Il est temps pour l’Ukraine d’admettre qu’elle ne rejoindra jamais l’OTAN, explique Zelensky

Par Jack Phillips
15 mars 2022 19:08 Mis à jour: 16 mars 2022 06:30

Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, il est temps pour son pays de renoncer à devenir membre de l’OTAN. La Russie a fait de ce point l’argument principal de son invasion.

« L’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN. Nous le comprenons. Nous avons entendu pendant des années que les portes étaient ouvertes, mais nous avons aussi entendu que nous ne pouvions pas y adhérer. C’est une vérité et il faut l’admettre », a déclaré M. Zelensky lors d’une vidéoconférence organisée ce mardi avec les dirigeants des pays de la Joint Expeditionary Force, une coalition militaire menée par la Grande‑Bretagne.

De nouveau, il a exhorté les alliés occidentaux à fournir des avions de combat.

De nouveau, il a appelé l’OTAN (qui a fourni des armes et des munitions) à établir une zone d’exclusion aérienne au‑dessus de son pays.

C’est inenvisageable, ont fait savoir les États‑Unis et l’OTAN, cherchant à éviter une escalade du conflit.

Selon le conseiller présidentiel ukrainien Mykhailo Podolyak, les pourparlers de paix entre les délégations russe et ukrainienne ont repris ce mardi après une pause lundi.

Toutefois le porte‑parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a signalé aux médias qu’il était trop tôt pour prédire l’issue de ces négociations : « Le travail est difficile, et dans la situation actuelle, le simple fait que les discussions se poursuivent est probablement une bonne chose. »

Sans trop approfondir, la semaine dernière, Zelensky a déclaré à ABC News avoir réalisé « depuis longtemps » que l’Ukraine ne rejoindrait pas l’OTAN, « après avoir saisi que l’OTAN n’était pas prête à intégrer l’Ukraine ».

Un pont détruit à Bucha, dans la banlieue de Kiev, en Ukraine, le 12 mars 2022. (Avec l’aimable autorisation d’Igor Korsun)

Entretemps, il n’a pas manqué de critiquer l’alliance militaire dirigée par les États‑Unis, inapte à faire respecter une zone d’exclusion aérienne, sous prétexte de ne pas vouloir engager des avions de guerre américains ou européens dans une confrontation avec des avions russes.

Aussi, au début du mois, le chef d’État ukrainien déclarait : « Aujourd’hui, malheureusement, nous avons l’impression qu’il est temps de préparer un repas funèbre pour autre chose, à savoir les garanties et les promesses de sécurité, les alliances fermes, les valeurs qui semblent avoir disparu (…). »

Deux explosions importantes ont secoué Kiev avant l’aube ce mardi et des tirs de traçage ont illuminé le ciel nocturne. Un immeuble d’habitation était en flammes au petit matin après avoir été frappé par l’artillerie.

Face à l’intensification des bombardements, le maire de Kiev, Vitaliy Klitschko, a déclaré mardi sur Telegram qu’un couvre‑feu de 35 heures débuterait à 20 heures mardi et se terminerait à 7 heures jeudi. La circulation dans la ville sans laissez‑passer spécial sera interdite, à moins que les civils ne se dirigent vers des abris anti‑bombes.

« La capitale – le cœur de l’Ukraine – sera défendue ! » a écrit M. Klitschko, ancien champion de boxe poids lourd, sur les médias sociaux. « Quant à Kiev, qui est aujourd’hui un symbole et un avant‑poste de la liberté et de la sécurité européennes, nous ne l’abandonnerons pas ! Nous ne nous mettrons pas à genoux ! Aujourd’hui, les efforts de chaque Kiévien sont importants. »

L’agence des Nations unies pour les réfugiés a déclaré sur les médias sociaux qu’elle estimait à environ 3 millions le nombre de personnes ayant fui l’Ukraine pour se réfugier dans les pays voisins depuis le début du conflit au 24 février.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a écrit mardi que lui et le vice‑Premier ministre Jarosław Kaczynski ainsi que le Premier ministre tchèque Petr Fiala et le Premier ministre slovène Janez Jansa se rendraient à Kiev pour rencontrer des responsables en tant que représentants du Conseil européen.

« L’Europe doit garantir l’indépendance de l’Ukraine et s’assurer qu’elle est prête à aider à la reconstruction de l’Ukraine », a‑t‑il insisté dans un message sur Twitter.

L’Associated Press a contribué à cet article.

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