Un musée sur le massacre de Tiananmen forcé de fermer ses portes à Hong Kong

Le premier et le seul musée au monde dédié à la mémoire des étudiants de la place Tiananmen a vu ses derniers visiteurs le 11 juillet 2016.

Établi en 2014, le Musée du 4 juin dans le district commercial prospère de Tsim Sha Tsui à Hong Kong a reçu 24 256 visiteurs dans ses 1375 pieds carrés. La popularité du musée ne faisait toutefois pas l’affaire du comité de l’édifice ou bien de quiconque manigançait dans les coulisses.

Le commanditaire du musée, la Hong Kong Alliance in Support of Patriotic Democratic Movements of China, un des groupes prodémocratie les plus anciens de la ville, affirme que le comité de l’édifice leur donnait du fil à retordre.

« Le Musée du 4 juin était constamment harcelé par des procès intentés par la corporation des propriétaires du Foo Hoo Centre », indique l’avis de fermeture sur le site web du musée. Les propriétaires demandaient également l’inscription des visiteurs et se plaignaient, entre autres, du va-et-vient des visiteurs aux ascenseurs.

Tripoli (John James/Irin)
Tripoli (John James/Irin)

« La Hong Kong Alliance a décidé de vendre la propriété pour éviter d’autres actions en justice ou interférences et elle va rechercher un espace plus grand pour rebâtir le musée », annonce l’avis.

L’Alliance estime que le harcèlement était de nature politique. Stanly Chau Kwok-chiu, le président de la corporation, « a des liens avec le continent », a écrit l’Alliance à un journaliste d’Époque Times. D’autres locataires n’étaient pas obligés de rapporter l’identité de leurs visiteurs, par exemple.

Le mouvement prodémocratie des étudiants en 1989 s’est terminé dans un bain de sang le 4 juin, causant la mort de centaines, sinon de milliers de personnes. Pékin censure toute mention du massacre et surveille et interpelle les victimes et les militants qui dénoncent. Le militant des droits de la personne Chen Yunfei, par exemple, subit un procès pour avoir visité les tombes des victimes du massacre.

Rebels libyens vu à travers une porte de tente à Sidi Blal, un port abandonné à près de tripoli. (Jeremy Relph/IRIN)
Rebels libyens vu à travers une porte de tente à Sidi Blal, un port abandonné à près de tripoli. (Jeremy Relph/IRIN)

L’Alliance ne voit pas la fermeture du musée comme la fin de son combat. Elle prévoit de déplacer les pièces, comme un casque avec un trou de balle, des certificats de décès et des photos noir et blanc, vers un espace plus grand non déterminé. L’Alliance obtiendra environ 400 000 dollars par la vente de la propriété et le financement participatif.

« Bien que la fermeture de ce musée à cet endroit particulier soit permanente, je peux vous assurer qu’un nouveau musée sera bientôt ouvert d’ici un an, nous espérons », a affirmé à l’AFP Albert Ho Chun-yan, président de l’Alliance.

Plusieurs personnes se sont dépêchées d’aller visiter le musée avant la fermeture le 11 juillet. M. Leung, qui a participé aux vigiles du 4 juin depuis 1989, avait les larmes aux yeux en se remémorant le massacre. « Je suis familier avec toutes les pièces du musée », a-t-il déclaré au Apple Daily. « Quelle honte ! Le Musée du 4 juin témoigne de l’histoire et devrait être conservé. »

Version originale : Museum for Tiananmen Massacre in Hong Kong Is Forced to Close Doors, at Least Temporarily

 
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