EXCLUSIF – Un nouveau courriel met en lumière les efforts précoces de l’establishment démocrate pour évincer Trump

Le courriel prouve que le FBI a délibérément ciblé Trump sur de fausses accusations
Par Jeff Carlson & Hans Mahncke
28 octobre 2022 13:26 Mis à jour: 28 octobre 2022 20:44

Un courriel du FBI, qui jusque-là n’avait pas été rendu public, a récemment permis d’établir un détail extrêmement révélateur. Selon ce courriel, avant même de l’avoir interrogé, le FBI avait prévu qu’Igor Danchenko obtienne le statut de source humaine confidentielle (SHC). Danchenko est l’informateur le plus important du dossier Trump-Russie rédigé par l’ancien espion britannique Christopher Steele.

Ce fait a été découvert grâce au procès intenté par le procureur spécial John Durham contre Danchenko. Cela indique que le FBI a intentionnellement ciblé Trump à l’époque où il était candidat à la présidence en 2016. Le FBI a ensuite continué à enquêter sur Trump pendant son mandat en s’appuyant sur des affirmations qu’il savait pertinemment être fausses.

Le courriel, dont seul l’objet a été rendu public, a d’abord été découvert par un limier de l’Internet se faisant appeler « Walkafyre ». Il a été inclus dans des centaines de pièces à conviction non utilisées lors du procès de Danchenko.

On comprend mieux désormais comment le FBI a cherché à tirer parti de Danchenko. Celui-ci a été acquitté récemment, le 18 octobre 2022, de toutes les accusations selon lesquelles il aurait menti aux agents du Bureau pendant l’enquête Crossfire Hurricane sur Trump.

[ → Crossfire Hurricane est le nom de code de l’enquête du FBI, elle a été menée de juillet 2016 à mai 2017. Ensuite le département de la Justice a nommé le procureur spécial Robert Mueller pour mener sa propre enquête, le Russiagate, à partir de mai 2017.]

Certes Danchenko a été acquitté, il reste cependant la source la plus importante du dossier Trump-Russie (aussi nommé le dossier Steele).

À la lumière du courriel récemment dévoilé, un nouvel examen des faits s’impose. Reconsidérer la chronologie entre l’élection présidentielle au 8 novembre 2016 et la nomination du procureur spécial Robert Mueller le 17 mai 2017 est particulièrement éclairant et c’est ce que nous ferons dans cet article.

Nous décrypterons comment le FBI a mené, de pair avec l’administration Obama et l’establishment démocrate, une campagne soigneusement orchestrée pour évincer un président en exercice.

Danchenko en tant que source humaine confidentielle (SHC) : les implications

Le courriel nouvellement découvert a été envoyé par l’agent du FBI Kevin Helson à des destinataires non identifiés le 12 janvier 2017. Le titre du courriel est le suivant : « Plan pour convertir Danchenko en SHC ».

Ce courriel est révélateur pour plusieurs raisons. Il montre que le FBI avait l’intention de dissimuler un informateur extrêmement important du dossier Trump-Russie en lui attribuant le statut de CHS après avoir pris conscience que Steele ne pourrait pas étayer les allégations de son dossier. Le FBI a pourtant promis un million de dollars à l’ancien officier du renseignement britannique s’il parvenait à corroborer ce qu’il avançait… Mais Steele n’a pas été en mesure d’apporter des preuves concrètes.

En tant que SHC, Danchenko devait être à l’abri de toute enquête externe, y compris celle du Congrès.

Tout aussi important, le courriel de l’agent Kevin Helson prouve que le FBI avait prévu de faire de Danchenko une source humaine confidentielle (SHC) avant même de l’avoir interrogé. En d’autres termes, le FBI savait que les allégations du dossier étaient fausses, que tout était faux. En cas contraire, le FBI aurait eu tout avantage à faire valoir l’existence d’une source de cet acabit.

D’autre part, le FBI a œuvré à dissimuler l’existence de Danchenko le plus longtemps possible. Pourtant, après plusieurs semaines, fin janvier 2017, Danchenko a totalement désavoué les affirmations du dossier. Il a déclaré lors d’un entretien que tout était basé sur des rumeurs, des discussions de comptoir et des plaisanteries.

On supposait jusque-là que le FBI avait décidé de faire de Danchenko un SHC après seulement l’avoir interrogé.

En examinant la chronologie attentivement, on constate que cette décision du FBI coïncidait exactement avec l’intervention de Barack Obama auprès du service de renseignement le 5 janvier 2017, à la veille du début du mandat de Trump (le 20 janvier). Ce jour-là, Barack Obama, président sortant, a exigé du FBI, lors d’une rencontre portant sur l’enquête Crossfire Hurricane, que le Bureau ne communique jamais aucune information sur l’affaire à la nouvelle administration Trump.

Igor Danchenko devant le palais de justice américain Albert V. Bryan, à Alexandria, en Virginie, le 10 novembre 2021 (Chip Somodevilla/Getty Images)

Les nombreux efforts déployés par le FBI pour dissimuler Danchenko alors que celui-ci désavouerait plus tard le dossier prouvent à quel point la décision de déboulonner Trump a été précoce.

Si le FBI ne s’était pas attelé par tous les moyens à dissimuler l’existence de Danchenko, la vérité sur le dossier aurait probablement été révélée et les efforts pour évincer Trump se seraient effondrés.

Enfin, l’idée d’accorder le statut de SHC à Danchenko coïncide avec une remarquable série d’événements qui se sont déroulés le jour même de l’envoi du « courriel Helson ».

Déploiement du narratif de la collusion Trump-Russie

Pour bien comprendre ce qu’implique l’octroi par le FBI du statut de SHC à cet individu avec lequel il n’avait pas même parlé, il est nécessaire de remonter au jour du scrutin.

L’élection inattendue de Trump le 8 novembre 2016 a déclenché une riposte sans précédent de la part de la communauté du renseignement et de l’establishment démocrate. L’effort pour contrer Trump et son administration a commencé à l’instant même de sa victoire.

Le 9 novembre 2016, au lendemain de la victoire de Trump, l’agent du FBI Peter Strzok et l’avocate du FBI Lisa Page (amants) échangent des messages-textes faisant référence à une « société secrète ». Lisa Page envoie un texto à Strzok en ces termes : « Peut-être que cela devrait être la première réunion de la société secrète. »

Strzok répond : « Trop difficile à expliquer maintenant. Lié aux élections. » Le lendemain, Strzok envoie un texto à Page : « Bill [Priestap, chef du contre-espionnage du FBI] vient d’envoyer une invitation pour parler stratégie pendant deux heures. »

À peine un mois après, début décembre 2016, la CIA entre en jeu. La CIA déclare aux responsables du Congrès que « la Russie est intervenue dans l’élection de 2016 pour aider Donald Trump à remporter la présidence ». Cette accusation marque le moment déterminant où le FBI et la CIA vont faire converger leur narratifs.

Le directeur de la CIA de l’époque, John Brennan, a toujours œuvré en coulisses, suivant de près l’enquête Crossfire Hurricane et transmettant régulièrement des informations au FBI. Cependant, jusque-là, c’est principalement le FBI qui assumait le narratif de la collusion entre Trump et la Russie. C’est le FBI qui avait dû, par exemple, réclamer un mandat FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act) pour pouvoir espionner Carter Page, le conseiller de campagne de Trump.

[ → Un mandat FISA autorise les services de renseignement à recueillir secrètement des informations sur des personnes soupçonnées d’être des agents étrangers se livrant à l’espionnage ou au terrorisme international contre les États-Unis. Après avoir obtenu ce mandat en octobre 2016, le FBI a placé Carter Page sous surveillance électronique pendant un an.]

Les explications de la CIA au Congrès ont incité Obama à demander à la CIA, au FBI et à la National Security Agency (NSA) de rédiger une « évaluation de la communauté du renseignement » sur l’ingérence russe dans l’élection (un document nommé en anglais « Intelligent Community Assessment », ICA). Officiellement, Obama a réclamé cette évaluation (ICA) le 9 décembre 2016, mais la demande réelle remonte à l’évidence à une période antérieure. La CIA et le FBI ont commencé à élaborer leurs rapports sur l’ingérence russe bien avant.

L’ancien directeur de la CIA, John Brennan, le 23 mai 2017 (Drew Angerer/Getty Images)

Le FBI s’est rapidement rallié à Obama. Priestap et l’agent spécial Jonathan Moffa ont été affectés au projet ICA au nom du FBI. Cependant, le FBI n’était pas intéressé par la présentation d’une simple analyse, son véritable objectif était que l’ICA prenne en compte son fameux dossier Steele. Il fallait que ce dossier soit certifié crédible. Jusqu’alors, aucun média n’avait publié le dossier ni aucune de ses allégations sensationnalistes. Or, pour renverser Trump, il fallait que le contenu du dossier devienne public et fasse scandale.

Plus gênant encore, le FBI savait déjà que Steele ne corroborerait aucune de ses allégations. C’est d’ailleurs un autre point intéressant révélé par John Durham lors du procès de Danchenko. C’est le 3 octobre 2016 que le FBI a offert à Christopher Steele jusqu’à un million de dollars pour qu’il fournisse des preuves concrètes contre Trump. Mais Steele n’y est pas parvenu.

Cependant, loin de mettre fin à son enquête, le FBI a intensifié ses efforts pour lier Trump au narratif de la collusion avec la Russie. Ensuite le Bureau a dissimulé le fait d’avoir proposé un million de dollars à l’ancien officier du renseignement britannique au Congrès, aux enquêteurs du Congrès, à l’administration Trump et aux tribunaux.

[ → À noter que le gouvernement britannique a catégoriquement désavoué la crédibilité de Christopher Steele.]

En 2019, l’inspecteur général du département de la Justice (DoJ) a rédigé un rapport sur les abus du FBI dans la surveillance électronique de Carter Page rendue possible grâce au mandat FISA. Selon ce rapport, le directeur adjoint du FBI Andrew McCabe a personnellement incité ses agents à inclure le dossier Steele dans l’ICA le 16 décembre 2016. On constate que McCabe a fait cette demande avant même que l’informateur le plus important du dossier Steele, Danchenko, ait été identifié. Or les prétendues informations de Danchenko représentaient au moins 80% du dossier (selon son propre témoignage). Ce n’est qu’au 20 décembre, quelques jours plus tard, que le FBI l’a identifié. En d’autres termes le Bureau ne connaissait pas même son nom mais œuvrait déjà activement à l’inclure dans l’ICA.

Lorsque l’agent du FBI Moffa demande à McCabe s’il doit limiter le contenu du dossier aux « informations concernant l’ingérence de la Russie dans les élections ou inclure également des allégations contre le candidat Trump », le directeur adjoint du FBI lui répond d’inclure les allégations, « en raison de préoccupations concernant de possibles tentatives russes de chantage sur le candidat Trump ».

Ceci prouve, contrairement à ce que le directeur du FBI James Comey a prétendu plus tard à plusieurs reprises, que le FBI ciblait déjà Trump personnellement en décembre 2016.

Le 19 décembre, l’agent principal du contre-espionnage Peter Strzok envoie un SMS à Lisa Page, qui est la conseillère juridique personnelle de McCabe, pour lui signaler qu’il doit entrer en contact avec un certain Monsieur X et lui parler « de l’utilisation de son *** [juron] » dans l’ACI. Le nom de l’individu que Strzok cherchait à contacter a été expurgé et reste inconnu.

Après l’identification de Danchenko le 20 décembre, le FBI informe pour la première fois la CIA de son intention d’inclure le dossier Steele dans l’ACI.

Le 28 décembre, selon les documents publiés par la Commission sénatoriale du renseignement, c’est le directeur du FBI James Comey lui-même qui s’attelle à convaincre la CIA et la NSA d’inclure le dossier Steele dans l’ICA. Comey se porte garant du fait que Steele est « crédible, disposant d’un réseau de sources et de sous-sources en position de s’exprimer sur la question ».

James Comey omet naturellement de mentionner que Steele s’est avéré incapable de prouver quoi que ce soit, et ce, malgré un million de dollars à la clef.

Sous l’impulsion de Comey, les deux autres agences de renseignement en charge de l’ICA, la CIA et la NSA, acceptent d’inclure un résumé de deux pages du dossier Steele à la fin du document. Comey et McCabe sont parvenus à leurs fins : légitimer le dossier.

Le 5 janvier 2017, les hauts responsables du renseignement, dont James Comey (directeur de FBI), John Brennan (directeur de la CIA), James Clapper (directeur du Renseignement national DNI) et Michael Rogers (directeur de la NSA), informent Obama que l’ICA est prêt.

L’inspecteur général du département de la Justice, Michael Horowitz

L’inspecteur général du département de la Justice Michael Horowitz, le 11 décembre 2019 (Charlotte Cuthbertson/Epoch Times)

Pour informer Obama que l’ICA est prêt, et faire un premier bilan de son contenu, on organise une réunion officielle. Celle-ci achevée, Comey prolonge son entrevue avec Obama et prend le temps de l’informer sur l’existence du dossier Steele. Dès lors Obama déclare qu’il faut s’en tenir à ce dossier.

Lors de la réunion, Obama exige que l’équipe fasse bien attention de « vérifier s’il y a une raison quelconque pour laquelle il n’est pas possible de partager pleinement les informations relatives à la Russie » avec la future administration Trump.

Le lendemain, Comey et d’autres responsables, dont James Clapper (directeur du DNI) rencontre le président élu Trump et son équipe de sécurité nationale pour l’informer sur l’ACI. Au cours de cette réunion entre Trump et les chefs du renseignement, le dossier Steele est à peine mentionné.

Un membre de l’équipe de Trump (selon certains, le lieutenant-général Michael Flynn) réclame cependant plus d’informations sur les informateurs du FBI.

[ → Le lieutenant-général Michael Flynn, ancien directeur du renseignement militaire américain, est une des rares figures de la défense américaine à soutenir Donald Trump. On pense que pour avoir fait ce jour-là pression sur les chefs du renseignement concernant la crédibilité de leurs sources, ces derniers décident de provoquer sa chute. C’est ainsi qu’il sera poussé à la démission sous la main de James Comey en février 2017. Pour avoir eu un entretien téléphonique avec l’ambassadeur russe Sergey Kysliak, il sera accusé en vertu de la Loi Logan d’avoir « conversé avec un adversaire étranger ». Il sera ensuite soumis sans ménagement à un interrogatoire du FBI. Finalement, le département de la Justice le disculpera et réclamera l’abandon complet des poursuites, affirmant que l’interrogatoire du FBI a été « mené sans aucune base d’enquête légitime ».]

Après cette réunion, tout comme avec Obama, Comey s’attarde plus longuement pour informer Donald Trump en tête-à-tête de l’existence du dossier Steele.

Quelques heures plus tard, la nouvelle de ce tête-à-tête fuite et fait la une des médias.

Comey dira plus tard au présentateur de CNN Jake Tapper avoir informé Trump sur les parties « licencieuses » du dossier uniquement. « Les dirigeants de la communauté du renseignement ont convenu qu’il devait au moins être informé sur cette partie », déclarera-t-il.

Les attaques contre Trump s’accentuent en janvier 2017

Le 3 janvier 2017, la procureure générale Loretta Lynch a ratifié l’article 2.3 du décret 12333, et celui-ci entre en vigueur. Ce nouveau décret sans précédent accorde une grande latitude à la communauté du renseignement en ce qui concerne le partage interagence des informations.

Le 10 janvier 2017, après sa rencontre du 5 janvier avec Obama et sa rencontre abrégée avec Trump le 6 janvier, Comey témoigne devant la Commission sénatoriale du renseignement. Au cours de l’audition, le sénateur Ron Wyden (Parti démocrate-Oregon) demande à Comey si le FBI enquête sur les relations entre les associés de Trump et le gouvernement russe. Comey déclare qu’il ne peut ni confirmer ni nier l’existence d’une enquête en cours. Il déclenche ainsi la frénésie des médias sur une collusion entre Trump et la Russie. Le dossier Steele est publié par BuzzFeed le même jour.

Le lendemain du témoignage de Comey, la Commission du renseignement du Sénat ouvre une enquête sur l’ingérence russe et la campagne de Trump. Teinté d’un fort parti pris politique, le rapport produit par la commission concernant le témoignage de Comey sera plus tard discrédité en grande partie.

Lors de sa rencontre le 6 janvier, Trump et son équipe de sécurité nationale n’étaient pas dupes, on savait que les chefs du renseignement n’étaient pas fiables. Anticipant des fuites dans les médias facilement prévisibles sur cette rencontre, Trump a évité d’informer son personnel qu’elle aurait lieu. Ainsi, on a pu déterminer avec certitude que les hauts responsables du renseignement divulguaient eux-mêmes des informations classifiées dans les médias, notamment Clapper (DNI) et Comey (FBI).

Comme indiqué précédemment, après cette rencontre, les informations de la réunion ont été divulguées presque immédiatement à la presse. Ceci a amené Trump à conclure que les fuites provenaient directement des responsables de la communauté du renseignement. Trump a d’ailleurs évoqué ses soupçons et leur confirmation lors d’une conférence de presse le 11 janvier 2017. Après cette conférence de presse, Clapper a été contraint de publier une déclaration pour condamner toute fuite au sein du renseignement.

Donald Trump, au Covelli Centre de Youngstown, Ohio, le 17 septembre 2022 (Jeff Swensen/Getty Images)

Bien qu’il ait officiellement condamné ces fuites… le chef du DNI a tout de même dû admettre ultérieurement qu’il en était la source. C’est ce qui est apparu dans le rapport du 22 mars 2018 de la Chambre des représentants sur le renseignement. Dans ce rapport, il apparait que Clapper a admis « avoir confirmé l’existence du dossier aux médias ». Il a également reconnu avoir discuté du « dossier avec le journaliste de CNN Jake Tapper ». Il a par ailleurs concédé avoir pu évoquer ce dossier avec d’autres journalistes. Le rapport note que « la discussion entre James Clapper avec le présentateur de CNN a eu lieu au début du mois de janvier 2017 » peu après les rencontres des chefs du renseignement avec Obama et Trump.

Les fuites de la communauté du renseignement resteront fréquentes tout au long du mandat de Trump.

Les événements survenus le jour où Danchenko doit devenir SHC

Le 12 janvier 2017, le jour même où l’agent Helson envoie son courriel concernant Danchenko, et juste un jour après la conférence de presse surprise de Trump, l’inspecteur général du DoJ, Michael Horowitz, annonce le lancement d’un examen des mesures prises par le FBI avant l’élection présidentielle de 2016.

On ne sait pas si Horowitz a été informé du statut de SHC de Danchenko ou de la prime d’un million de dollars proposée à Steele. Son rapport ne mentionne ni l’un ni l’autre. À dessein ou pas, l’enquête d’Horowitz bloquera pendant deux ans toute enquête extérieure sur les actions du FBI.

C’est ce même jour, le 12 janvier 2017, que l’appel de Michael Flynn du 29 décembre 2016 avec l’ambassadeur russe Sergey Kislyak fuite jusqu’à David Ignatius du Washington Post. La source de la fuite n’a jamais été retrouvée, cela provenait probablement du FBI lui-même.

L’article d’Ignatius, qui vise à renforcer dans les médias le narratif de la collusion Trump-Russie, dépeint Flynn comme un ennemi des États-Unis, ayant contacté l’ambassadeur russe Sergey Kislyak dans le seul but de passer outre les récentes sanctions russes d’Obama.

L’article évoque également la possibilité que Flynn ait violé la Loi Logan. La Loi Logan est une loi obscure et poussiéreuse qui date du 18e siècle. Il est intéressant de noter que c’est Joe Biden lui-même, alors vice-président, qui suggère de recourir à la Loi Logan contre Flynn.

Michael Flynn a été la première cible de la communauté du renseignement dans ses efforts pour évincer Trump.

Le 19 janvier 2017, la veille de l’investiture de Trump, les principaux adjoints d’Obama chargés du renseignement et de l’application de la loi se réunissent pour évoquer la conversation entre Flynn et Kislyak. Trois jours plus tard, le 22 janvier 2017, Flynn prête serment en tant que conseiller à la sécurité nationale de Trump. Deux jours plus tard, le 24 janvier, Michael Flynn est soumis à un interrogatoire mené par Strzok sur ordre de Comey.

Michael Flynn à Washington, le 10 juillet 2018 (Aaron P. Bernstein/Getty Images)

Entre alors en jeux la procureure générale par intérim Sally Yates, décidée à provoquer l’administration Trump en déclarant que « Flynn est compromis concernant les Russes ».

Sous la pression, Flynn démissionne le 13 février 2017.

En 2020, les transcriptions déclassifiées de l’appel de Flynn avec Kislyak révéleront que Flynn n’a jamais abordé une seule fois les sanctions d’Obama. Tout comme le dossier Steele, les accusations portées contre Flynn ne reposaient sur rien.

Un autre événement s’est produit le 12 janvier : la prolongation du mandat FISA permettant d’espionner Carter Page.

Or, ce mandat FISA était basé sur une information contenue dans le dossier Steele totalement discréditée ultérieurement. Steele a déclaré que la source de cette information vivait en Russie, en réalité il s’agissait d’un ancien employé de la Brookings Institution vivant à Washington.

Le FBI intensifie son enquête malgré le désaveu du dossier

Fin janvier 2017, Danchenko a finalement été interrogé durant trois jours consécutifs par le FBI. Danchenko a déclaré qu’il y avait des incohérences majeures entre ce qu’il avait dit à Steele et ce qui figurait dans le dossier. Il a insisté sur le fait que ce dont il avait fait part à Steele n’étaient que des rumeurs et parfois des plaisanteries. Il a ajouté être surpris de voir ces informations sans fondement faire l’objet d’un dossier.

Il a enfin déclaré n’avoir jamais rencontré Charles H. Dolan Jr. Dolan est l’informateur principal du dossier Steele, la première source. Or, Charles Dolan, un milliardaire à la tête d’une société de relations publiques, est également un associé de longue date de la famille Clinton, un ancien assistant d’Hillary Clinton, en affaires avec de hauts responsables russes depuis près de quinze ans.

Toutes les allégations majeures du dossier Steele venaient de Dolan : la « conspiration reposant sur une coopération poussée » entre Trump et le Kremlin ; le fait que la Russie ait transmis des courriels piratés du Comité national démocrate à Wikileaks ; la prétendue apparition de Trump dans un film pornographique.

Parce que Danchenko a reçu le statut de SHC, le dossier Steele était à l’abri des enquêtes, y compris celle du Congrès. Il était donc difficile de prouver qu’il avait été fabriqué de toutes pièces. Mais nous savons désormais avec certitude que Danchenko a officiellement reçu le statut de SHC au plus tard en mars 2017 et que cette mesure était prévue dès le début.

(De g. à dt.) James Comey, directeur du FBI, James Clapper, directeur du DNI, et John Brennan, directeur de la CIA, le 25 février 2016. (Chip Somodevilla/Getty Images)

C’est vers la fin du mois de février que le narratif de collusion a soudain pris de l’ampleur. Le 27 février, l’ancien président George W. Bush déclare concernant les allégations du dossier Steele : « Nous avons tous besoin de réponses. » Bush ajoute faire pleinement confiance au président de la Commission sénatoriale du renseignement, Richard Burr (Parti républicain-Caroline du Nord), pour décider de la nomination éventuelle d’un procureur spécial pour enquêter.

Puis, le 2 mars, le procureur général nommé par Trump, Jeff Sessions doit se récuser de l’enquête sur la Russie. Le département de la Justice lui reproche d’avoir rencontré l’ambassadeur russe Sergey Kislyak. C’est un coup dur pour Donald Trump.

Trump riposte le 4 mars, sur Twitter. Il annonce être au fait que l’administration Obama a espionné sa campagne. N’étant pas en mesure d’évaluer précisément ce dont Trump est au courant, la direction du FBI s’inquiète et envoie le 6 mars trois de ses plus hauts responsables – McCabe, Priestap et Strzok – présenter un bilan de l’enquête auprès du département de la Justice.

Les nouveaux responsables de l’administration Trump écoutent attentivement les éclaircissements de McCabe, Priestap et Strzok.

Mais ceux-ci ne mentionnent ni Danchenko, ni le fait qu’il a totalement nié la crédibilité du dossier Steele, ni la récompense d’un million de dollars proposée à ce dernier. Au lieu de cela, ils font croire que le dossier Steele, surnommé par eux le « rapport de la Couronne », repose sur des preuves solides.

Plus tard, James Comey lui-même ment au Congrès devant la « Bande des huit ». Tout comme McCabe, Priestap et Strzok devant le département de la Justice, il élude totalement Danchenko et le fait que Steele est incapable de corroborer ses allégations malgré l’énorme récompense offerte.

[ → Le Gang of Eight est le surnom utilisé pour désigner un groupe de huit membres du Congrès des États-Unis composé de quatre membres du Sénat et quatre membres de la Chambre des représentants et mis en place lors de l’adoption la loi de sécurité nationale en 1947 (National Security Act). Ces huit personnes doivent être informées de toutes les activités de renseignement entreprises par le président américain et l’exécutif. La Bande des huit a été conçue de telle sorte qu’elle peut changer à chaque administration, mais sera systématiquement composée de membres des deux principaux partis politiques, ainsi que de membres des deux chambres.]

Le 20 mars, les efforts du FBI culminent avec l’annonce publique de Comey que la campagne Trump fait l’objet d’une enquête pour collusion avec la Russie. Cette annonce entraîne la nomination de Robert Mueller en tant que procureur spécial.

Un dossier fabriqué de toutes pièces

Le lendemain du témoignage de Comey, le 21 mars, Devin Nunes (Parti républicain-Californie), alors président de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants, rencontre une des sources du dossier. À la suite de cette rencontre, Devin Nunes informe Trump que selon lui il a fait l’objet d’une surveillance illégale. Nunes exige que la CIA, le FBI et la NSA s’expliquent sur le fait qu’il surveille Trump illégalement.

Peu après, le 6 avril, il fait soudain l’objet d’une investigation de la Commission d’éthique du Congrès pour avoir rencontré l’ancien procureur général de l’Ukraine, Victor Chokine, déclaré corrompu par l’administration Obama.

[ → En réalité Victor Chokine a été démis de ses fonctions, après que Joe Biden a fait pression sur Petro Porochenko, le président ukrainien de l’époque pour l’écarter. En tant que procureur général, Victor Chokine voulait relancer l’enquête sur la société gazière Burisma. Or, Hunter Biden faisait partie du conseil d’administration de Burisma et cette enquête risquait de révéler toutes ses malversations en Ukraine, lien vers l’article d’Epoch Times sur le sujet ici.]
Christopher Steele à Londres, le 24 juillet 2020 (Tolga Akmen/AFP via Getty Images)

Le 9 mai 2017, Trump limoge Comey de son poste de directeur du FBI et McCabe devient directeur par intérim. À la suite du limogeage de Comey, Bruce Ohr, fonctionnaire du DoJ, s’entretient par téléphone avec Steele. Lors de la conversation, l’agent britannique exprime son inquiétude quant au fait qu’ « ils seront exposés ».

Trois jours plus tard, le 12 mai, Ohr et Steele ont une série d’échanges par SMS, Ohr transmet une demande de McCabe pour que Steele soit réengagé par le FBI.

Le 16 mai, Comey divulgue au New York Times des mémos sur Trump par l’intermédiaire de son ami Daniel Richman, professeur à la Columbia Law School. Comey reconnaîtra plus tard qu’il a agi ainsi pour provoquer la nomination d’un procureur spécial.

Le lendemain, le procureur général adjoint Rod Rosenstein nomme Robert Mueller, un ancien directeur du FBI, au poste de procureur spécial. La nomination de Mueller permet au FBI de rester couvert.

 

Jeff Carlson est un contributeur régulier d’Epoch Times. Il a travaillé pendant 20 ans en tant qu’analyste et gestionnaire de portefeuille sur le marché des obligations à rendement élevé. Il dirige le site Web TheMarketsWork.com et peut être suivi sur Twitter @themarketswork.

Hans Mahncke co-anime l’émission Truth Over News d’EpochTV. Il a fait de longues études de droit (LL.B., LL.M. et Ph.D.). Il est l’auteur de nombreux ouvrages de droit et ses recherches ont été publiées dans un grand nombre de revues internationales. Twitter : @hansmahncke.

 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide publique et n’appartenant à aucun parti politique ou groupe financier. Depuis notre création, nous faisons face à des attaques déloyales pour faire taire nos informations portant notamment sur les questions de droits de l'homme en Chine. C'est pourquoi, nous comptons sur votre soutien pour défendre notre journalisme indépendant et pour continuer, grâce à vous, à faire connaître la vérité.