2,5 millions d’euros pour un buste d’Antonio Canova mis aux enchères à Monaco

Un buste du sculpteur italien Antonio Canova, maître incontesté du néo-clascissisme, s’est vendu 2,5 millions d’euros samedi à Monaco au cours d’une vente qui au total a généré pas loin de 3,5 millions d’euros, a annoncé l’Hôtel des Ventes de Monte-Carlo.

Ce buste en marbre d’une quarantaine de centimètres de hauteur représente Lucrèce d’Este, petite-fille du roi de France Louis XII et d’Anne de Bretagne, qui vécut au XVIe siècle. Evalué à entre deux et 2,5 millions d’euros, le buste était mis à prix à 1,5 million.  « Il a été acquis par un amateur britannique ayant des attaches à Monaco », a dit Franck Baille, le président de l’Hôtel des Ventes de Monte-Carlo, qui souligne que ce buste s’inscrit pour Canova « dans un esprit de travail inspiré de la beauté idéale ».

Datant de 1821, ce buste, qui n’était plus apparu dans une exposition publique depuis 1928 à New-York, appartenait jusqu’à cette vente à un particulier suisse, dont la famille détenait l’oeuvre depuis que son commanditaire, un baron anglais, la lui avait cédée au XIXe siècle. Antonio Canova (1757-1822), formé à la sculpture à Venise, a été l’un des artistes les plus reconnus et les plus célèbres de son temps. Sa redécouverte de la statuaire antique et sa capacité à donner au marbre l’aspect de la chair vivante l’avaient fait surnommer « le nouveau Phidias », une comparaison flatteuse avec le sculpteur du Parthénon.

Il a sculpté pour Napoléon et sa famille,  on lui doit la célébrissime représentation de Pauline Borghèse en Vénus, actuellement au Musée Borghèse à Rome  ainsi que pour le tsar de Russie et de riches mécènes anglais ou américains. La galerie d’art moderne de Milan, qui a prévu pour octobre prochain une rétrospective consacrée à Canova, a déjà fait part de son intérêt pour un prêt à l’occasion de cet événement, souligne aussi la maison de ventes monégasque.

Cette vente ne constitue toutefois pas un record pour cet artiste. En juillet dernier, la maison Sotheby’s avait obtenu près de six millions d’euros à Londres pour un autre buste de Canova, une allégorie de la paix, tandis que Christie’s avait en 2017 établi un précédent record à Paris avec un buste de Joachim Murat vendu 4,3 millions d’euros.

D.C avec AFP

 
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