Pékin infiltre les pays étrangers en proposant de former leurs polices et organes de sécurité

Par Antonio Graceffo
20 décembre 2021 09:52 Mis à jour: 20 décembre 2021 09:52

Pékin exporte son modèle de justice de par le monde grâce à des échanges avec divers pays arrangés entre ses organes de sécurité et les leurs. La Chine n’hésite pas à proposer des formations et des équipements.

En 2011, le gouvernement de l’Équateur a installé un système de surveillance de conception chinoise à l’échelle du pays, financé par des prêts chinois en échange de pétrole. Aujourd’hui, la criminalité est toujours aussi importante, mais la police et les services de renseignements internes peuvent surveiller efficacement la population.

Avec les mesures de répression brutale à Hong Kong et les technologies de surveillance numérique les plus avancées au Xinjiang, le Parti communiste chinois (PCC) est un expert en exploitation des forces de sécurité comme moyen de répression.

Sous la direction du leader chinois Xi Jinping, le contrôle du PCC sur la société civile s’est étendu, avec la création de la Commission centrale de sécurité nationale et de la Commission nationale de supervision, ainsi que l’utilisation accrue de la technologie comme outil de contrôle social. La Commission centrale de sécurité nationale rend ses rapports directement au PCC. Elle est chargée de la « sécurité nationale globale », soit responsable des menaces internes et externes. Enfin, l’une des principales raisons de la création de cette commission est l’optimisation du partage d’informations entre l’armée, le renseignement et les forces de l’ordre.

En 2015, le livre blanc du PCC intitulé Stratégie militaire déclarait que la sécurité de la Chine et la sécurité mondiale dépendaient l’une de l’autre. C’est ainsi que la Chine justifiait le déploiement de l’Armée populaire de libération (APL), du ministère de la Sécurité d’État (le renseignement chinois) et de la Police armée du peuple au-delà de ses frontières.

Autant d’organes gouvernementaux qui assurent non seulement la sécurité de la Chine dans ses luttes antiterroriste et anticriminalité, mais qui renforcent avant tout ses capacités de surveillance et de collecte de renseignements. Enfin, la formation de polices étrangères et l’aide matérielle constituent une approche diplomatique efficace pour le PCC. Cela lui permet de rallier des gouvernements étrangers, multiplier les sympathisants et placer des policiers pro-chinois à des postes élevés dans les forces de sécurité étrangères.

Pékin déploie des efforts considérables pour se positionner en partenaire international de la sécurité civile, tout en élargissant la responsabilité de ses propres forces de sécurité et en facilitant l’espionnage et la collecte de renseignements. Au cours des 15 dernières années, le PCC a régulièrement élargi le rôle de l’APL en matière de sécurité à l’étranger en participant à des opérations de maintien de la paix, de réponse aux catastrophes et de lutte contre le terrorisme.

Des soldats chinois au garde-à-vous lors des exercices militaires de Peace Mission-2016 pour l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) dans la zone d’entraînement Edelweiss à Balykchy, au Kirghizistan, le 19 septembre 2016. (Vyacheslav Oseledko/AFP/Getty Images)

Un autre livre blanc sur la stratégie militaire de la Chine décrit les responsabilités extraterritoriales de l’APL, tels que la protection des intérêts de la Chine à l’étranger, les rapatriements d’urgence et le soutien au développement économique national. Le document appelle également l’APL à renforcer la coopération internationale en matière de sécurité dans les zones géographiques où les investissements chinois sont importants.

En 2017, la conférence de travail sur la coopération internationale en matière de sécurité civile appelait à « l’internationalisation du travail de sécurité civile », ainsi qu’à l’établissement d’un « système international de coopération en matière de sécurité des forces de l’ordre aux caractéristiques chinoises ».

En 2014, la Chine a organisé une formation policière au Liberia. Voilà un exemple de ce comment les responsables étrangers qui soutiennent les initiatives législatives de Pékin se voient proposer des formations policières en Chine. L’académie de police de la province du Shandong organise chaque année un cours de formation pour les policiers africains. Le collège de police du Yunnan, à Kunming, dispose d’une association appelée l’« Académie de renforcement de la loi des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) ». Cette association offre une formation et un enseignement gratuits aux agents de l’ASEAN. Le bureau municipal de la sécurité civile de Pékin a conclu des accords de coopération avec dix villes d’Asie centrale et accueille également des symposiums internationaux de police pour les agents étrangers.

Pékin soutient les principaux fabricants chinois de caméras, d’enregistreurs vidéo et d’équipements de sécurité en leur accordant des avantages fiscaux et des prêts dans les banques d’État, afin de faire avancer ses projets de sécurité à l’étranger. Ces incitations financières réduisant considérablement leurs coûts, les entreprises de sécurité chinoises proposent des tarifs avantageux et remportent facilement des contrats dans le monde entier. La Chine est tout à fait disposée à vendre cette technologie à des régimes répressifs.

L’Iran a adopté le système chinois de crédit social, dans le but de surveiller et de contrôler le comportement financier et social de ses citoyens. En 2010, le pays a signé un accord de 130 millions de dollars avec ZTE, une entreprise technologique chinoise partiellement étatique, pour installer un système de surveillance sur les réseaux téléphoniques et Internet.

En Afrique, la technologie de sécurité de Huawei est utilisée pour espionner les opposants politiques, plombant tout processus démocratique. La Chine et la Bolivie ont signé un accord pour intégrer des outils de surveillance à tous types de systèmes de contrôle-commande et déployer ainsi un réseau de vigilance subrégional, financé par l’Export-Import Bank of China. En Jamaïque, la Chine a fait don d’équipements aux forces de police. À Quintuco, en Argentine, l’APL a construit une station de contrôle de satellites et de missions spatiales d’une valeur de 50 millions de dollars, dotée de capacités de surveillance et d’écoute internationales.

En Équateur, plus de 3 000 agents de la sécurité publique, répartis dans 16 centres de surveillance, passent en revue ce que diffusent les 4 300 caméras d’un réseau de surveillance élaboré par la Chine. Les diffusions ne sont pas seulement examinées par la police, elles sont également envoyées aux forces de renseignement de l’Équateur, qui ont pour habitude de surveiller, menacer et faire disparaître les rivaux politiques.

Les systèmes de surveillance fabriqués en Chine sont désormais utilisés par 18 pays. Trente-six pays ont reçu la formation chinoise de « guidance de l’opinion publique« . Outre la surveillance vidéo, ces systèmes permettent aux responsables de la sécurité de suivre les téléphones et certains intègrent désormais des fonctions de reconnaissance faciale.

La coopération croissante de la Chine en matière de sécurité en Afrique et en Amérique latine constitue une menace pour les intérêts américains dans ces régions. En outre, elle optimise le système de surveillance de diverses dictatures et affaiblit les ressources démocratiques.


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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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