Une scierie abandonnée depuis 60 ans revit grâce à des galoches du Cantal dans un village du Puy-de-Dôme

Par Nathalie Dieul
10 août 2022 08:45 Mis à jour: 10 août 2022 08:45

Une ancienne scierie, à l’arrêt depuis 60 ans, a été restaurée par la municipalité de La Tour‑d’Auvergne (Puy‑de‑Dôme). Ce projet de sauvegarde du patrimoine a permis à La galoche du Cantal d’y ouvrir un atelier boutique, donnant une meilleure visibilité à cette vieille chaussure fabriquée de façon artisanale et surtout 100% française.

Connaissez‑vous la galoche, à ne pas confondre avec le sabot ? La galoche, aussi appelée talon bois à une autre époque, est elle aussi composée d’un morceau de cuir et d’une semelle de bois, mais elle est entièrement fermée alors que le sabot, lui, est ouvert sur l’arrière.

Un des derniers galochiers de France est Éric Mas. Son entreprise, La galoche du Cantal, est la dernière à clouer à la main et à faire des galoches 100% made in France, souligne‑t‑il avec fierté, en entrevue à La Montagne.

Un lieu atypique

Lorsque la commune de La Tour‑d’Auvergne (Puy‑de‑Dôme) en était à l’étape de rechercher comment utiliser ce lieu récemment rénové qui a longtemps abrité la scierie Roux, le maire du village, Yannick Tournadre, a eu l’idée de contacter le galochier.

« Moi qui suis amoureux de galoches, j’ai envoyé un mail à l’entreprise La galoche du Cantal en demandant si elle voulait s’installer dans le Sancy », raconte le maire du village de 640 habitants. « À l’époque, on cherchait à faire revivre cette scierie, notamment à travers un musée vivant. Sans jamais avoir réussi. »

Éric Mas est allé compter le nombre de voitures qui passaient devant la boutique hors saison, indique France 3. « Je suis passé voir le bâtiment et si l’extérieur était quelconque, je suis tombé amoureux de l’intérieur », explique‑t‑il.

Six mois plus tard ouvrait l’atelier boutique, au tout début de l’été 2022, et le succès est au rendez‑vous pour l’instant. On y vend des galoches et des sabots, fabriqués au siège sociale de l’entreprise à Marcolès dans le Cantal, mais aussi des objets fabriqués sur place – ceintures, porte‑clefs etc. – par un salarié qui se charge également des ventes.

« On mélange le patrimoine, le culturel et l’artisanat ! »

Le bâtiment atypique a abrité une scierie appelée scierie Roux, qui a été en fonction jusqu’en 1955. Les anciens mécanismes qui fonctionnaient à l’aide d’une roue à aube ont été laissés sur place et sont encore visibles, ce qui donne tout son charme aux lieux.

L’ancienne scierie en 2011, avant sa rénovation. (Capture d’écran/Google Maps)

« Ce n’est pas un monument historique, mais nous sommes quand même dans l’ancienne scierie qui a coupé du bois pour la commune pendant plus de 100 ans ! » s’exclame le galochier passionné. « On mélange le patrimoine, le culturel et l’artisanat ! »

Le maire est tout aussi enthousiaste : « Cela permet d’avoir une activité artisanale et faire revivre ce lieu chargé de mémoire. »

Éric Mas est tellement enchanté de cette collaboration entre son entreprise et la commune de la Tour‑d’Auvergne, à qui il loue les lieux, qu’il lance une idée : « Si d’autres municipalités ont des locaux disponibles dans le même style, on pourrait songer à ouvrir d’autres antennes. »

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