La « neutralité carbone » va couter très cher aux entreprises et aux ménages, selon le Medef

Par Emmanuelle Bourdy
19 mai 2022 15:47 Mis à jour: 21 mai 2022 19:07

Ce lundi 16 mai, une étude nommée « Décarboner l’économie, combien ça coûte ? » a été révélée par le Mouvement des entreprises de France et le Centre de recherches pour l’expansion de l’économie et le développement des entreprises (Rexecode). Les entreprises ainsi que le secteur public (l’État ou les collectivités locales), mais également les ménages, seront impactés par cette « neutralité carbone » et vont devoir investir massivement.

Pour que l’objectif de « neutralité carbone » soit atteint d’ici 2050, 58 à 80 milliards d’euros devront être ajoutés aux 600 milliards d’euros d’investissement total annuel actuels en France, rapporte La Tribune. C’est ce qui ressort de l’étude « Décarboner l’économie, combien ça coûte ? » que le Medef a demandé à Rexecode. Ce lundi matin lors d’une conférence de presse, les résultats de cette étude ont été présentés.

Une hausse des investissements de 20 % pour les ménages

Le 16 avril dernier à Marseille, Emmanuel Macron s’était engagé à mettre en place une « planification » écologique et pour tenir cet engagement, il avait expliqué que son prochain Premier ministre serait « directement chargé de la planification écologique, parce que cela concerne tous les domaines, tous les secteurs, toutes les dépenses, tous les équipements, tous les investissements, bref, toutes les politiques ».

Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, a rappelé l’importance de parler des « investissements » nécessaires à cette « transformation écologique », qu’il estime être un sujet « trop sérieux pour le laisser aux seuls écologistes », relate La Tribune. Il a ajouté que « le coût de l’inaction climatique se situe en centaines de milliards d’euros ».

Afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, les investissements supplémentaires nécessaires vont osciller entre 58 à 80 milliards d’euros, selon les estimations de Rexecode, ce qui représente une hausse de 10 % pour les entreprises et 20 % pour les ménages. Pour ces derniers, concrètement, cela passera notamment par l’isolation du logement, le changement de chaudière, ou de véhicule.

« Il faut surinvestir côté entreprises comme côté ménages »

Si Emmanuel Macron s’est engagé à rénover 700 000 logements (contre 660 000 en 2021), le Medef préconise l’augmentation du budget destiné au financement des rénovations, surtout dans les zones où la demande de logements est supérieure à l’offre. Le mouvement patronal demande également des alternatives à la voiture individuelle et invite au rapprochement entre les offres de transport en commun et les besoins de mobilité domicile-travail, le but étant de couvrir les besoins de tous les salariés, dont ceux qui habitent en périphérie des agglomérations, indique encore La Tribune.

Quant au pouvoir d’achat des Français, qui fait face à une inflation galopante, Geoffroy Roux de Bézieux a indiqué que sur la « question salariale », il y a « des demandes d’augmentation, mais les négociations annuelles obligatoires ont été performantes: les salaires ont augmenté de 3 % à 3,5 % ». Envoyant un message au futur gouvernement – qui devra donc prévoir une hausse des subventions publiques – le patron du Medef a souligné : « Il faut surinvestir côté entreprises comme côté ménages. » « Le mot planification peut faire peur, mais dans l’écologie, il est nécessaire », a-t-il conclu.

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