté de droit de l’université de Pékin et célèbre dissident en exil, a déclaré le 19 novembre à l’édition chinoise d’Epoch Times que les hauts responsables du PCC ont pour habitude d’agresser sexuellement trois catégories de femmes.

« La première catégorie est celle des présentatrices de la télévision centrale chinoise (CCTV), la seconde est celle des artistes des diverses compagnies militaires, et la dernière est celle des joueuses de tennis de l’équipe nationale », a indiqué M. Yuan.

En Chine, les trois catégories de femmes mentionnées par M. Yuan ont un statut social relativement bon, mais leurs droits sont piétinés par la haute fonction du régime.

Des activistes participent à une manifestation appelant au boycott des Jeux olympiques de Pékin 2022 en raison du bilan de la Chine en matière de droits de l’homme, à Tokyo, le 2 octobre 2021. (Philip Fong/AFP via Getty Images)

Boycott des Jeux olympiques de Pékin

« Je soutiens pleinement un boycott diplomatique des Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022. Nous devons être solidaires des peuples de la RPC (République populaire de Chine) qui cherchent à obtenir la protection de leurs droits humains fondamentaux, notamment ceux du Turkestan oriental, du Tibet, de la Mongolie-Intérieure et de Hong Kong. Les Jeux olympiques ne devraient pas avoir lieu dans un pays où d’horribles violations des droits de l’homme ont lieu chaque jour et où des violations des droits de l’homme sont même susceptibles de se produire dans le cadre du processus d’accueil des Jeux olympiques », a déclaré le parlementaire canadien M. Genuis.

Gordon Chang, membre éminent de l’Institut Gatestone et expert des affaires chinoises, connu pour son livre The Coming Collapse of China, a écrit dans un article d’opinion publié le 23 novembre dans Epoch Times : « Seule une personne sans aucune morale estimera qu’il est de bon ton de permettre au régime chinois, qui prend des otages, protège les violeurs et commet des génocides, d’accueillir cette compétition. Il est temps pour le monde de faire face à la réalité du Parti communiste chinois et de l’horrible système qu’il a construit. Il n’y a qu’un seul choix correct : Déplacer les Jeux. »

« Je pense que les États-Unis devraient amener les pays démocratiques à boycotter les Jeux olympiques d’hiver de Pékin au nom des droits de l’homme… C’est un moyen puissant d’alarmer le régime chinois », a déclaré Feng Chongyi, professeur d’études chinoises à l’université de Technology Sydney, à Epoch Times Chine le 19 novembre.

« Le boycott des Jeux olympiques d’hiver de Pékin est une excellente occasion de faire savoir au PCC qu’il doit accepter les conséquences des violations des droits de l’homme », a déclaré Chen Siming, un dissident de la province du Hunan, dans le sud de la Chine, à Epoch Times Chine le 20 novembre.


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