Raser un château pour construire un Aldi? Maubeuge se mobilise

Par Nathalie Dieul
10 août 2022 07:17 Mis à jour: 10 août 2022 07:17

Un hôtel particulier du XIXe siècle, bien en vue à un carrefour passant de Louvroil en périphérie de Maubeuge dans le Nord, devrait être détruit sous peu. Non classé et appartenant à des particuliers, le château Lixon laissera la place à un supermarché Aldi, au grand dam d’un certain nombre de riverains.

« On ne peut pas se permettre de le détruire comme ça pour remettre des commerces avec des bâtiments qui sont des hangars. C’est quand même un bâtiment qu’on ne pourra plus jamais faire », s’indigne un habitant amoureux du patrimoine, en entrevue à l’antenne de BFMTV. « C’est aussi l’emblème de Louvroil avec une très belle perspective venant de Maubeuge. »

Toutes sortes de raisons choquent les habitants du secteur en apprenant la démolition du château Lixon, qui a eu plusieurs noms pendant plus d’un siècle d’histoire. D’une part, il fait partie du paysage, d’autre part, cette démolition les indigne encore plus à cause de ce qui va le remplacer.

C’est en effet Aldi qui a acheté le bâtiment pour y construire un supermarché. « C’est une partie du patrimoine, je trouve ça dommage de le céder à une multinationale », remarque Romain Vitrand, conseiller d’opposition à Louvroil, selon La Voix du Nord.

Une pétition pour faire changer d’avis au maire

Il a démarré une pétition dans le but de faire changer d’avis au maire. Plus de 3000 personnes l’avaient déjà signée au moment d’écrire ces lignes.

« Je ne suis pas contre le fait qu’Aldi s’installe ailleurs, mais il y a d’autres terrains à Louvroil, des terrains sans château dessus », a affirmé l’élu, qui suggère entre autres une grande zone actuellement à l’abandon, en face du centre sportif et à proximité de là.

Une décision assumée

De son côté, la mairie de Louvroil assume le fait de ne pas intervenir dans cette opération. « Je comprends l’émotion que le projet peut susciter, mais nous n’avons pas les moyens de reprendre le bâtiment », explique le maire, Giuseppe Ascone, au Figaro.

Non seulement, il s’agirait d’une grosse dépense pour la commune, entre les travaux de rénovation et l’adaptation du site aux personnes à mobilité réduite, mais l’édile précise qu’« on ne sait pas quoi en faire ».

Un centre‑ville qui se meurt

Par ailleurs, le maire de la commune de 6300 habitants défend sa décision d’avoir signé le permis de construire du nouveau centre commercial : « C’est du bon sens : il s’agit de mon dernier commerce de proximité alimentaire. Si je ne garde pas Aldi, mon centre‑ville meurt ».

« Dans un rayon de 200 mètres environ, j’ai perdu un coiffeur, j’ai perdu un vendeur de chaussures, j’ai perdu une boulangerie, j’ai perdu un tabac, j’ai perdu un brocanteur et dernièrement, j’ai aussi perdu une fleuriste‑herboriste », détaille Giuseppe Ascone.

La condamnation de ce château qui a déjà été une clinique dans les années 1950 n’est pas encore définitive. Un délai de deux mois permet encore de déposer un recours. Romain Vitrand espère donc qu’une association se forme pour ce faire. « Je les soutiendrai et les aiderai », assure‑t‑il.

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