Voitures brûlées, tirs de mortiers: une nouvelle nuit de violences urbaines à Alençon après un refus d’obtempérer

Par Epoch Times avec AFP
28 septembre 2022 16:56 Mis à jour: 28 septembre 2022 17:41

Voitures incendiées, policiers visés par de nombreux tirs de mortiers d’artifice: Alençon, 26.000 habitants, a de nouveau été secouée par des violences urbaines, dans la nuit de mardi à mercredi, un an après des faits similaires.

« À partir de 23h15, une trentaine d’individus ont mené une action coordonnée de violences urbaines, avec la volonté manifeste d’attirer les forces de l’ordre dans un guet-apens: 24 véhicules ont été incendiés, trois véhicules ont été retournés pour freiner la progression des forces de l’ordre, un abribus a été détruit », a déploré dans un communiqué le préfet de l’Orne.

Les faits ont duré jusqu’à 2h00 du matin dans le quartier de Perseigne, a précisé à l’AFP la procureure de la République d’Alençon Laetitia Mirande.

« Ça fait mal au coeur », a confié à un photographe de l’AFP une retraitée du quartier dont l’unique voiture a été brûlée. « Mon mari n’a que 600 euros de retraite, moi 1.100 mais avec 500 euros de loyer, la lumière tout ça… C’est pas possible » de racheter un véhicule, a expliqué l’habitante de cette ville où le taux de chômage atteint 21%.

Le syndicat Unsa-Police a évoqué dans un communiqué « une véritable scène de guérilla urbaine ». « Les fonctionnaires locaux ont fait face à une cinquantaine d’émeutiers armés avec des barres de fer », selon lui.

Le syndicat de policiers Alliance 61 fait état de « soixante mortiers tirés en direction des forces de l’ordre ».

Selon la préfecture, vingt policiers de l’Orne, neuf de la Sarthe et onze gendarmes de l’Orne « ont été mobilisés pour sécuriser l’action des pompiers ». Vingt pompiers et trois engins pompes ont été engagés pour éteindre les incendies, a ajouté la même source.

« Une présence des forces de sécurité sera maintenue à un haut niveau dans les prochains jours », assure la préfecture.

Dans la nuit du 26 au 27 octobre 2021, des faits similaires s’étaient produits dans ce quartier populaire d’Alençon: treize véhicules avaient été incendiés et les forces de l’ordre avaient également été la cible de tirs de mortiers d’artifice.

« La conséquence directe du travail que fait la police sur le quartier »

« Ce qu’on a connu hier soir, c’est la conséquence directe du travail que fait la police sur le quartier (…). La police (y) conduit un combat acharné contre le trafic de stupéfiant », a ajouté Sébastien Jallet, le préfet de l’Orne, sur BFMTV.

« Depuis plusieurs mois nous menons des opérations coups de poing (…) contre les réseaux. Il y a quinze jours, on a encore démantelé (…) un laboratoire clandestin (…) La semaine dernière, on a interpellé deux dealers en bas d’un immeuble sur le quartier de Perseigne et hier après-midi, de nouveau, deux jeunes ont été interpellés par la police et on peut penser qu’il y a un lien assez direct entre cette action de la police (…) contre la drogue à Perseigne et ce qu’on a connu hier soir sur le quartier », a avancé M. Jallet.

Interrogé par l’AFP sur ce point, le parquet n’a pas donné suite.

Un manque de ressources et de volonté politique

Alliance dénonce un « manque cruel d’effectif » et demande, comme Unsa, des renforts.

Le maire d’Alençon Joaquim Pueyo, interrogé par l’AFP, déplore lui aussi qu’ « il n’y a pas assez de policiers la nuit » malgré les postes supplémentaires, quatre selon le préfet, qui ont été créés à Alençon à la suite des faits d’octobre 2021.

« On a besoin d’avoir des policiers et des gendarmes qui soient nombreux sur le département et ils le seront de plus en plus à l’avenir », a promis le préfet.

« A chaque fois, ça recommence. Est-ce que les sanctions sont suffisantes ? », s’interroge pour sa part le maire, « en retrait du PS » notamment sur les questions de sécurité.

Le 28 octobre 2021 Marine Le Pen, alors candidate RN à l’élection présidentielle, avait fait le déplacement à Alençon pour dénoncer un « laxisme » selon elle des politiques face aux violences urbaines.

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