Les frappes aériennes russes préparent l’avancée du régime syrien sur Alep

20 octobre 2015 09:11 Mis à jour: 20 octobre 2015 09:11

Après plusieurs faux départs et des frayeurs, l’armée syrienne et ses alliés, soutenus par les frappes aériennes russes, ont mené une offensive majeure dans la ville d’Alep. Depuis 2012, le contrôle d’Alep a été divisé entre les forces gouvernementales et divers groupes rebelles, dont l’État Islamique (ISIS).

Pendant plus d’un an, la partie sud d’Alep, contrôlée par les rebelles, s’est trouvée dans une impasse. Les soldats du régime syrien se sont trouvés dans des positions fixes à des kilomètres des limites de la ville d’Alep, où les rebelles maintenaient des positions défensives.

Avant la guerre civile, Alep était considérée comme le carrefour économique de la Syrie, mais depuis que la guerre a débuté, elle a subi une destruction catastrophique.

Le 18 octobre, les activistes syriens avec l’Observatoire Syrien pour les droits de l’homme ont déclaré qu’environ 60 personnes avaient été tuées lors de l’avancée de l’armée syrienne dans la campagne du sud, à l’extérieur d’Alep. Selon les activistes, les belligérants en présence sont des « rebelles et les factions islamistes. » L’attaque s’est déroulée au milieu des frappes aériennes russes et syriennes.


 Décombres de bâtiments et véhicules détruits après une frappe aérienne à Al-Bab à la périphérie d’Alep, Syrie, le 5 octobre 2015. (Rased News Network)
Décombres de bâtiments et véhicules détruits après une frappe aérienne à Al-Bab à la périphérie d’Alep, Syrie, le 5 octobre 2015. (Rased News Network)

Selon les militants, les « experts militaires » du Hezbollah, basé au Liban et en Iran, soutiennent les troupes syriennes qui avancent sur Alep. L’armée et ses alliés ont repris trois villages lors de rudes combats au cours du week-end durant lequel 17 combattants islamistes et huit soldats ont été tués, selon un groupe des droits de l’homme. Les troupes ont aussi avancé sur la base aérienne de Kweires, située à l’est d’Alep, pour briser un siège d’ISIS.

Dimanche, une milice shiite irakienne qui opère en Irak et en Syrie, a posté une photo de ses combattants posant dans la province d’Alep avec Qassem Soleimani, major général des Gardes Révolutionnaires d’Iran et dirigeant des forces Qods d’Iran. La photo a été postée sur le compte Facebook de la milice, mais on ne sait pas quand elle a été prise.

Soleimani a été crucial en « organisant les milices syriennes et irakiennes, ainsi que le Hezbollah, pour battre les djihadistes sunnites et les rebelles alliés en Syrie » a écrit le Long War Journal. « Il a joué un rôle similaire en Irak, où il a organisé, formé et équipé des milices shiites le long des lignes du Hezbollah libanais pour vaincre l’État Islamique. »

Probablement stimulés par l’appui aérien russe, un grand nombre de terroristes du Hezbollah se sont rendus à Alep pour se battre.

« Chacun des frères que je connais y est allé » a déclaré un résident anonyme de Dahiyeh, dans la banlieue de Beyrouth, considérée comme un bastion du Hezbollah, selon le journal The Guardian. « C’est la première fois qu’ils ont tous disparu comme cela. Ils ont même raccourci leurs vacances. »

Il y a trois semaines, la Russie est entrée dans la guerre syrienne, rejoignant la Turquie, l’Iran, l’Arabie Saoudite et les États-Unis en prenant directement part aux combats. La Russie a principalement mené des frappes aériennes contre ce qu’elle appelle des « terroristes », principalement des groupes militants opposés au gouvernement syrien. Auparavant, la Russie était impliquée dans la fourniture d’armes à l’armée syrienne et aux milices armées.

Les observateurs des droits de l’homme voient différemment l’implication de la Russie. La semaine dernière, les frappes aériennes russes à Homs, dans le nord, ont tué au moins 17 civils, ce qui « devrait faire l’objet d’une enquête pour violations possibles des lois de la guerre » affirme Human Rights Watch dans un rapport.

Le Département américain de la défense a affirmé que les frappes aériennes russes, qui ont débuté le 30 septembre, ont eu peu d’effet dans l’aide aux troupes au sol du président syrien Bachar al-Assad. Elles ont plutôt aidé les combattants d’ISIS dans leur tentative de prendre Alep.

« Je n’ai vu aucune indication selon laquelle le régime d’Assad a pu faire des progrès basés sur les frappes aériennes » a déclaré le porte-parole de Centcom, le colonel de l’armée américaine Steve Warren, selon une transcription publiée le 13 octobre. « Ce que nous avons vu, cependant…nous avons vu [l’État Islamique] faire des progrès en se basant sur les frappes aériennes russes. »

Il a ajouté que les frappes russes sont « téméraires » et « aveugles. »

Dimanche, le premier ministre russe Dmitry Medvedev a déclaré que la guerre aérienne de Moscou est une tentative pour projeter ses propres intérêts nationaux. La déclaration est venue après des rapports selon lesquels des milliers de combattants de Russie ont rejoint le conflit aux cotés d’ISIS en Syrie.

« Pour le président [Vladimir Poutine] ‘Il est évident que si nous ne détruisons pas ces terroristes ici, ils viendront en Russie’ » a déclaré Medvedev, cité sur le site Internet du gouvernement russe.

Version anglaise : Russian Airstrikes Pave Way for Syrian Regime’s Advance on Aleppo

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