L’armée chinoise s’entraîne à la destruction de ports étrangers

Des explosions sous-marines furtives, des drones de combat et l'IA militaire révèlent l'agressivité technologique du PCC
Par Anders Corr
6 novembre 2021 16:14 Mis à jour: 6 novembre 2021 17:15

L’armée chinoise dévoile une série de technologies militaires sophistiquées, allant des attaques furtives sous-marines contre des ports étrangers en passant par des chasseurs de drones dotés d’intelligence artificielle (IA).

L’armée chinoise teste des explosions sous-marines furtives à des fins de destruction de ports étrangers, selon le Global Times, un organe de presse ultra-nationaliste contrôlé par le Parti communiste chinois (PCC).

« Si nous pouvons utiliser des moyens furtifs, comme des explosions sous-marines pour détruire les ports, nous pouvons tuer le potentiel de guerre de l’ennemi », a déclaré le capitaine Zhao Pengduo, directeur adjoint du programme d’essai de démolition de ports, lors d’une émission de la télévision centrale chinoise (CCTV).

Pour que l’Occident ne manque pas l’information, le Global Times a traduit ces commentaires et les a publiés le 25 octobre. Les essais et leur publication, en anglais, pourraient être une tentative de prouver aux États-Unis que la menace navale chinoise est crédible, alors que les tensions augmentent au sujet de Taïwan, de la mer de Chine méridionale et des îles Senkaku du Japon, que Pékin revendique toutes comme son territoire. Le PCC révèle ainsi ses intentions.

Lors des essais, des capteurs ont été placés sur un petit quai avant sa destruction. Les médias d’État chinois ont rapporté qu’« au fur et à mesure de l’explosion, près de 1 000 données ont été recueillies, elles ont ensuite été analysées pour évaluer avec précision la façon dont le quai a été endommagé (…) notant que cela fournira une base scientifique pour attaquer les ports hostiles dans une véritable guerre ».

Selon un expert militaire de Pékin cité par le Global Times, « cette tactique peut jouer un rôle important dans de nombreux scénarios de combat, notamment pour contrer la guerre navale des États-Unis visant la Chine ».

L’expert a poursuivi : « Comme les États-Unis comprennent maintenant que leurs grands navires comme les porte-avions et les grandes installations militaires à proximité de la Chine sont vulnérables aux attaques, ils dispersent leurs forces vers (…) des endroits plus petits. »

L’expert a affirmé que la dispersion de la marine américaine rendrait la logistique, le commandement et les communications plus difficiles, obligeant vraisemblablement les navires américains à s’appuyer sur de nombreux ports régionaux qui sont vulnérables aux explosions sous-marines furtives de la Chine. La stratégie militaire de Pékin consiste apparemment à forcer la défaillance des chaînes logistiques basées sur les ports, dont dépendent les marines américaines et alliées.

Les explosions sous-marines furtives pourraient être facilitées par des drones dotés d’IA. Aussi préoccupant que cela puisse paraître, un nouveau rapport de l’université de Georgetown affirme que l’armée chinoise pourrait dépenser plus en IA que les États-Unis.

Un drone Wing Loong II de fabrication chinoise est exposé lors du salon aéronautique de Dubaï 2017, le 14 novembre 2017. (Karim Sahib/AFP via Getty Images)

Sur la base des dossiers d’achats militaires chinois accessibles au public, les chercheurs de Georgetown concluent que l’armée chinoise dépense entre 1,6 et 2,7 milliards de dollars par an pour l’IA, alors que les États-Unis n’ont dépensé que 800 millions à 1,3 milliard de dollars l’année dernière. Selon le rapport, la principale source de technologie d’IA pour l’armée chinoise pourrait être les États-Unis.

Ryan Fedasiuk, chercheur à Georgetown et coauteur du rapport, affirme que l’armée chinoise a acheté des systèmes d’IA « conçus pour identifier des véhicules sous-marins, pour simuler des opérations à Taïwan, pour suivre les navires de la marine américaine et pour déployer des contre-mesures électroniques ».

L’IA sera également essentielle pour l’avenir du combat aérien. Les simulations effectuées ces deux dernières années ont montré que les avions de chasse dotés de l’IA sont souvent plus performants que leurs cousins à propulsion humaine.

Le South China Morning Post (SCMP) a rapporté le 29 octobre que l’armée de l’air chinoise pourrait tester le premier chasseur furtif biplace du monde dans les deux prochaines semaines. L’un des pilotes de l’avion sera aux commandes de l’appareil, une variante du J-20 Weilong Mighty Dragon, et l’autre contrôlera des drones « ailiers loyaux » dotés d’intelligence artificielle qui accompagneront le J-20 au combat.

« Les experts ont déclaré que cette variante montrait que la Chine avait battu les États-Unis et d’autres concurrents », selon le SCMP, qui appartient au groupe chinois Alibaba. Le développement de la variante du J-20 « était une tentative de prouver que le concept américain de domination aérienne de nouvelle génération (NGAD) pouvait être appliqué avec succès à la technologie aéronautique chinoise », indique le rapport.

Les nouvelles antérieures concernant le développement de missiles hypersoniques par la Chine et l’installation de centaines de silos de missiles balistiques intercontinentaux dans la région du Xinjiang s’ajoutent aux préoccupations plus récentes concernant les tests d’explosions sous-marines, les progrès de l’IA et le développement d’avions de chasse furtifs pour donner une image peu reluisante des intentions du PCC et de sa volonté d’atteindre des objectifs tels que l’invasion de Taïwan.

Les législateurs et régulateurs américains ont récemment réagi au comportement de plus en plus menaçant de Pékin, notamment en perturbant de manière essentielle le vol par la Chine de la propriété intellectuelle américaine qui alimente le complexe militaro-industriel chinois. Une façon efficace d’aborder cette question est de sévir contre certaines des plus importantes entreprises technologiques chinoises.

Le 26 octobre, la Commission fédérale des communications (FCC) a fait appel à des considérations de sécurité nationale pour révoquer l’autorisation pour opérer aux États-Unis d’une filiale de China Telecom.

Le 28 octobre, le Sénat américain a voté à l’unanimité en faveur d’une loi qui empêche les régulateurs américains d’accorder de nouvelles licences d’équipement à cinq entreprises figurant sur la « liste des équipements ou services couverts » de la FCC. Ces entreprises sont Huawei, ZTE, Hytera, Hikvision et Zhejiang Dahua, toutes considérées comme des menaces pour la sécurité.

Par un vote de 420 voix contre 4, la Chambre avait déjà approuvé la loi. La majorité étant à l’abri du veto dans les deux chambres, le président Joe Biden signera probablement la loi sous peu.

Mais les restrictions imposées à la capacité de Pékin de voler des technologies américaines sont totalement inadéquates à ce jour. L’étude de Georgetown a révélé que le ministère américain du commerce n’impose des restrictions qu’à 22 des 273 entreprises qui fournissent l’armée chinoise. Fedasiuk a écrit dans un tweet : « Presque aucune n’est soumise à des sanctions financières. »

Les États-Unis doivent devenir beaucoup plus sérieux pour faire échec aux plans de Pékin visant à voler la technologie américaine et à l’utiliser pour renforcer la puissance économique et militaire du PCC contre la démocratie et les droits de l’homme à l’échelle mondiale. Davantage de subventions à la technologie américaine, avant de mettre fin au problème de fuite de technologie, ne pourrait que l’aggraver. La loi américaine sur l’innovation et la concurrence de 250 milliards de dollars, par exemple, est actuellement bloquée à la Chambre. Elle comprend des subventions technologiques massives destinées à la concurrence avec la Chine, et devrait être révisée pour garantir que le PCC n’en profite pas plus que l’Amérique.


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