Le régime chinois est le « plus grand geôlier de journalistes au monde » selon un rapport

Par Dorothy Li
10 décembre 2021 19:52 Mis à jour: 11 décembre 2021 18:06

Le régime communiste chinois mène une « campagne de répression sans précédent » contre le journalisme, selon Reporters sans frontières (RSF).

Au moins 127 reporters sont actuellement détenus en Chine, « le plus grand ravisseur de journalistes au monde », indique l’association de défense du journalisme dans son dernier rapport publié le 7 décembre.

Le rapport, intitulé « Le grand bond en arrière du journalisme en Chine », montre que le régime considère le journalisme comme un outil de propagande et en aucun cas comme un moyen d’informer le public.

Le Parti communiste a fait de la Chine un modèle de société dans lequel « accéder librement à l’information est devenu un crime et fournir des informations un crime encore plus grand », dénonce l’organisation basée à Paris.

« Le nombre de sujets tabous ne cesse d’augmenter », peut-on lire dans le rapport. « Non seulement ceux qui sont typiquement jugés ‘sensibles’ – comme le Tibet, Taïwan ou la corruption – sont soumis à la censure, mais aussi les catastrophes naturelles, le mouvement #MeToo ou même la reconnaissance des professionnels de la santé pendant la crise du Covid-19. »

Ceux qui couvrent des sujets sensibles ou refusent de se conformer aux récits officiels sont confrontés à l’intimidation, au harcèlement et à des années de détention « dans des prisons insalubres, où les mauvais traitements peuvent conduire à la mort », précise RSF.

Parmi eux, Zhang Zhan, une ancienne avocate devenue journaliste, purge une peine de 4 ans derrière les barreaux pour avoir fait un reportage sur le début de l’épidémie de Covid-19 à Wuhan.

Zhang Zhan, 39 ans, s’est rendue à Wuhan en février pour enregistrer les scènes chaotiques qui se déroulaient à l’épicentre de la pandémie pendant son confinement initial. Elle a décrit en détail ses visites et ses entretiens dans les hôpitaux, les centres de quarantaine et l’Institut de virologie de Wuhan dans des dizaines de vidéos réalisées à l’aide de téléphones portables et téléchargées sur YouTube, remettant en question le discours du Parti communiste chinois (PCC) selon lequel l’épidémie était sous contrôle.

Elle a ensuite été accusée de « provocations et troubles », le chef d’inculpation classique des autorités contre les dissidents et les lanceurs d’alerte.

Le rapport de 42 pages met en lumière d’autres difficultés auxquelles sont confrontés les correspondants travaillant pour des médias internationaux.

Pour renouveler leur carte de presse, les journalistes étrangers doivent télécharger une application pour étudier l’idéologie officielle du dirigeant chinois Xi Jinping, connue sous le nom de « pensée Xi Jinping », a indiqué RSF. Cette application permet également recueillir leurs données personnelles.

Le rapport mentionne que « l’intimidation des reporters étrangers par le régime chinois, basée sur la surveillance et le chantage aux visas, a forcé 18 d’entre eux à quitter le pays en 2020 ».

Une collaboratrice chinoise du bureau de Bloomberg à Pékin, Fan Haze, est détenue depuis décembre dernier. Elle a été emmenée par des policiers en civil de son domicile à Pékin, prétendument soupçonnée de mettre en danger la sécurité nationale.

Des journalistes de la BBC, du Los Angeles Times et de Dutsche Welle ont été harcelés physiquement pour avoir couvert les conséquences des inondations dans la province du Henan, en Chine centrale, au début de l’année. Le rapport de RSF note que les attaques ont été encouragées par la Ligue de la jeunesse communiste de Chine.

RSF a également indiqué que la répression de Pékin s’est étendue à Hong Kong. L’ancienne colonie britannique était une plaque tournante pour les médias internationaux en Asie, mais elle compte désormais un nombre croissant de journalistes emprisonnés à la suite de la mise en place par Pékin de la loi sur la sécurité nationale en juin 2020.

Les journalistes de Hong Kong sont également confrontés à la violence physique, notamment à la violence policière et aux attaques de la foule soutenues par les factions pro-Pékin, déclare RSF.

En mai, une journaliste de l’édition de Hong Kong d’Epoch Times a été attaquée avec une batte métallique par un homme non identifié près de son immeuble.

Les installations d’Epoch Timess à Hong Kong, l’un des rares médias indépendants de la ville, ont également été attaquées à plusieurs reprises. Son imprimerie a été endommagée par quatre intrus armés de marteaux en avril. Moins de deux ans auparavant, la même imprimerie avait été incendiée par quatre individus masqués.

RSF classe la Chine au 177e rang sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse 2021, « soit deux places seulement au-dessus de la Corée du Nord, un pays dans lequel le journalisme est synonyme de propagande d’État ».


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