Les dangers du rayonnement émis par les produits sans fil et comment s’en protéger

Entretien avec Peter Sullivan
Par Conan Milner
13 avril 2022 17:44 Mis à jour: 25 juillet 2022 02:46

La Silicon Valley est probablement le dernier endroit où on s’attend à être alerté des dangers que représentent les téléphones portables pour la santé. Et pourtant, c’est bien là que vit Peter Sullivan qui s’est donné pour mission d’aider le public à comprendre les risques liés aux appareils sans fil.

Peter Sullivan était initialement un des plus grands admirateurs de cette technologie qu’il fuit désormais par tous les moyens. Après avoir validé ses études supérieures à l’université de Stanford, dans la Silicon Valley, le voilà devenu concepteur de logiciels côtoyant tous ceux qui travaillaient à façonner la robotique futuriste d’un univers sans fil.

Vivant à la pointe du progrès, M. Sullivan allait devenir un des premiers utilisateurs de cette technologie. Mais ce statut de pionnier se solderait finalement sur le privilège de devenir une des premières victimes des ondes électromagnétiques.

À cette époque, la grande majorité des gens ne concevaient pas que les rayonnements sans fil puissent entraîner des conséquences néfastes, mais aujourd’hui la situation a évolué et l’électrohypersensibilité (EHS) est une pathologie bien connue.

Après avoir pris conscience que ses problèmes de santé résultaient de l’exposition au rayonnement sans fil, M. Sullivan s’est mis à étudier le sujet. Les organismes de réglementation gouvernementaux et l’industrie des télécommunications insistaient sur le fait que le niveau de rayonnement des micro-ondes émis par son téléphone était sans danger, mais M. Sullivan s’est tout de même tourné vers plusieurs scientifiques chevronnés pour mener une enquête de son propre chef. Rapidement, des preuves solides confirmeraient que les rayonnements sans fil avaient bel et bien un  impact sur la santé.

Aujourd’hui, M. Sullivan se consacre à sensibiliser le public sur les dangers liés au spectre électromagnétique. Il rappelle qu’il faut garder les appareils électroniques éteints ou les tenir à distance autant que possible. Il finance des recherches à Harvard, Stanford, l’université de Californie à Berkeley ainsi que plusieurs grandes organisations à but non lucratif dédiées à la santé environnementale. Son but est de proposer une vision plus fidèle de ce qu’est la technologie sans fil, car la population mondiale l’intègre toujours davantage dans son quotidien, mais ignore les dangers qu’elle comporte.

Epoch Times a interrogé M. Sullivan sur les problèmes liés à l’exposition au rayonnement sans fil et sur ce qu’il convient de faire pour s’en protéger.

Par Fit Ztudio/Shutterstock

Epoch Times: Il semble que les gens commencent tout juste à prendre conscience des dangers liés à la technologie sans fil, mais vous étudiez la question depuis dix ans déjà. Comment expliquez-vous cette avance ?

Peter Sullivan : C’est parce que j’ai fait l’expérience de ce que les gens vivent aujourd’hui il y a 10 ou 15 ans. Dans la Silicon Valley, nous étions à la pointe de la technologie et nous étions exposés à diverses choses.

Mon cerveau disait « tout va bien avec ce matériel », mais mon corps avait de graves problèmes. J’ai appris à mes dépens que nos préjugés sur les risques étaient totalement faux.

Au début, je pensais que j’avais des allergies alimentaires. Puis j’ai pensé que j’avais des niveaux élevés de mercure. Mais, même après m’être désintoxiqué, avoir amélioré mon alimentation et fait toutes ces choses, ma santé continuait à se dégrader. J’avais vraiment maigri. Mes dents se fissuraient. Mon corps se déminéralisait. Je me sentais vidé et faible, pourtant, je ne suis pas une personne faible à la base. Dans l’armée, j’étais pilote. J’ai couru des marathons. J’ai fait des triathlons, donc je n’avais pas l’habitude d’être faible, mais là, j’étais épuisé physiquement et mentalement.

À un moment, dès que j’approchais ma tête d’un téléphone portable, je le sentais, et ça n’allait pas bien.

Je ne savais pas qu’il y avait des recherches à ce sujet, mais, un jour, j’ai été invité à une session au Commonwealth Club où des scientifiques parlaient du rayonnement de la technologie sans fil. Alors j’ai examiné leurs travaux. Des milliers d’études qui prouvaient qu’il y avait des dommages.

Epoch Times : Comment le rayonnement sans fil affecte-t-il notre corps ?

M. Sullivan : Selon moi, la chose la plus importante que les gens devraient connaître, ce sont les canaux calciques. Les gens devraient s’informer sur les travaux du Dr Martin Pall concernant les canaux calciques. Il a montré que ces fréquences et ces champs électromagnétiques avaient un impact sur les canaux calciques dans nos cellules. Les canaux calciques sont vraiment fondamentaux au développement du cerveau, du système immunitaire, de la barrière hémato-encéphalique, la barrière intestin-cerveau – c’est vraiment un facteur central.

Le premier facteur de risque de l’autisme, c’est une variation des canaux calciques. Les variations du fonctionnement des canaux calciques sont associées non seulement à l’autisme, mais aussi au trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), à la dépression, à l’anxiété et à la schizophrénie. Les personnes présentant ces variations courent un risque plus élevé.

Les variations des canaux calciques augmentent aussi le facteur de risque d’électrohypersensibilité. Mais même si les canaux calciques fonctionnent normalement, avec une exposition élevée, on peut développer des symptômes d’électrohypersensibilité. Il y a toujours une surcharge à un moment donné et surtout lorsque nous ajoutons des choses comme la 5G.

Donc certaines personnes peuvent se retrouver complètement surchargées de rayonnements sans fil, mais ce n’est pas seulement le sans fil. C’est vraiment une combinaison de plusieurs choses dans l’environnement. Comme l’a expliqué le Dr Lisa Nagy, les gens peuvent être exposés à des moisissures, et celles-ci peuvent aussi endommager les canaux calciques. Ces gens deviennent donc plus vulnérables au sans fil. Certains sont exposés à des produits toxiques, d’autres présentent des facteurs de risque dentaires, comme des plombages au mercure ou des canaux radiculaires infectés, et toutes ces choses les rendent plus vulnérables.

Epoch Times : Nous vivons dans un monde où de nombreux facteurs jouent contre nous.

M. Sullivan : Et c’est ce que nous voyons avec l’autisme. Nous pensions qu’il n’y avait qu’un seul gène et un seul facteur environnemental. Mais il s’agissait en réalité de plusieurs gènes, tous ensemble, dans une seule voie métabolique, et là, il y a plusieurs facteurs environnementaux, de la même façon, dans une seule voie.

Bien sûr, à terme, nous allons concevoir des médicaments pour cibler cette voie métabolique. Pour l’heure, si les gens prennent des inhibiteurs calciques pour leur cœur ou leur santé mentale, la force électromotrice agit contre ces médicaments. Donc, à un moment donné, il va falloir commencer à contrôler toutes ces expositions environnementales et il va falloir regarder la réalité en face. Certains problèmes ne pourront pas être résolus en ajoutant toujours plus de médicaments. Nous devons commencer à supprimer les facteurs d’interférence pour vraiment rétablir notre santé.

Epoch Times : On peut lire que des suppléments de magnésium peuvent aider à la perturbation des canaux calciques.

M. Sullivan : Le Dr Pall et d’autres ont découvert que le magnésium est un bloqueur naturel de calcium. Il régule à la baisse les canaux calciques. Quand on est déficient en magnésium, les canaux calciques deviennent hyperactifs. Lorsque les canaux calciques s’excitent, ils indiquent au système nerveux qu’il se passe quelque chose d’important et qu’il doit rester vigilant.

Et c’est tout le problème, parce que nous ne devrions pas être dans cet état d’alerte en permanence. C’est un état extrêmement stressant. C’est un état où la cellule se sent menacée, où elle est en « mode danger » pour ainsi dire. Donc, cela consomme beaucoup d’énergie et c’est épuisant. Le corps ne peut pas rester continuellement dans cet état de péril imminent.

Plusieurs médecins avec qui j’ai discuté recommandent une certaine forme de magnésium qui pénètre plus directement dans le tronc cérébral et le cerveau. Il s’agit du thréonate de magnésium. Il a été démontré qu’il aide vraiment les connexions cérébrales.

Epoch Times : Il est étonnant que la perturbation de ce minuscule mécanisme cellulaire puisse entraîner tous ces différents problèmes.

M. Sullivan : Le Dr Pall dit que les canaux calciques sont plus denses dans le cœur, le système nerveux et le cerveau. Nous commençons à voir les effets sur la santé mentale et la santé physique.

Les gens doivent comprendre que le premier symptôme de l’exposition aux ondes électromagnétiques est la perturbation du sommeil. Viennent ensuite les maux de tête, les troubles de l’attention, l’anxiété et les problèmes de mémoire.

Le symptôme qui m’étonne le plus est détérioration du sperme. Des dizaines d’études montrent que ces fréquences et ces champs peuvent endommager les spermatozoïdes. Un téléphone portable dans la poche d’un homme en âge de devenir père est donc une préoccupation majeure qui doit être étudiée. Les gens doivent comprendre qu’en mettant leur téléphone dans la poche, ils jouent à la roulette russe génétique. Ils prennent tous ces bons gènes qui ont traversé l’épreuve du temps et ils les détraquent sans qu’on sache vraiment comment. Ce sera donc très difficile d’y remédier.

Epoch Times : Que devrions nous faire les gens pour réduire notre exposition au rayonnement sans fil ?

M. Sullivan : La première chose à faire est de supprimer les appareils à proximité de l’endroit où on dort. Ces expositions nuisent au sommeil, à la production de mélatonine et à la profondeur du sommeil.

Très souvent, les gens aujourd’hui utilisent leur téléphone portable comme réveil-matin, ils le chargent et ils l’ont à côté d’eux toute la nuit.

Certaines personnes utilisent même des trackers de fitness qui sont constamment exposés au rayonnement sans fil, comme un Fitbit, pour suivre leur sommeil. Nous disons aussi aux gens d’éteindre leur Wi-Fi la nuit, ou d’éteindre la station de base de leur téléphone sans fil. N’ayez pas de tablette ou de modem à proximité de vous la nuit. Tous ces éléments perturbent le sommeil.

Le sommeil est vraiment fondamental pour la santé physique et mentale, il est essentiel pour le développement d’un enfant.

Un point important pour les enfants : nous disons aux parents d’éteindre le babyphone la nuit. Au minimum, déplacez-le à l’autre bout de la pièce.

Globalement, créez de l’espace autour de l’endroit où vous dormez et travaillez. La stratégie, c’est soit d’éteindre l’appareil, soit de l’éloigner. Si vous ne pouvez pas éteindre l’appareil, éloignez-le. Si c’est un appareil qu’on ne peut pas déplacer, comme un compteur intelligent, c’est à vous de vous éloigner.

Le signal du rayonnement baisse rapidement quand on s’en écarte. Chaque fois que vous doublez la distance, le rayonnement diminue de 75%.

Lorsqu’on parle au téléphone, il ne faut surtout pas coller l’appareil à son oreille, jamais, quelles que soient les circonstances. La FCC [Federal Communications Commission] n’a jamais testé cette configuration. Chaque téléphone comporte un avertissement indiquant que des tests ont été effectués quant à ses rayonnements, mais c’est valable lorsqu’il y a un espace entre l’appareil et le corps. Aucun téléphone n’est testé directement collé au corps, pourtant, c’est comme ça que la plupart des gens les utilisent. Même s’ils sont seulement à proximité, il y a des chances que leur rayonnement dépasse les limites fixées par la FCC, des limites qui elles-mêmes ne se basent toujours pas sur des données biologiques.

J’ai aussi créé une fiche qui explique les mesures de précaution de base à prendre avec le sans fil, sur mon site Web ClearLightVentures.com. Cette fiche présente les habitudes élémentaires à prendre avec les appareils sans fil les plus courants. À côté, j’ai rapidement récapitulé les divers symptômes et j’ai mis mes références. C’est une fiche que je distribue régulièrement aux parents. Lorsque les gens voient ce qu’il faut faire dans les grandes lignes par écrit, avec des références scientifiques à l’appui, ils comprennent qu’il y a des solutions et ils passent à l’action.

Epoch Times : Je pense que l’une des principales raisons pour laquelle les gens ne prennent pas le rayonnement du sans fil au sérieux est qu’ils ne peuvent pas les voir.

M. Sullivan : Oui, tout à fait. C’est invisible et donc c’est difficile pour les gens d’en prendre conscience. C’est d’ailleurs une de mes tâches de faire voir cette chose invisible au gens. Nous sommes allés à quelques conférences sur l’autisme où les gens ont pu faire l’expérience suivante : nous avons installé un auvent de 3 mètres sur 3, un peu comme une tente sur les marchés, mais les côtés étaient fermés. Il s’agit en fait d’un espace sans un seul appareil sans fil. Nous disons aux personnes qui y entrent d’éteindre leur téléphone, leur montre Apple ou tout ce qui émet un signal sans fil, puis d’entrer dans cette pièce.

En moyenne, entre 85 à 95% des personnes sentent une différence lorsqu’elles entrent dans cette pièce. La chose la plus courante qu’ils disent, c’est qu’ils se sentent plus calmes. Cette interférence des canaux calciques s’arrête et le corps commence à se décharger.

Certaines personnes ont été tellement exposées pendant si longtemps qu’elles ont la nausée lorsqu’elles entrent dans cet environnement.

Epoch Times : De quoi est faite cette tente ?

M. Sullivan : Elle est faite d’un tissu protecteur qui bloque et reflète le rayonnement sans fil. Ce tissu de protection est une des stratégies que les gens peuvent adopter pour limiter leur exposition, mais je recommande aux gens de faire d’abord tout ce qui est gratuit et facile avant d’acheter quelque chose de nouveau.

Epoch Times : Le matériau de protection, c’est donc le niveau plus avancé.

M. Sullivan : Oui, et pour le faire correctement, vous aurez peut-être besoin d’un professionnel pour vous aider afin qu’il n’y ait pas de reflets et qu’il n’aggrave pas votre environnement. Les gens devraient concentrer leur attention sur la réduction de l’exposition.

Epoch Times : Est-il important de tester son environnement ? Et, si oui, comment s’y prendre ?

M. Sullivan : Vous pouvez acheter un appareil qui mesure le niveau de consommation auprès de sociétés telles que LessEMF ou Safe Living Technologies. Je recommande d’ailleurs plusieurs de ces appareils sur mon site Web.

Vous pouvez également faire appel à des personnes qui le mesureront pour vous. Cherchez des experts en champ électromagnétique (CEM). On les appelle parfois biologistes du bâtiment ou consultants en environnement. Ils sont formés dans ce domaine et ils viendront vous faire une évaluation.

Epoch Times : Quelles sont les autres choses que les gens devraient savoir sur le rayonnement sans fil ?

M. Sullivan : Les gens devraient savoir que les tests de sécurité ont échoué à plusieurs reprises et à différents niveaux. Bien sûr, le niveau le plus récent, la 5G, n’a pas été testé à nouveau. Les gens devraient donc exiger que ces appareils soient testés avant de les utiliser et de laisser leurs enfants les utiliser.

Il faut que la sécurité de la technologie sans fil devienne une exigence du marché, tout comme la sécurité automobile. Les gens doivent apprendre à écouter les scientifiques et non pas se contenter de prendre pour argent comptant les arguments de l’industrie.

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