L’huile de palme cancérigène remplace discrètement l’huile végétale dans plusieurs produits de supermarché

Par Nathalie Dieul
11 septembre 2022 23:02 Mis à jour: 11 septembre 2022 23:02

Des dérogations d’étiquetages permettent depuis peu d’échanger des ingrédients de produits alimentaires ou cosmétiques sans inscrire ceux-ci sur l’étiquette. Cela permet aux industriels, entre autres, de mettre de l’huile de palme à la place d’une autre huile végétale sans même que le consommateur ne s’en rende compte.

Sous prétexte de la guerre en Ukraine et de l’épidémie de grippe aviaire, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) accorde désormais le droit aux industriels de changer des ingrédients de leurs produits sans pour autant l’indiquer. « La guerre en Ukraine et l’épidémie de grippe aviaire affectent l’approvisionnement des industries alimentaire et cosmétique pour la production de certains produits », indique le site internet de la DGCCRF en date du 29 août 2022.

Dans une vidéo du Parisien, on voit deux boîtes de biscuits Milka, à priori totalement identiques mais filmées à deux mois d’intervalle. Toutefois, en observant de plus près, on peut remarquer une toute petite mention indiquée dans le pavé d’impression du lot, là où la date de péremption est imprimée : « DEROG/Palm/Palma ».

En cherchant sur le site de la DGCCRF, on peut découvrir quatre produits Milka, dont la boîte de cookies qui nous intéresse. Pour toutes les quatre, l’information indique : « Remplacement de l’huile de tournesol par de l’huile de palme ». Le consommateur regardant la liste des ingrédients sur le paquet ne se rend même pas compte que le produit contient de l’huile de palme même si celle-ci est cancérigène, selon une étude relatée par Santé Magazine.

Plus de 4500 produits concernés

Ce changement d’ingrédient a été autorisé par la DGCCRF dans le cadre des dérogations d’étiquetage, tout comme plus de 4500 autres produits listés (pour l’instant). Rassurez-vous, ces changements ne concernent pas tous l’huile de palme, seulement une soixantaine de produits ont vu le remplacement de l’huile qu’ils contiennent par de l’huile de palme, allant des frites surgelées au fromage cheddar en passant par les nuggets au fromage et les biscuits apéritifs.

Pour certains produits, comme les biscuits Pause thé P’tit deli de Leclerx, la fiche indique que la teneur en acides gras saturés est passée de 1,4g à 6,7g suite au remplacement de l’huile de tournesol par de l’huile de palme.

Dans la plupart des cas, on ne mentionne aucun changement dans les informations nutritionnelles même si les nouveaux ingrédients sont clairement différents. Dans le cas des cookies Milka sensations, il est indiqué : « Écart avec la liste des ingrédients et infos nutritionnelles sur l’unité consommateur » sans aucune autre précision, ce qui signifie que le consommateur n’a pas accès à cette information même en se rendant sur le site Internet de la DGCCRF.

De la même manière que les pénuries d’huile de tournesol ou de moutarde servent d’excuse pour ces changements d’ingrédients, les produits à bas d’œufs ou de viande de volaille peuvent changer une partie de leur composition à cause de la grippe aviaire. Le même genre de dérogations d’étiquetage est prévu dans ces cas de modifications de recettes.

« Les dérogations acceptées sont accordées pour une durée de 6 mois maximum à compter de la date de la demande. Elles feront l’objet d’un réexamen au bout de 3 mois », indique la DGCCRF.

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