Paris : à cinq dans un appartement de 12 m² insalubre, un enfant est autiste et le père handicapé

Par Nathalie Dieul
20 février 2021 15:07 Mis à jour: 20 février 2021 15:07

Avec trois enfants dont un bébé de 8 mois et un garçon autiste de 6 ans, la famille Bouziri habite dans un appartement de 12 m² déclaré insalubre dans le XVIIIe arrondissement de Paris en attendant de se voir attribuer un logement social. L’attente dure depuis quatre ans.

« On n’est pas exigeant, on veut juste un peu plus d’espace pour les enfants », explique Mounia Bouziri, la mère de famille, au Parisien. Le logement où ils habitent depuis quatre ans n’est pas seulement minuscule, il a été déclaré insalubre : « Une seule prise qui marche, des souris qui mangent les fils électriques, des toilettes dans la cour et même pas de plaques de cuisson… », détaille Mohammed El Hachemi, le mari de Mounia. Il y a aussi des moisissures sur les murs.

La vie dans ces 12 m² devait être provisoire lors de leur arrivée à Paris, quand la famille Bouziri a quitté l’appartement de 70 m² où elle habitait à Troye, dans l’Aube. La raison de leur départ ? Le diagnostic d’autisme de Jawad, leur fils de 6 ans. « On a sacrifié tout ce qu’on avait pour notre fils Jawad », explique le père de famille.

À Troyes, il n’y avait en effet « quasiment rien » comme aide pour un enfant autiste, alors qu’à Paris, le petit garçon a commencé à parler grâce au suivi adéquat qu’il reçoit dans une classe spécialisée.

Les démarches entreprises par la famille pour obtenir un logement social n’aboutissent pas. Pourtant, ils sont prioritaires, selon une confirmation de la Préfecture de Paris reçue au printemps 2020, en réponse à une lettre qu’ils ont écrite à Emmanuel Macron.

Mounia et son mari ont quand même décidé de rester à Paris afin de permettre à Jawad de s’en sortir quand il sera grand. Mais pour Sana, qui a presque 8 ans et se souvient de l’ancien appartement, c’est difficile de comprendre pourquoi la famille ne retourne pas à Troyes.

Mohammed ne peut plus travailler depuis un accident du travail ; il a des problèmes de dos qui l’obligent à être régulièrement hospitalisé. Impossible donc de louer un appartement plus grand dans le privé avec des revenus de 1 700 euros pour cinq. En attendant un logement social, le couple ne peut payer qu’un loyer comme celui de ce 12 m² pour 450 euros.

« Ici, on ne vit pas, on survit », reconnaît Mounia, désabusée.

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