Selon une étude, la vaccination augmente le risque d’infection par le Covid-19, tandis que l’infection sans vaccination confère l’immunité

Par Marina Zhang
24 juin 2022 11:46 Mis à jour: 24 juin 2022 18:02

Selon une étude analysant la vague Omicron au Qatar, le fait d’avoir reçu deux doses d’un vaccin contre le Covid-19 est lié à une protection négative contre l’infection symptomatique de la maladie, tandis qu’une infection antérieure sans vaccination offre une immunité d’environ 50%.

L’étude, publiée dans le New England Journal of Medicine le 15 juin, examinait la vague Omicron au Qatar qui s’est produite entre décembre 2021 et février 2022, en comparant les taux de vaccination et l’immunité chez plus de 100.000 personnes infectées et non infectées par Omicron.

Les auteurs de l’étude ont constaté que les personnes ayant eu une infection antérieure mais n’ayant pas été vaccinées présentaient une immunité de 46,1 et 50% contre les deux sous-variants Omicron, jusqu’à 300 jours après l’infection.

Cependant, les personnes ayant reçu deux doses du vaccin Pfizer et Moderna, mais n’ayant pas eu d’infection antérieure, présentaient une immunité négative (contre les deux sous-variants BA.1 et BA.2 du variant Omicron, ce qui indique un risque accru de contracter le Covid-19 par rapport à une personne moyenne.

Six mois après avoir reçu deux doses du vaccin Pfizer, l’immunité contre toute infection Omicron est tombée à -3,4%.

Mais pour deux doses du vaccin Moderna, l’immunité contre toute infection par Omicron tombait à -10,3% plus de six mois après la dernière injection.

Bien que les auteurs aient indiqué que trois doses du vaccin Pfizer augmentaient l’immunité à plus de 50%, ce chiffre a été mesuré un peu plus de 40 jours après la troisième vaccination, ce qui est un intervalle très court. En comparaison, l’immunité naturelle persistait à environ 50% plus de 300 jours après l’infection, tandis que les niveaux d’immunité tombaient à des chiffres négatifs 270 jours après la deuxième dose de vaccin.

Ces chiffres indiquent un risque d’affaiblissement de l’immunité pour la troisième dose de vaccin au fil du temps.

Ces résultats sont corroborés par une autre étude récente menée en Israël, qui a également montré que l’immunité naturelle s’affaiblissait beaucoup plus lentement que l’immunité artificielle, ou vaccinale.

L’étude a révélé que l’immunité naturelle et l’immunité artificielle s’affaiblissaient toutes deux avec le temps.

Les personnes qui avaient déjà été infectées mais n’avaient pas été vaccinées couraient deux fois moins de risques d’être réinfectées que celles qui avaient reçu deux doses de vaccin mais n’avaient pas été infectées.

« L’immunité naturelle l’emporte à nouveau », a écrit sur Twitter le Dr Martin Adel Makary, chercheur en politique publique à l’université Johns Hopkins, en faisant référence à l’étude israélienne.

« Chez les personnes qui avaient déjà été infectées par le SRAS-CoV-2, la protection contre la réinfection diminuait à mesure que le temps augmentait », ont conclu les auteurs, « cependant, cette protection était plus élevée » que la protection conférée dans le même intervalle de temps par deux doses de vaccin.

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