Sa seule «faute» était d’être chrétien: un officier américain relevé de son commandement pour avoir refusé le vaccin prend la parole

Par J.M. Phelps
10 août 2022 19:04 Mis à jour: 10 août 2022 19:04

Des milliers de vétérans risquent d’être mis à l’écart de l’armée américaine pour avoir refusé de se conformer au décret sur les vaccins imposé par le gouvernement. Beaucoup d’entre eux, dont les demandes d’accommodement religieux ont été rejetées, font pression, arguant que les actions du Pentagone ont violé la Constitution et la loi.

Parmi eux, se trouve l’officier militaire Corey Maverick (un pseudonyme), qui, à la demande d’un avocat, a accepté de parler à Epoch Times sous couvert d’anonymat. Les opinions de Corey Maverick ne reflètent pas la position du département de la Défense (DoD) ou de l’une des forces armées des États‑Unis.

Corey Maverick, qui s’est illustré en tant que commandant en bien des occasions, a été relevé de ses fonctions après avoir soumis une demande d’aménagement religieux pour le vaccin Covid‑19.

« J’ai été relevé de mon commandement pour ne pas avoir violé mes croyances religieuses », témoigne le Cdt Maverick. « J’ai prêté le serment de soutenir et de défendre la Constitution des États‑Unis contre tous les ennemis, étrangers et nationaux. »

C’était la première fois dans sa carrière que l’officier était confronté à devoir choisir entre ses croyances religieuses et sa carrière. Ses demandes d’accommodement religieux et ses appels ont été refusés, et de multiples demandes de retraite volontaire ont également été refusées.

« Au lieu de cela, après avoir servi en tant qu’officier pendant plus de 20 ans, j’ai été sanctionné administrativement et disciplinairement pour ne pas avoir violé mes croyances religieuses. »

Si sa demande d’exemption religieuse avait été approuvée, cela n’aurait pas vraiment aidé.

« Au cours de la réunion de l’équipe en charge des problèmes religieux, mon chef a déclaré que même si la demande d’exemption était approuvée, il faudrait au moins une réaffectation pour assurer la santé et la sécurité du personnel et maintenir le bon ordre et la discipline. »

La réaffectation avant l’heure d’un poste de commandement libère automatiquement un officier de son commandement. En conséquence, dans son cas, l’équipe en charge des questions religieuses a déclaré à l’autorité en charge d’approuver les accommodements religieux : « Nous recommandons le refus avec la réserve que [l’autorité d’approbation] envisage une dérogation temporaire en attendant sa réaffectation immédiate et sa demande simultanée de mise à la retraite. » Epoch Times a consulté une copie de ce mémo.

« Ainsi », explique le Cdt Maverick, « le simple fait que j’ai exercé mon droit constitutionnel de soumettre une demande d’accommodement religieux pour le vaccin Covid a mis fin à mon mandat de commandant et a par la suite stoppé la progression de ma carrière ».

Dose du vaccin Pfizer Covid-19 pour les enfants de moins de cinq ans au UW Medical Center – Roosevelt à Seattle, Washington, le 21 juin 2022 (David Ryder/Getty Images).

Contestation de l’interchangeabilité

Un jour après l’approbation par la Food and Drug Administration (FDA) du premier vaccin contre le Covid‑19, le vaccin Pfizer‑BioNTech Covid‑19 commercialisé sous le nom de Comirnaty, le 23 août, le secrétaire à la Défense Lloyd Austin a émis un décret de vaccination pour l’armée stipulant que « la vaccination obligatoire contre le Covid‑19 n’utilisera que les vaccins Covid‑19 qui ont reçu une licence complète de la Food and Drug Administration (FDA), conformément à l’étiquetage et aux directives approuvés par la FDA ».

Corey Maverick a fait valoir que, selon la déclaration de Lloyds Austin, « le décret de vaccination est un ordre légal uniquement si on utilise les vaccins Covid‑19 qui reçoivent une licence complète de la Food and Drug Administration, conformément à l’étiquetage et aux conseils approuvés par la FDA ».

En septembre 2021, le Dr Terry Adirim, secrétaire adjoint à la Défense par intérim pour les affaires sanitaires, a publié un mémo concernant la vaccination obligatoire des membres du service, affirmant que le vaccin Covid‑19 de Pfizer‑BioNTech approuvé dans le cadre de l’autorisation d’utilisation d’urgence (EUA) et les vaccins Comirnaty sont interchangeables, citant les directives de la FDA. La FDA a déclaré que les vaccins Comirnaty et Pfizer‑BioNTech Covid‑19 « lorsqu’ils sont préparés conformément à leur mode d’emploi respectif, peuvent être utilisés de manière interchangeable pour fournir la série de vaccins Covid‑19 sans présenter de problèmes de sécurité ou d’efficacité. »

Mais Corey Maverick a contesté la légalité d’une telle désignation par le Pentagone. « Si les deux versions des vaccins peuvent être utilisées de manière interchangeable du point de vue des soins de santé, elles ne peuvent pas légalement être utilisées de manière interchangeable du point de vue du mandat de vaccination militaire sans une dérogation présidentielle. » Agir de la sorte constitue une violation de l’article 1107a du Code des États‑Unis.

Selon Corey Maverick, il n’existe pas à ce jour de flacons étiquetés Comirnaty approuvés par la FDA pour les militaires des États‑Unis. « Cela a créé une grande confusion sur la disponibilité de Comirnaty parce que tous les flacons que nous avions étaient les flacons étiquetés EUA – comme si le produit EUA était le produit approuvé par la FDA. Ce n’était tout simplement pas vrai, ce qui a suscité beaucoup d’inquiétude de la part des membres [de l’armée] qui ont été mandatés pour obtenir le produit EUA sous la menace d’une pénalité. »

Selon le mémoire de l’amicus curiae déposé dans le district Est du Texas en juillet, « le DoD administre en toute connaissance de cause des flacons étiquetés EUA et les administre – comme s’il s’agissait de vaccins homologués avec l’approbation et l’étiquetage complets de la FDA, en violation totale de son propre décret. »

Les militaires stationnés dans l’installation de Corey Maverick ont reçu l’ordre de recevoir une première dose d’un vaccin Covid‑19 bénéficiant d’une homologation complète de la FDA. « On nous a dit que le vaccin Covid‑19 de Pfizer n’était pas la seule option disponible pour se conformer à cet ordre et on nous a informés que nous pouvions volontairement utiliser un autre vaccin pour répondre aux exigences de l’ordre », précise le Cdt Maverick. « Et lorsque les militaires de l’ensemble de l’installation ont exprimé des inquiétudes quant à la non‑disponibilité d’un vaccin approuvé par la FDA, on nous a demandé d’utiliser le EUA Pfizer BioNTech comme s’il s’agissait du Comirnaty approuvé par la FDA. »

Comme le vaccin EUA était un médicament expérimental, cela nécessitait un niveau de consentement plus élevé de la part du destinataire, a soutenu Corey Maverick. « Ni moi, ni aucun membre sous ma responsabilité sur l’installation à laquelle j’étais affecté à l’époque, n’avons reçu un accord éclairé juridiquement valable comme l’exige la loi avant l’administration d’un médicament EUA. »

Une infirmière militaire prépare un vaccin Covid-19 à Fort Knox, Kentucky, le 9 septembre 2021. (Jon Cherry/Getty Images)

La conviction religieuse

Alors que divers avocats et spécialistes cherchent un moyen de justifier les objections de milliers de militaires, le Cdt Maverick confie : « Le fait de voir les tribunaux fédéraux ordonner des injonctions contre les décrets militaires relatifs au Covid pour la marine et le département de l’Armée de l’air me donne l’espoir qu’une injonction à l’échelle du DoD est possible. » Les tribunaux ont émis des injonctions préliminaires interdisant aux deux armées de punir les membres du service ayant demandé un aménagement religieux.

« Alors que j’ai perdu mon commandement, des milliers de militaires du DoD ont subi des choses plus terribles pour ne pas violer leurs croyances religieuses », poursuit le Cdt Maverick. « C’est déchirant et vraiment décevant de voir des milliers de militaires de haut calibre être mis à l’écart et recevoir d’autres punitions pour avoir exercé leurs droits constitutionnels. »

Corey Maverick exhorte à mettre fin à ce qu’il décrit comme « de l’injustice, de l’abus de pouvoir et de la discrimination religieuse », ajoutant que « ces injonctions ordonnées par le tribunal sont vraiment un pas dans la bonne direction ».

« Mon intégrité et mes croyances religieuses sont trop importantes pour moi pour faire des compromis, même si cela signifie que je risque de perdre ma carrière et d’avoir un impact négatif sur mes prestations de retraite. C’est un honneur absolu de servir aux côtés de tant d’autres militaires qui sont prêts à faire de même. Je sais que Dieu prendra soin de nous. »

L’avocat du Cdt Maverick, Me R. David Younts, a fait part de ses commentaires à Epoch Times. « En tant que lieutenant‑colonel de la réserve de l’armée de l’air et ancien JAG du service actif représentant plus de 50 militaires confrontés à la discrimination religieuse, je suis profondément troublé par les mesures prises contre mon client. »

« Le Cdt Maverick a servi honorablement en tant qu’officier et leader, et la seule ‘faute’ de mon client était d’être chrétien », affirme Me Younts. « La même foi qui a permis à Corey Maverick de servir avec succès en tant qu’officier a été utilisée pour mettre fin à sa carrière. »

Malheureusement, ajoute‑t‑il, Corey Maverick n’est pas le seul. « Beaucoup de mes clients ont vu leur carrière ruinée en raison de leur foi chrétienne et de leur engagement envers la Constitution. »

« Même si l’injonction à l’échelle de l’armée de l’air empêchera l’armée de l’air de me renvoyer, moi et beaucoup de mes clients, les membres de l’armée de l’air restent sous une pression énorme pour abandonner leur foi ou faire face à la discrimination dans les affectations, les promotions et la sélection pour un poste de chef. »

Le Pentagone n’a pas répondu à une demande de commentaire d’Epoch Times.

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