Mercantour : faute de neige, une station de ski passe en mode été

Par Epoch Times avec AFP
17 février 2020 12:57 Mis à jour: 18 février 2020 11:45

« J’avais beaucoup de réservations pour des cours de ski mais j’ai tout annulé, c’est terrible », confie une gérante de la station.

Privée de flocons depuis un mois, la petite station de ski de Turini-Camp d’Argent, située dans le massif du Mercantour (Alpes-Maritimes), a fermé ses pistes en pleine période de congés scolaires et propose désormais aux vacanciers de s’essayer à la luge d’été.

« Il s’agit d’une station qui n’est pas équipée d’enneigeurs et elle est donc soumise aux aléas climatiques. Comme la neige n’est pas là cette année et qu’il n’est pas possible de pratiquer le ski en toute sécurité, nous avons décidé de fermer les pistes le 13 février », a expliqué Christophe Ollivier, responsable du développement du syndicat mixte Vésubie-Valdeblore, confirmant une information de Nice-Matin.

« Février c’est la meilleure période pour nous »

Les vacanciers qui avaient réservé des chambres à l’hôtel sont néanmoins venus, mais ils doivent maintenant se rabattre sur la « luge tubbing », une activité qui consiste à dévaler une pente équipée d’un tapis synthétique, assis sur une grosse bouée, et qui d’habitude n’est proposée qu’à partir du mois de juin.

« J’avais beaucoup de réservations pour des cours de ski mais j’ai tout annulé, c’est terrible », déplore Laure Nervi, la gérante de la station : « Février c’est la meilleure période pour nous, celle où d’habitude on travaille le plus ».

Depuis cinq ans qu’elle gère cette station qui compte cinq pistes et trois remontées mécaniques, c’est la première fois que cette mésaventure se produit. « Les années précédentes, nous arrivions à tenir jusqu’à mi-mars, voire fin mars ». Le personnel saisonnier, en dehors de deux moniteurs de ski détachés de la station voisine d’Auron et qui y sont retournés, reste toutefois employé à l’entretien de la station et à l’activité luge d’été – cela représente une demi-douzaine de personnes.

« Il faut réfléchir à autre chose »

« Est-ce qu’on est inquiet pour l’avenir ? Non, on verra, de toute façon, on n’y peut rien », avance Mme Nervi, qui trouve « dommage » que sa station, qui culmine à 1 900 m d’altitude, ne soit pas équipée de canons à neige : « Si on en avait eu, on aurait peut-être pu continuer, et encore, avec les températures qu’on a, ce n’est même pas sûr ».

« Les stations de moyenne altitude, comme c’est le cas pour nombre d’entre elles dans les Alpes du Sud, si elles ne sont pas conçues pour le produit neige, avec des retenues collinaires, ce n’est pas possible, il faut réfléchir à autre chose », pointe M. Ollivier, qui souligne qu’il n’est « pas question » d’installer de gros équipements à Turini-Camp d’Argent.

La Colmiane, l’autre station gérée par le syndicat mixte Vésubie-Valdeblore, située à une altitude plus basse, est, elle, ouverte à 70%, pointe M. Ollivier. Mais elle est équipée d’enneigeurs.

 

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