Vague d’infections Covid non déclarée dans un hôpital de Shanghai, un patient témoigne

Par Rita Li
7 avril 2022 14:18 Mis à jour: 7 avril 2022 14:18

On suspecte qu’une vague d’infections Covid‑19 frappe les hôpitaux de Shanghai alors que le pays est aux prises avec une reprise épidémique sans précédent. La gravité de cette vague en milieu hospitalier est dissimulée aux autorités médicales et locales, a appris Epoch Times.

Ces derniers jours, 95 % des nouvelles infections en Chine continentale ont lieu à Shanghai ou dans la province de Jilin, dans le nord‑est de la Chine. Shanghai enregistre des taux records. Le 3 avril, les responsables locaux de la santé ont annoncé que 19 hôpitaux de Shanghai avaient partiellement suspendu leurs services médicaux étant débordés de patients atteints du Covid‑19.

Un patient de 70 ans, hospitalisé dans une unité de soins intensifs et récemment transféré à l’hôpital Yangsi de la ville. À l’hôpital, il s’est retrouvé en carence d’apport en potassium du fait d’une mauvaise alimentation. Le manque étant important, il est désormais dans un état critique, selon ses proches. Il prend actuellement six comprimés par jour pour obtenir l’apport en potassium dont il a besoin sans consommer de fruits ou de légumes.

« Il n’y a plus d’approvisionnement en aliments pour ceux qui sont dans un état critique », explique son fils, qui préfère garder l’anonymat. « Donc mon père a eu une crise cardiaque, qui a entraîné une infection pulmonaire. »

S’exprimant pour l’édition chinoise d’Epoch Times le 3 avril, il explique que l’hôpital Yangsi a été placé en confinement. Les gens, y compris les médecins, les infirmières, les soignants, les patients et les accompagnateurs, ont été confinés à leurs étages respectifs.

« J’ai entendu parler de cas confirmés qui étaient apparus au premier, deuxième, quatrième et cinquième étage, mais je ne peux pas le vérifier par moi-même. »

Epoch Times a contacté l’hôpital Yangsi de Shanghai le jour même. Le médecin répondant au téléphone a confirmé que l’hôpital était sous quarantaine. Il a ajouté qu’il lui était défendu de connaître la gravité de la situation.

« Je fais partie du personnel ici, mais même moi, je ne sais pas combien [de nouvelles infections] il y a dans l’hôpital, et il n’est pas convenable pour moi de le demander, non plus. »

Des agents de la santé préparent le matériel avant de tester des personnes pour le coronavirus Covid-19 à Shanghai, le 23 mars 2022. (Photo par HECTOR RETAMAL/AFP via Getty Images)

Le fils ajoute que ses efforts pour contacter les autorités locales n’ont mené à rien, ni son message implorant de l’aide sur Weibo (le Twitter chinois) qui a rapidement été censuré et retiré.

« J’étais juste troublé que de tant d’efforts aient été gaspillés pour ça [plutôt que pour ce qui compte vraiment] », a‑t‑il déclaré.

« [La vie et la mort de mon père] sont désormais entre les mains des divinités. »

Trente cas sous‑déclarés

Une patiente a révélé qu’un autre hôpital de Shanghai dissimulait aux autorités l’ampleur de la vague d’infections qui le touchait.

Selon Mme Wei Yan (pseudonyme), au moins 30 patients du troisième âge de l’hôpital Tongkang de Shanghai ont été testés positifs au Covid‑19 le 1er avril. Après vérification auprès des autorités locales, on a constaté que les chiffres de l’hôpital étaient nettement revus à la baisse.

L’hôpital connaît une grave pénurie de personnel infirmier, car beaucoup ont été renvoyés. Inquiète pour sa grand‑mère de 95 ans hospitalisée, Mme Wei a proposé de devenir bénévole pour l’hôpital Tongkang. Mais l’hôpital a rejeté sa proposition, au nom des directives des Centres de contrôle et de prévention des maladies de Shanghai (CDCP).

« L’hôpital n’a rien signalé de la vague d’infection », a‑t‑elle expliqué à Epoch Times le 2 avril, après avoir vérifié les chiffres du CDCP de Shanghai. « Personne au CDPC ne savait qu’il y avait des cas positifs dans cet hôpital avant que je ne les signale. »

Epoch Times a appelé à plusieurs reprises l’hôpital Tongkang de Shanghai pour obtenir des commentaires, mais les appels sont restés sans réponse. Mme Wei a déclaré que ni les patients, ni leurs familles, ni même les employés de l’hôpital, n’étaient informés de la situation soigneusement dissimulée.

Le 3 avril, la ville de Shanghai a enregistré un nombre record de plus de 9 000 cas, contre 8 226 le jour précédent.

Le confinement actuel de la ville a commencé le 28 mars et perturbe sérieusement le quotidien des habitants et les activités commerciales. Initialement, le confinement devait prendre fin à 5 heures du matin, heure locale, le 5 avril. Mais les autorités ont fait savoir au 4 avril que la ville resterait sous confinement, tandis que l’armée et 2 000 travailleurs de la santé ont été envoyés à Shanghai en renfort pour tester les 26 millions d’habitants de la ville.

Gu Xiaohua et Gao Miao ont contribué à cet article.

***
Chers lecteurs,
Abonnez‑vous à nos newsletters pour recevoir notre sélection d’articles sur l’actualité.
https://www.epochtimes.fr/newsletter

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide de l’État et n’appartenant à aucun groupe politique ou financier. Depuis le jour de notre création, nous faisons face à des attaques systématiques pour faire taire la vérité, notamment de la part du parti communiste chinois. C'est pourquoi nous comptons sur votre générosité pour défendre un journalisme indépendant, honnête et en bonne santé. Ensemble, nous pouvons continuer à faire connaître la vérité.