La Chine enquête sur l’ancien chef du parti de la province du Shaanxi, pour corruption

La campagne de lutte contre la corruption menée par la Chine s'attaque à un autre haut fonctionnaire quelques semaines seulement après le début de la nouvelle année.
19 janvier 2019 19:07 Mis à jour: 19 janvier 2019 19:07

Le 16 janvier, le site Internet du Comité central pour l’inspection disciplinaire du Parti communiste chinois, organe de surveillance interne du Parti communiste, a annoncé que Zhao Zhengyong, l’ancien chef du parti de la province du Shaanxi, dans le nord-ouest du pays, est soupçonné d’avoir « violé gravement la discipline et la loi ».

Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, le dirigeant chinois Xi Jinping a lancé une vaste campagne pour débarrasser le Parti des fonctionnaires qui se comportaient mal et qui étaient souvent membres d’une faction d’opposition, loyale à l’ancien dirigeant Jiang Zemin.

Corruption

Dès le 9 janvier déjà, certains détails des crimes présumés de Zhao Zhengyong étaient divulgués dans un documentaire télévisé diffusé à la télévision publique.

Les images montraient des villas de luxe – qui, selon le radiodiffuseur, avaient été construites illégalement – en train d’être rasées au sol. Bien que le documentaire ne nomme pas M. Zhao en particulier, il critique à plusieurs reprises le « principal dirigeant du comité provincial du Shaanxi de l’époque » – qui était en fait Zhao Zhengyong.

Le programme soulignait également que Zhao Zhengyong, qui avait « accepté ouvertement » six instructions de Xi Jinping, y était « secrètement opposé ».

La publication financière chinoise Caixin a également reçu des informations de sources internes indiquant que M. Zhao aurait reçu des pots-de-vin en échange du développement économique dans les villes locales du Shaanxi.

Selon la revue Caixin, M. Zhao est également accusé de s’être mêlé d’un différend juridique vieux d’une dizaine d’années concernant l’exploitation du charbon dans le Shaanxi, qui récemment occupait le devant de la scène.

Cui Yongyuan, présentateur de télévision d’influence, a affirmé sur les médias sociaux que le plus haut tribunal de Chine avait apparemment perdu des documents cruciaux dans cette affaire.

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Ce post a suscité des discussions et a incité la principale agence juridique chinoise, la Commission centrale des affaires politiques et juridiques, à ouvrir une enquête sur la perte de ces documents.

Connexions

Le rapport Caixin expliquait également que Zhao Zhengyong était proche de Wei Minzhou, le chef du Parti en charge de la ville de Xi’an, une métropole du Shaanxi connue comme la maison des anciens guerriers en terre cuite. M. Wei avait souvent donné des pots-de-vin à M. Zhao pour se bénéficier de faveurs.

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Wei Minzhou, à son tour, avait des liens avec Ling Jihua, un ancien assistant politique de haut niveau. Ling Jihua est une figure centrale de la faction Jiang Zemin et a été condamné à la prison à vie en 2016.

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En novembre 2018, Wei Minzhou lui-même a également été condamné à la prison à vie pour corruption.

Crimes contre l’humanité

Néanmoins le régime chinois n’a pas reconnu les crimes les plus sombres de Zhao Zhengyong.

Selon une étude menée par l’Organisation mondiale d’enquête sur la persécution du Falun Gong (WOIPFG), organisation à but non lucratif basée aux États-Unis, Zhao Zhengyong a joué un rôle clé dans la campagne nationale de Jiang Zemin pour persécuter les pratiquants du Falun Gong, aussi appelé Falun Dafa, une pratique spirituelle.

Craignant qu’un si grand nombre de personnes (environ 100 millions de pratiquants à l’époque selon les estimations officielles) ne menacent son autorité, Jiang Zemin a interdit cette pratique en juillet 1999 alors qu’elle devenait de plus en plus populaire. Depuis lors, on estime que des centaines de milliers de personnes ont été arrêtées et détenues dans les prisons et les centres de lavage de cerveau de Chine, où beaucoup sont ensuite torturées.

Selon Minghui.org, un site Internet américain qui suit la persécution du Falun Gong en Chine, le décompte des mortalités confirmées comme étant causées par la persécution se situe aux environs de 4 276 pratiquants, bien que le nombre réel soit probablement plus élevé car en raison de la censure de l’information par le PCC.

L’Organisation mondiale d’enquête sur la persécution du Falun Gong révèle qu’entre 2000 et 2005, alors qu’il était secrétaire du Parti pour les branches locales de la Commission des affaires politiques et juridiques dans les provinces du Anhui et du Shaanxi, Zhao Zhengyong a supervisé la persécution des pratiquants locaux de Falun Gong, notamment les arrestations, la propagande diffamant la pratique et les campagnes visant à confisquer et détruire les livres des enseignements de cette pratique.

À l’époque, la Commission était l’organisme de sécurité le plus puissant de Chine, responsable de toutes les forces de police, du système judiciaire et des établissements de détention du pays.

En 2010, Zhao Zhengyong figurait sur la liste des hauts responsables du Parti poursuivis par les pratiquants de Falun Gong à Taïwan pour crimes de génocide et transgressions des conventions relatives aux droits civils et humains. Les pratiquants de Falun Gong ont intenté la poursuite alors que Zhao Zhengyong était en visite à Taïwan.

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