Le confinement des personnes en bonne santé

Par Aaron Kheriaty
14 novembre 2022 16:43 Mis à jour: 15 novembre 2022 21:44

Le Covid‑19 est le premier cas dans l’histoire des pandémies marqué par le confinement de populations en bonne santé. Si les anciens ne comprenaient pas les mécanismes des maladies infectieuses (ils ne savaient rien des virus et des bactéries) ils ont néanmoins trouvé de nombreux moyens d’atténuer la propagation des épidémies. Ces mesures éprouvées allaient de la mise en quarantaine des patients symptomatiques à la mobilisation des gens dotés d’une immunité après s’être remis de la maladie afin qu’ils puissent soigner les malades.

Des lépreux mentionnés dans l’Ancien Testament à la peste de Justinien dans la Rome antique, en passant par la pandémie de grippe espagnole en 1918, les confinements n’ont jamais fait partie des mesures de santé publique. En réalité, le concept de confinement est pour partie né de l’appareil administratif de la santé publique qui est instrumentalisé depuis une vingtaine d’années. Aujourd’hui, nous entendons couramment parler de « contre‑mesures », bien que les médecins et les infirmières n’utilisent jamais ce mot qui est davantage un terme militaire et d’espionnage.

En 1968, alors que la pandémie de grippe H3N2 a fait entre 1 et 4 millions de victimes, les entreprises et les écoles sont restées ouvertes et les grands événements n’ont jamais été annulés. Jusqu’en 2020, nous n’avions jamais confiné de populations entières, car une telle stratégie est vouée à l’échec. En 2020, nous n’avions aucune preuve empirique que les confinements sauveraient des vies, nous n’avions que des modèles mathématiques imparfaits dont les prédictions n’étaient pas seulement légèrement erronées, mais totalement exagérées.

Prenons l’exemple des États‑Unis. En février 2020, lorsque les Drs Anthony Fauci et Deborah Birx, qui étaient à la tête du groupe de travail sur le coronavirus, ont décidé que le confinement constituait la solution, le New York Times a été chargé d’expliquer cette approche à la population. Le 27 février 2020, ce journal a publié un podcast dans lequel le journaliste scientifique Donald McNeil expliquait que les droits civils devaient être suspendus si nous voulions arrêter la propagation du Covid. Le lendemain, le New York Times publiait un article de M. McNeil intitulé To Take On the Coronavirus, Go Medieval on It [Pour affronter le coronavirus, il faut faire comme au Moyen Âge].

L’article éludait totalement les mérites de la société médiévale, qui fermait parfois les portes des villes fortifiées ou les frontières pendant les épidémies, mais n’ordonnait jamais aux gens de rester chez eux, ne les empêchait jamais d’exercer leur métier et n’isolait jamais les personnes asymptomatiques.

Non, M. McNeil ! Les confinements ne sont pas un retour en arrière médiéval, mais une invention tout à fait moderne.

En mars 2020, les confinements pandémiques étaient une expérience entièrement nouvelle, non testée sur les êtres humains.

Bien qu’ils fussent sans précédent, les confinements n’ont fait l’objet d’aucune discussion, aucun débats publics. Pourtant, une solution sage des questions politiques épineuses implique toujours une approche et une évaluation prudentes qu’aucun modèle épidémiologique ne peut fournir à lui seul.

Nos hommes politiques ont abandonné leur responsabilité en se cachant derrière de grands mots comme « la science » et « les spécialistes ». Ils auraient en réalité dû prendre en compte les divers risques et préjudices complexes liés à des décisions telles que le confinement ou le port d’un masque.

Le terme « confinement » ne provient absolument pas de la médecine ou de la santé public. C’est un terme qui nous vient du système pénal. Les prisons sont confinées pour rétablir l’ordre quand des prisonniers se révoltent. Lorsque le chaos règne en prison, l’ordre est rétabli par en imposant de force un contrôle ferme et complet de toute la population carcérale. Seul un confinement strictement surveillé peut assurer un contrôle de cette population dangereuse et indisciplinée. Les prisonniers ne peuvent pas être autorisés à se révolter. Les détenus ne peuvent pas prendre le dessus sur un établissement pénitencier.

En février‑mars 2020, notre société croyait que le chaos était à venir et nous avons adopté l’idée que le confinement, cette mesure pénale, était la bonne, voire la seule réponse raisonnable. Les confinements ont rencontré remarquablement peu de résistance lors de leur mise en œuvre initiale. Être confiné pour une assez courte durée semblait raisonnable pour la majorité. Rapidement, l’un après l’autre, les responsables politiques nous ont ordonné de rester à la maison.

Nous avons obéi sans hésiter. Refuser, nous disait‑on, c’était défier imprudemment la mort. Les petites tentatives de résistance étaient rapidement stigmatisées. Comme l’a décrit un journaliste, « le recours à la science a été instrumentalisés pour imposer la conformité », tandis que les médias ont catalogué les manifestants anti‑confinement dans diverses catégories et les ont présentés comme « voulant mettre en danger l’ensemble de la population ». Qui voulait alors appartenir à cette catégorie ?

Les reportages sur le Covid ont hypnotisé la population mondiale durant des mois pour en venir aux confinements. Nous sommes restés rivés à nos écrans, en suivant le nombre de cas et de décès attribués au coronavirus dans différents pays. Nous ne pouvions pas encore voir les chiffres pour notre propre pays, mais nous nous sommes fiés aux modèles mathématiques.

Comme nous étions fort prêts à céder à la panique, le modèle choisi ne pouvait en aucun cas être de ces modèles de prédictions statistiques sobres, il fallait celui contenant les chiffres terrifiants publiés par le groupe de Neil Ferguson de l’Imperial College de Londres. Il prévoyait 40 millions de décès seulement en 2020. Nous avons ignoré le triste bilan du Pr Ferguson qui avait largement surestimé les prévisions des épidémies précédentes. Et nous avons ignoré les critiques de son modèle. Le célèbre biostatisticien John Ioannidis de l’université de Stanford, entre autres, nous a avertis que le modèle de l’Imperial College se basait sur des hypothèses gravement erronées.

En réalité, le modèle du Pr Ferguson s’est avéré encore plus faux que tous les autres modèles proposés. Le modèle de l’Imperial College prévoyait que la Suède, si elle ne se confinait pas, compterait 80.000 morts vers la fin juin 2020 déjà.

Toutefois, la Suède est restée l’un des rares pays à ne pas se confiner et elle n’a enregistré qu’environ 20.000 décès vers la fin juin 2022 – et ce, malgré le fait qu’elle utilisait des méthodes de recensement des cas entraînant une surestimation. Bien qu’on ait testé le modèle de Ferguson et révélé qu’il était faux, cela n’a pas changé grand‑chose à l’époque.

Il est difficile d’exagérer la singularité et la bêtise de ce qui s’est passé sur l’ensemble du monde en mars 2020. Ce qui nous a frappé n’était pas seulement un nouveau virus, mais un nouveau mode de contrôle social – la formation d’une forme nouvelle de sécurité biomédicale que je décris dans mon livre The New Abnormal [Le nouvel hors norme].

Un chapitre du livre de l’auteur réimprimé par Newsweek et reproduit par le Brownstone Institute.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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