Pourquoi la population afro-américaine abandonne le Parti démocratique

L'accent mis sur les immigrants illégaux contribue à exclure la population noire

Revue de l’actualité

Rob Smith, un Afro-Américain, ancien démocrate, ancien combattant et auteur, faisait partie de ces militants qui se sont enchaînés à une clôture de la Maison-Blanche pour protester contre la politique de l’armée américaine « Don’t ask, don’t tell » (« Ne demandez pas, n’en parlez pas », en français). Il est aussi l’une des voix afro-américaines fortes de ce qu’il appelle le mouvement « I Don’t Have to Be a Democrat Just Because I’m Black » (Ce n’est pas parce qu’une personne est de race noire qu’elle doit être démocrate), qui embrasse les valeurs traditionnelles face au radicalisme des démocrates.

« Il y a actuellement un mouvement de la population afro-américaine qui se lève car on s’attend toujours à ce que nous soyons démocrates », a-t-il dit. « Et il y a actuellement un mouvement de jeunes conservateurs de race noire, dont je fais partie, qui adopte la devise : ‘Non, vous ne définissez pas qui nous sommes, vous ne définissez pas comment nous pensons ; vous ne pouvez pas contrôler et posséder nos voix' ».

Rob Smith est un Afro-Américain, ancien démocrate, un ancien combattant et un auteur qui fait maintenant partie de ce qu’il appelle le mouvement : « Ce n’est pas parce qu’une personne appartient à un mouvement afro-américain qu’elle doit être démocrate ». (Capture d’écran/Rob Smith)

Le sentiment dominant parmi le bloc des Afro-Américains est que les démocrates les ont abandonnés en faveur d’un nouveau bloc électoral, soit les immigrants illégaux dont la victimisation garantira les votes. Selon eux, les démocrates semblent avoir abandonné leurs anciennes loyautés au profit d’une nouvelle voie vers le pouvoir politique.

« Quand vous parlez des Afro-Américains en tant que démocrates, il est très évident pour moi que le Parti démocrate trahit complètement la communauté afro-américaine pour se lancer vers l’immigration illégale et un programme d’ouverture des frontières. C’est très évident pour tous ceux qui y sont attentifs ».

« Ils sont en quelque sorte en train de rejeter l’Amérique noire, comme si la question était résolue. Et on se tourne vers le problème de l’immigration illégale ? Ils se disent : « Comment pouvons-nous en faire le prochain bloc de vote démocrate fiable pour les 30 à 40 prochaines années ? »

« Il ne s’agit pas de moralité, mais littéralement d’un nouveau bloc de vote. »

Influenceurs

Soudain, l’été 2018 a donné lieu à l’arrivée sur la scène des médias sociaux des influenceurs de race noire soutenant ouvertement le président Donald Trump, brisant l’emprise du Parti démocrate sur les électeurs noirs depuis des décennies.

Ce tremblement de terre politique a mis beaucoup de temps à se produire et n’a pas du tout surpris ceux qui y prêtaient attention – ce qui ne semblait pas inclure les stratèges du Parti démocrate.

Le Parti semblait sous le choc lorsque le rappeur Kanye West a exprimé son soutien à l’égard de D. Trump par le biais d’un tweet désormais emblématique déclarant qu’il aimait « la façon de penser de Candace Owens », une commentatrice politique conservatrice.

Kanye West l’a défendue contre ce qu’il a appelé « la diabolisation ». Il a ensuite écrit : « Nous avons la liberté d’expression, mais pas la liberté de pensée. »

Ces tweets et d’autres qui ont suivi ont ouvert les portes de l’écluse, révélant le nouveau paysage politique qui prend forme en Amérique.

Dans un message du 25 avril, Kanye West a dit : « Vous n’avez pas à être d’accord avec M. Trump, mais la foule ne peut pas m’empêcher de l’aimer. Nous sommes tous les deux de l’énergie du dragon. C’est mon frère. J’aime tout le monde. Je ne suis pas d’accord avec tout ce que tout le monde fait. C’est ce qui fait de nous des individus à part entière. Et nous avons le droit à une pensée indépendante. »

Les deux dernières lignes de ce tweet culturellement bouleversant semblent presque inattaquables. Pourtant, elles contiennent la pierre angulaire pour une « guerre civile » culturelle qui pivote autour d’une idée explosive : Les Afro-Américains sont des individus, la race noire n’est pas la propriété du Parti démocrate, et la libération de cette race a transcendé l’idéologie de la victime pour atterrir, avec une ironie énorme, juste derrière un président qui est implacablement présenté par les médias blancs et libéraux comme un « raciste ».

Changements démographiques

« Je pense que le taux d’approbation de M. Trump a triplé lorsque Kanye West est sorti », a déclaré Ali Alexander, un consultant politique de 32 ans, né d’une mère afro-américaine et d’un père arabe. M. Alexander a vu les prémisses du mouvement en 2012 et avait prédit ce moment depuis 2009.

« La plus grande partie sous-démographique des Afro-Américains qui ont voté pour le politicien Romney étaient des hommes de race noire âgés de 20 à 30 ans ». Et j’ai dit : ‘Oh mon Dieu, ça va arriver.’ Cela se fait attendre depuis longtemps. C’est dans les sondages de sortie de Pew Research pour les Afro-Américains – ce sont les seuls de race noire à deux chiffres en pourcentage qui ont voté pour M. Romney. Et il a perdu, et c’était contre un président afro-américain.

« Je savais donc que quelque chose de mauvais allait arriver pour les démocrates. Je crois que Kayne a provoqué l’explosion de ce changement qui se préparait depuis longtemps. C’était comme de dire : ‘Stop, attendez, alors que cette tarte économique grandit, est-ce que les Afro-Américains auront leur part ?’ Ces données démographiques existent depuis des décennies.

« Les tweets de Kanye West sont un moment merveilleux qui amène les Afro-Américains à se poser des questions : ‘OK, alors que fait l’État providence pour moi si je n’ai pas l’intention de recevoir de l’aide sociale ?’ Et je pense que Kanye a sacrifié ses intérêts personnels en provoquant ces remous, afin que le reste de la communauté noire commence à réfléchir sur la question. »

Ali Alexander, un consultant politique qui a vu les électeurs afro-américains s’éloigner du Parti démocrate à partir de 2012. (Ali Alexander)

Gratitude

Une vidéo YouTube qui est devenue virale à la fin juin, mettant en vedette un Afro-Américain nommé Henry Davis, de St-Louis, Missouri, est intitulée « I’m Literally in Tears Right Now Because of President Trump » (« Je suis littéralement en larmes en ce moment à cause du Président Trump. »)

Portant un chapeau « Make America Great Again » et essuyant les larmes de son visage, il a dit d’une voix émue : « J’étais assis là à regarder le président Trump… et il a fait venir cette dame noire et lui a fait faire un petit discours sur la façon dont sa vie a changé à la suite de certaines réalisations du président. Et je suis si fier. Je suis juste fier d’être un Américain, tu sais. »

« Barack Obama… Je respecte la fonction de la Présidence. J’ai respecté le fait qu’il était le président, mais personne n’est comme le président Trump. »

« Si tu veux travailler, il y a des emplois ici. Et je pleure car il fait bon vivre à cette époque. Et de pouvoir témoigner de ce qui se passe vraiment. Nous avons une chance. Je parle juste d’un point de vue afro-américain. Je remercie le Ciel pour le président Trump. »

« Les Afro-Américains travaillent, tu vois ce que je veux dire ? Les emplois [reviennent]. Les usines s’ouvrent. Il aide avec l’épidémie de drogue et tout ça. Il fait bon vivre en ce moment, (je vous le dis à) tous. »

Je vous invite à examiner tout le paysage médiatique de masse et le sentiment de Henry Davis sur YouTube est anathème. Là-bas, sur les réseaux, les émissions de comédie, les cérémonies de remise des prix d’Hollywood, et même sur les T-shirts de jeunes enfants blancs, vous voyez les paroles de l’acteur Robert DeNiro lancées dans une diatribe virulente contre Donald Trump.

Au lieu d’entendre parler des emplois de la classe ouvrière, on entend dire que M. Trump est le nouveau Hitler, un despote, un maniaque raciste qui est déterminé à détruire l’Amérique et le monde.

Mais puisque le centre grésillant du feu de mépris contre M. Trump est la notion qu’il est un « raciste », et que la peur de la population libérale blanche et son dégoût s’intensifient sans contrôle – pourquoi est-ce que de plus en plus d’Afro-Américains semblent se tourner vers Trump ? Comment peut-on l’expliquer ?

Henry Davis. Sa vidéo YouTube devenue virale le montre en larmes alors qu’il exprimait sa gratitude au président Donald Trump. (Capture d’écran/Henry Davis)

« Tout cela n’est que mensonge », a déclaré le conservateur YouTubeur de race noire nommé Uncle Hotep, un père de deux enfants de Pennsylvanie qui travaille dans le domaine de l’informatique. « C’est malheureux car beaucoup d’entre nous l’ont cru aveuglément. » Il cite, comme preuve concrète que Donald Trump a aidé les Afro-Américains, le simple fait que chaque chèque de paie qu’il reçoit est de 100 $ US (85 €) plus élevé qu’il ne l’était avant la réduction d’impôt. « Il a mis de l’argent dans mes poches. »

« J’ai voté pour Barack Obama pour son deuxième mandat », a-t-il ajouté. « Les démocrates… à mon avis honnêtement, d’après mes recherches, j’estime que les démocrates ont historiquement détesté les Afro-Américains. Et je pense qu’ils détestent toujours les Afro-Américains aujourd’hui. »

On disait que le révolutionnaire français Maximilien Robespierre ne craignait rien de plus que le moment où on se moquerait de lui plutôt que de le craindre. Et cela semble être le moment qui afflige les démocrates.

« Hotep » est un ancien mot égyptien qui était utilisé comme un terme de dérision par la gauche noire contre les hommes afro-américains qui se recentraient sur les valeurs conservatrices ou traditionnelles, comme le caractère sacré de la famille.

« Hotep Jesus » est un comédien conservateur de race noire, auteur et rastafarien. C’est un autre YouTubeur qui est devenu une sensation quand il est entré dans un Starbucks et a exigé une tasse de café gratuite, comme « réparations » pour l’esclavage, puisqu’il avait entendu dire que « vous étiez tous racistes ». La vidéo est délirante, américaine et très actuelle.

La leçon à en tirer : la dérision sur la gauche ne fonctionne plus.

Entrer dans l’histoire

Sheila Lewis Ealey, mère afro-américaine de deux enfants du Texas, a déclaré : « Les Afro-Américains sortant de l’esclavage se sont rangés du côté des républicains car ce sont eux qui se sont battus pour eux. C’est seulement à la suite de cette histoire révisionniste que vous avez des gens qui ne savent pas sur quel pied danser et qui ont formé une allégeance avec le Parti démocrate, car pendant l’administration Kennedy, c’était le parti qui était vraiment franc avec la Loi sur les droits civils. »

« Quand on regarde les Afro-américains, ils sont conservateurs depuis très longtemps. C’est le groupe qui ne croit pas vraiment à l’avortement. Ils suivent la Bible à la lettre, ils sont très rigoureux sur les choses qui doivent arriver.

Oncle Hotep, un YouTubeur de race noire conservateur qui estime que la domination démocrate parmi les Afro-Américains est basée sur un mensonge. (Capture d’écran/Uncle Hotep)

« Mais le Parti républicain de l’administration Reagan a commencé à démanteler les familles de la race noire avec la guerre contre la drogue – c’est à ce moment-là que les choses ont changé. Et vous avez 50 ans d’évolution, où vous avez des Afro-Américains qui commencent à dire : ‘Attendez une minute, laissez-moi y réfléchir une minute.' »

« Comme mon grand-père me l’a dit, je préfère savoir qui est mon ennemi, je préfère qu’il se tienne là et me dise qu’il ne se soucie pas de moi, plutôt que celui qui me jette une brique et cache sa main. »

Comme l’a dit Darrell Scott, pasteur afro-américain de Cleveland, dans son discours à la Convention nationale républicaine de 2016, approuvant Donald Trump : « La vérité, c’est que le Parti démocrate a échoué. L’Amérique est un creuset. Nous sommes un pays de diversité. Et nous sommes prêts à écrire l’histoire en étant ensemble en tant qu’Américains. »

Candace Owens a récemment déclaré à Fox : « J’estime vraiment que nous sommes en train d’être témoins de la fin du Parti démocrate tel que nous le connaissons. »

Correction : Une version précédente de cet article citait Kanye West de façon erronée dans un tweet du 21 avril. Le tweet original devait se lire comme suit : « J’adore la façon de penser de Candace Owens. » Epoch Times regrette l’erreur.

Version originale

 
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