Endoctrinée, elle prenait des hormones pour devenir un homme : une mère raconte la détransition de sa fille

Par Nina Nguyen
15 mai 2022 21:20 Mis à jour: 15 mai 2022 21:20

Une semaine avant ses 18 ans, Emma* annonce à sa famille qu’elle est un homme.

« Nous étions vraiment sceptiques », raconte sa mère, Judith Hunter. « Elle n’avait pas d’antécédents de dysphorie de genre, mais cela faisait trois ans qu’elle avait de gros problèmes psychologiques. »

Malgré l’objection de la famille, Emma se rend dans une clinique de réassignation sexuelle en Nouvelle‑Galles du Sud, en Australie, exprimant son souhait de faire une transition sexuelle. Les médecins acceptent rapidement et après la signature d’un formulaire de consentement éclairé et un rendez‑vous d’une heure, Emma est mise sous testostérone.

Lorsque Mme Hunter se précipite à l’hôpital et demande à voir sa fille, les médecins lui répondent qu’elle a un fils.

J’ai dit : « C’est ridicule », se souvient Mme Hunter. « [Puis] on m’a traitée de mauvaise mère, de personne intolérante et transphobe. On m’a dit que j’avais un fils maintenant et que ma fille était morte. »

« Pourquoi la profession médicale veut‑elle détruire des familles et attaque des parents qui essaient juste d’aider leurs enfants ? »

« C’est juste pervers », ajoute‑t‑elle. « Tout cela est justifié par des goûts et des impressions personnelles. Mais nos goûts et nos impressions vont changer au cours de la vie ! »

Une nouvelle identité sexuelle

Au bout de quelques mois seulement, Mme Hunter ne reconnaît plus sa fille. Emma se rase les cheveux, porte des vêtements masculins et utilise un pronom masculin. Elle s’éloigne de sa famille.

« Tous les jours, elle nous agressait verbalement. Elle nous disait que nous étions horribles, transphobes, intolérants, mauvais », se souvient Mme Hunter, en colère en se rappelant que son fils, alors âgé de 14 ans, se mettait en boule sur le sol, suppliant sa sœur d’arrêter.

« Globalement, notre foyer s’était transformé en une zone de combats. »

Rapidement, la famille est au bord de la rupture. Finalement, ils n’ont pas d’autre choix que de mettre Emma à la porte. Elle abandonne le lycée en 11e année, et passe trois ans à vivre hors de chez elle, sans emploi et ne comptant que sur les allocations gouvernementales.

Puis, en 2021, Emma annonce à sa famille qu’elle ne leur parlera plus jamais et coupe le contact.

« Pendant la majeure partie de ces trois années, notre famille était totalement anéantie », explique Mme Hunter. « Nous étions tout simplement une famille brisée. »

« Nous vivions l’enfer parce que des médecins avaient retourné notre fille contre nous. »

Lorsque Mme Hunter a ouvert l’historique de navigation de l’ordinateur d’Emma, elle a compris ce qui avait poussé sa fille sur cette voie irréversible de transition médicalisée.

« C’était plein de sites transgenres, de vidéos de filles prenant de la testostérone, se faisant couper des parties du corps, s’encourageant les unes les autres, ‘tu peux le faire, tu te sentiras mieux, c’est la solution à tes problèmes d’adolescence' », raconte Mme Hunter, effarée.

« C’est comme un mode d’emploi en ligne, quoi faire, quoi dire, comment traiter vos parents. On leur explique : ‘Dites aux médecins que si vos parents ne sont pas d’accord, vous vous suiciderez, vous finirez à l’hôpital où le personnel hospitalier se retournera contre vos parents et vous soutiendra.’ »

« Et c’est exactement ce qui s’est passé. »

Contagion sociale

Emma fait partie de ces jeunes toujours plus nombreux souffrant d’une « dysphorie de genre à apparition rapide ». Ce trouble touche des personnes jeunes qui n’ont aucun antécédent en matière de problèmes d’identité mais qui sont influencées pendant la puberté et ont du mal à s’intégrer socialement.

« C’est ce que nous appelons une épidémie psychique. On peut vraiment faire l’analogie avec le Covid, sauf que là c’est dans le domaine physique », explique pour Epoch Times Dianna Kenny, ancienne professeure de psychologie à l’université de Sydney et aujourd’hui consultante en psychologie et psychothérapie.

« L’homme est un animal social. Les gens ont tendance à se copier les uns les autres pour se rassembler. Les jeunes s’accrochent aux influenceurs et croient tout ce qu’ils disent, même quand c’est faux. »

En 2018, Lisa Littman, professeure à l’université Brown, a inventé le concept de « contagion sociale ». Selon son étude révolutionnaire, sur 256 parents interrogés avec des enfants transidentifiés, plus de 86 % ont déclaré que leur enfant avait soit augmenter son utilisation des médias sociaux/Internet, soit avait un ou plusieurs amis s’identifiant comme trans pendant la même période, soit les deux. Parmi ce groupe, les adolescentes et les personnes souffrant de troubles mentaux constituaient la majorité.

« Le contenu en ligne peut encourager les personnes vulnérables à croire que des symptômes non spécifiques et des sentiments vagues doivent être interprétés comme une dysphorie de genre découlant d’un état transgenre », indique l’étude.

Ce qui est notable, par ailleurs, c’est que la plupart de ces enfants (60,7 %) ont bénéficié d’une popularité accrue après s’être déclarés transgenres, et que 60 % de leurs groupes d’amis se moquaient des personnes non LGBT.

Selon l’auteure, ce phénomène s’observe également chez les personnes qui développent des symptômes d’anorexie lorsqu’elles tentent de se conformer à certaines normes d’image corporelle fixées par leurs groupes d’amis. Dans cette dynamique de groupe, les « meilleures » anorexiques – qui sont les plus minces et présentent le plus de complications médicales – sont admirées, tandis que celles qui veulent se rétablir de l’anorexie sont calomniées et ridiculisées.

« Beaucoup de jeunes pensent que [se déclarer trans] est une solution parce que soudain ils se sentent acceptés, ils se sentent spéciaux », ajoute le Dr Kenny.

« [Mais] peu importe à quel point vous le dites fort, ou à quel point vous critiquez les personnes qui disent le contraire, cela ne change pas le fait scientifique que le sexe est dimorphe. Chaque morceau de chromosome et d’ADN dans le corps d’une personne a soit les chromosomes mâles, soit les chromosomes femelles. C’est ainsi que le corps humain est fait, et tout le reste est de la fiction. »

« Les militants transgenres essaient de renverser des milliers d’années de science. »

Drapeau de la fierté transgenre à New York, le 28 juin 2019. (Angela Weiss/AFP/Getty Images)

Ce sentiment a été repris par le psychiatre Tanveer Ahmed, qui a accompagné de nombreux patients atteints de dysphorie de genre. Il explique pour Epoch Times que « beaucoup de problèmes psychologiques surviennent lorsque nous faisons de la subjectivité l’étalon de toutes les vérités ».

« Le mouvement trans en est l’exemple parfait », ajoute‑t‑il. Selon lui, « l’identité de genre » est un concept « très nouveau » et il tend à normaliser le fait qu’une personne puisse ne pas s’identifier à son sexe de naissance sous prétexte que la sexualité est une construction sociale.

Selon le Dr Ahmed, ces idées sont fondées sur une « idéologie marxiste » qui considère le « monde de type hétérosexuel masculin » comme « un lieu de pouvoir supprimant tous les autres groupes », parmi lesquels les trans sont les plus vulnérables.

« C’est un mouvement très problématique. »

Le chemin du retour

En novembre 2021, la famille de Mme Hunter a connu un tournant. Ils ont finalement réussi à entrer en contact avec Emma pour la première fois en un an. Les interactions se sont intensifiées au fil du temps jusqu’au début du mois de janvier 2022, lorsque Mme Hunter a soudain reçu un appel de sa fille. Emma était dans un service psychiatrique. Mme Hunter s’est à nouveau précipitée à l’hôpital, mais il n’y a pas eu de conflit cette fois‑ci.

Emma a informé sa mère qu’elle regrettait vraiment d’avoir voulu faire une transition, elle avait mis de côté son traitement hormonal depuis plus d’un an.

« Je pense qu’elle a commencé à réaliser que ça ne l’aidait pas. Ça n’améliorait rien. Elle a perdu en gros trois ans de sa vie », explique Mme Hunter. « Psychologiquement, il faut vraiment faire un gros travail pour admettre qu’une décision prise à l’adolescence allait avoir des conséquences pour toute la vie. »

Les 18 mois de testostérone ont affecté le corps d’Emma. Sa voix féminine est devenue plus grave, la ligne des cheveux a reculé et la graisse corporelle a été redistribuée. La testostérone a également entraîné l’apparition de poils sur le visage et une augmentation de la pilosité sur le reste du corps. Sa mère note également que la forme de son corps a globalement changé de manière assez nette.

« Je crois vraiment que cela agrandit le clitoris des femmes de manière significative », déclare Mme Hunter.

« Si vous prenez de la testostérone pendant assez longtemps, cela va atrophier votre utérus, ce qui provoque ensuite des douleurs et une sécheresse de l’utérus. Et parfois, cela signifie que vous devez subir une hystérectomie. Ou peut‑être que vous ne pourrez plus avoir d’enfant. »

« Elle déteste ce que ça a fait à son corps, les changements que ça a apportés », poursuit Mme Hunter. « Mais ils ne sont pas réversibles. »

La mère ne comprend pas comment des médecins sont capables de prendre de telles décisions si rapidement et pour des personnes d’un si jeune âge.

« C’est tout simplement incroyable. Sur le plan médical, c’est un scandale. »

Les traitements hormonaux entraînent des dommages irréversibles dans l’organisme, le 29 juin 2015. (Hastywords/Pixabay)

Un long chemin vers la guérison

Le nombre de personnes souhaitant se détransitionner a augmenté au cours des dernières années.

Selon une étude menée en 2021 auprès de 237 participants en détransition, l’âge moyen des transitions est de 23 ans. Les raisons les plus fréquentes de la détransition sont la prise de conscience que la dysphorie de genre est liée à d’autres problèmes (70 %), les problèmes de santé (62 %) et le fait que la transition ne soulage pas leur dysphorie (50 %). Par ailleurs, la plupart d’entre eux (60 %) ont admis qu’ils regrettaient d’avoir fait cette transition.

« Je pense que beaucoup de gens cerne ou formule mal le problème. Le fait d’être trans est considéré comme une solution, alors qu’en réalité, c’est le résultat d’une perturbation psychologique plus large », explique le Dr Ahmed. Il ajoute qu’entre 80 et 85 % des personnes transidentifiées ne se perçoivent plus comme tel après quelques années.

« La réalité est que beaucoup de ces personnes ont besoin de travailler sur leur identité. Ensuite, les problèmes liés à leur identité de genre sont résolus, mais pas l’inverse. »

Afin d’aider les enfants transidentitaires, les gens devraient trouver « le juste milieu », affirme‑t‑il.

« Il n’est pas question d’être pour, il est question de faire preuve d’empathie et de soutien et de reconnaître leur souffrance. »

Mme Hunter comprend cela profondément. Au cours des deux premiers mois qui ont suivi son retour, Emma est à peine sortie du lit. Mais la famille a persisté à essayer de communiquer. Ils l’ont encouragée à se remettre sur pied et à reprendre le cours de sa vie. Il y a toujours des hauts et des bas, mais Mme Hunter a remarqué des signes positifs. Récemment, Emma a décidé de passer le permis de conduire.

« Et ça, pour moi, c’est une chose vraiment, vraiment positive qui va dans la bonne direction, dans la direction d’une nouvelle vie », explique la maman. « Elle a 21 ans maintenant et elle n’a jamais essayé d’avoir le permis. Elle doit passer son examen cette semaine et nous espérons qu’elle réussira. »

Actuellement, Emma se remet encore de son expérience et donne la priorité à sa santé mentale, poursuit la mère, il est encore trop tôt pour elle d’en parler avec Epoch Times.

« Le chemin de la guérison va être très, très long. »

À l’approche des élections fédérales, Mme Hunter est devenue un des porte‑paroles de la campagne nationale non partisane « Respect My Sex » qui encourage les Australiens à faire pression sur leurs responsables locaux sur des questions telles que l’inclusion des hommes dans les sports féminins, les hommes dans les espaces non mixtes réservés aux femmes ainsi que la transition médicale des jeunes.

La campagne est menée par un groupe de femmes, dont Karyn Lisignoli, ancienne directrice générale des Girl Guides WA ; Sall Grover, fondatrice de Giggle, le réseau social pour les femmes ; et Bronwyn Winter, professeur émérite de l’université de Sydney.

Malgré les nombreuses épreuves que la famille a traversées, Mme Hunter sait qu’il y a une chose qui ne change pas, l’amour inconditionnel d’une mère pour son enfant.

« On ne cesse jamais d’aimer ses enfants, on ne cesse jamais de vouloir être là pour eux. Mais on n’est pas obligé d’être d’accord avec tout ce qu’ils font, surtout si on pense que c’est nuisible », dit‑elle.

« Mais je ne lui dirais jamais : ‘Je te l’avais dit’. Je lui dirais simplement : ‘Je suis là et je t’aiderai, quels que soient tes besoins.’ »

*Epoch Times a changé le nom d’Emma pour préserver sa vie privée.

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