Chine : l’armée reçoit l’ordre d’abandonner ses entreprises commerciales, notamment ses hôpitaux

26 avril 2016 11:00 Mis à jour: 28 avril 2016 23:45

Une récente directive du Parti communiste obligera les forces militaires et paramilitaires chinoises à abandonner leurs entreprises commerciales, notamment les hôpitaux.

Les hôpitaux gérés par ces forces sont utilisés par la population chinoise pour recevoir des soins de santé et ils sont souvent bien financés et équipés. Les forces paramilitaires chinoises sont officiellement appelées la Police armée populaire et sont utilisées pour la lutte antiémeute, le secours aux sinistrés ainsi que pour d’autres tâches.

L’ordre d’abandonner les entreprises commerciales a été donné par la Commission militaire centrale et a été rapporté au début d’avril dans la presse chinoise. Cette commission est présidée par le dirigeant chinois, Xi Jinping, il s’agit de l’organe du Parti pour contrôler les forces armées. Il n’est actuellement pas clair quels seront les moyens utilisés pour retirer le contrôle des hôpitaux et des autres entreprises des mains des forces armées. Un échéancier de trois ans est en place pour l’adoption du plan.

Les informations des médias chinois et de l’État affirment que la nouvelle directive vise à augmenter la capacité à combattre des forces armées. « La mission de l’armée est de livrer des batailles et de vaincre. Tout ce qui interfère avec cette mission doit être éliminé », affirme un commentaire dans la publication du Guangdong Southern Weekend, résumant la position officielle.

Depuis les 15 dernières années, les hôpitaux chinois ont réalisé un nombre de transplantations beaucoup plus élevé qu’auraient pu fournir en organes les prisonniers exécutés.

Une des conséquences majeures de la directive, qui n’a pas été soulignée dans les médias, est que les forces armées chinoises ne pourront peut-être plus être impliquées dans les prélèvements d’organes et l’industrie de la transplantation.

Il est impossible de dire si telle était l’intention derrière la directive, mais si appliquée pleinement cela sera une conséquence inévitable et importante.

Trafic d’organes

Les forces militaires et paramilitaires chinoises contrôlent un immense réseau d’hôpitaux parmi les mieux dotés au pays. Depuis 2000, plusieurs des installations ont subi d’importantes rénovations ou ont ajouté des ailes réservées pour la chirurgie des transplantations.

Depuis 2005, les responsables chinois admettent que la vaste majorité des organes de transplantation provient des prisonniers exécutés. Cette affirmation n’explique cependant pas l’immense industrie qui a vu le jour après l’an 2000, alors que le nombre de prisonniers exécutés diminuait. Depuis les 15 dernières années, les hôpitaux chinois ont réalisé un nombre de transplantations beaucoup plus élevé qu’auraient pu fournir en organes les prisonniers exécutés.

Selon de plus en plus de chercheurs, la vraie source de la majorité de ces organes viendrait des prisonniers d’opinion. Parmi eux les Ouïghours, qui ont disparu en grand nombre après 2009 ; d’autres minorités religieuses ou individus marginalisés ; mais principalement les pratiquants de Falun Gong, une discipline spirituelle que le régime chinois tente d’éliminer depuis 1999.

Alors qu’il devient de plus en plus clair que l’étendue et le degré d’organisation de l’industrie des transplantations en Chine sont beaucoup plus importants qu’on l’imaginait autrefois, il est aussi plus évident que le complexe militaro-médical est une plaque tournante de ces activités.

Version originale : Chinese military ordered to exit its business ventures, including hospitals

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide publique et n’appartenant à aucun parti politique ou groupe financier. Depuis notre création, nous faisons face à des attaques répétées pour faire taire nos informations. C'est pourquoi, nous comptons sur votre soutien pour défendre notre journalisme indépendant et pour continuer, grâce à vous, à faire connaître la vérité.