La Chine accusée de violer les droits humains des athlètes olympiques placés en quarantaine

Par Rita Li
8 février 2022 02:06 Mis à jour: 8 février 2022 02:06

L’entraîneur de l’équipe finlandaise de hockey sur glace accuse la Chine de violer les droits de l’homme d’un de ses joueurs placé en quarantaine dans un hôtel à Pékin.

Cette accusation intervient alors que des plaintes s’accumulent au sujet des mauvaises conditions d’isolement des athlètes testés positifs au Covid–19. Les plaintes portent sur la nourriture, l’hygiène et l’équipement pour s’entraîner.

« Pour une raison quelconque, la Chine ne respecte pas ses droits de l’homme et ce n’est pas la meilleure chose à faire », a déclaré Jukka Jalonen, l’entraîneur principal de l’équipe masculine finlandaise de hockey sur glace, lors d’une conférence de presse via Zoom le 6 février.

Marko Anttila, un choix de neuvième ronde des Blackhawks de Chicago lors de la draft 2004 de la NHL, « n’a pas reçu de bonne nourriture » et a subi un stress mental énorme, selon M. Jalonen.

« J’ai parlé avec lui hier », a déclaré l’entraîneur. « Marko est un gars fort, mentalement. Il n’est pas déprimé, mais il est plutôt abattu. Plusieurs fois par jour, il mange des spaghettis à la bolognaise froids et sans goût. »

Marko Anttila était absent alors que ses coéquipiers s’entraînaient au Stade national couvert de Pékin. Le premier match du pays aux Jeux olympiques de Pékin doit commencer le 10 février contre la Slovaquie, mais M. Anttila ne pourra quitter l’hôtel de quarantaine qu’après deux tests PCR négatifs effectués à 24 heures d’intervalle.

L’athlète a été testé positif il y a 18 jours à son arrivée en Chine, malgré plusieurs tests négatifs effectués avant son départ pour Pékin, a déclaré le médecin de l’équipe, Maarit Valtonen. « Nous sommes vraiment impuissants et nous voulons sortir Marko de son isolement », a‑t‑il ajouté.

Marko Anttila n’est plus contagieux et l’isolement en cours n’est « pas médicalement justifié », a poursuivi le médecin. « Il semble maintenant qu’il s’agisse davantage d’une question de culture et de politique. »

« L’attitude envers le virus est différente ici. »

Plus de 350 participants aux Jeux olympiques, dont des dizaines d’athlètes, ont été contrôlés positifs à leur arrivée dans la capitale chinoise depuis le 23 janvier.

Une histoire horrible

La patineuse de vitesse sur piste courte polonaise Natalia Maliszewska a fait savoir sur Twitter que son parcours olympique s’était transformé en une histoire « horrible » après avoir été contrôlée positive le 30 janvier.

« À 3 heures du matin [le 5 février], des personnes me sortent de l’isolement », a écrit Natalia Maliszewska, évoquant ses jours passés dans une chambre d’hôtel isolée. « Cette nuit-là a été une horreur. »

« Je pleurais comme une folle parce que je ne savais pas ce qui se passait. Je ne me sentais pas du tout en sécurité », a‑t‑elle déclaré le 7 février après avoir été finalement autorisée à concourir.

Natalia Maliszewska a raconté qu’elle a toujours dormi habillée par la suite, de peur que quelqu’un ne l’emmène soudainement à nouveau dans une cellule d’isolement.

La patineuse a également été exclue des épreuves éliminatoires du 500 mètres le 5 février. Valeria Maliszewska a déclaré qu’elle avait été exclue des Jeux à plusieurs reprises en raison de résultats contradictoires aux tests Covid–19.

« Je ne crois plus à tous ces tests maintenant », a‑t‑elle déclaré.

Le directeur des sports du Comité international olympique (CIO), Kit McConnell, a affirmé lors d’une conférence de presse tenue le 7 février que le comité avait organisé un entretien téléphonique avec les responsables olympiques des pays représentés aux Jeux pour comprendre les problèmes auxquels les athlètes étaient confrontés.

Des employés portant des équipements de protection individuelle chargent les bagages des membres de l’équipe de Corée du Sud sur des chariots au village olympique avant les Jeux olympiques d’hiver de 2022 à Pékin, en Chine, le 31 janvier 2022. (Carl Court/Getty Images)

Outre les deux cas récents, les membres d’équipes d’autres pays ont également exprimé leur frustration quant aux conditions de mise en quarantaine.

Le chef de l’équipe allemande, Dirk Schimmelpfennig, a déclaré aux journalistes le 5 février que la propreté, la qualité de la nourriture et les installations WiFi devaient être améliorées immédiatement. Il a ensuite confirmé un jour plus tard que les organisateurs avaient réagi et amélioré les conditions pour les athlètes placés en isolement.

La Russe Valeria Vasnetsova, qui participe au biathlon, a déclaré sur Instagram depuis l’un des hôtels qu’elle avait mal au ventre. « Je suis très pâle, et j’ai d’énormes cercles noirs autour de mes yeux. Je veux que tout cela se termine. Je pleure tous les jours. Je suis très fatiguée. »

Le journaliste suédois Philip Gadd a été emmené en quarantaine dans une ambulance à son arrivée à Pékin mercredi.

« C’était une expérience vraiment terrifiante et j’avais l’impression… que ce n’était pas réel. J’avais l’impression d’être dans un film, un film de science‑fiction ou quelque chose comme ça », a‑t‑il témoigné dans une interview accordée sur Zoom depuis son hôtel de quarantaine.

Reuters a contribué à cet article.

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