Sans que vous le sachiez, les industriels peuvent changer les recettes à base d’œufs et de volaille sans l’indiquer sur l’emballage

Par Nathalie Dieul
13 septembre 2022 09:38 Mis à jour: 13 septembre 2022 09:38

Savez-vous vraiment ce que vous mangez ? Même si vous lisez attentivement les étiquettes des produits que vous achetez, il se peut désormais que cela ne corresponde pas à la réalité à cause de dérogations accordées par la Répression des fraudes.

Si vous choisissez la mousse au chocolat noir Ekia et ibaski parce qu’elle contient des « œufs plein air », sachez que ces derniers sont maintenant substitués par des œufs conventionnels malgré le fait que l’emballage indique encore cette mention. Donc en regardant le paquet, vous n’avez aucun moyen d’être au courant de ce changement.

« Aujourd’hui nous ne sommes pas équipés pour apposer un autocollant ou l’ajout de la mention DEROG dans le pavé de datage », précise la fiche indiquant le changement pour ce produit sur le site de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

« Tensions d’approvisionnement »

À cause de « tensions d’approvisionnement » sur les ingrédients à base de volaille et d’œufs, les industriels ont obtenu l’autorisation de modifier la composition de leurs produits alimentaires sans pour autant être obligés de l’indiquer sur l’emballage.

La raison de ces difficultés d’approvisionnement ? « L’épidémie de grippe aviaire, qui sévit en France depuis novembre 2021, affecte l’approvisionnement de l’industrie alimentaire pour la production de certaines denrées fabriquées à partir d’œufs/ovoproduits ou d’ingrédients issus de volailles (graisse de canard…) », indique le communiqué de presse de la DGCCRF.

Ces dérogations d’étiquetages concernent également des produits alimentaires ou cosmétiques dont les ingrédients sont difficiles à trouver en raison de la guerre en Ukraine. Au total, 4597 produits ont ainsi vu leur composition modifiée, une partie d’entre eux se retrouvant avec de l’huile de palme cancérigène à la place d’une autre huile végétale.

Des rillettes de canard faites à base de… poulet

En ce qui concerne la volaille, on peut voir que du poulet d’origine de l’UE a été remplacé par du poulet d’origine de Thaïlande dans plusieurs recettes de mets préparés. Des volailles étiquetées « sans OGM » sont maintenant nourries avec des aliments contenant des OGM. Dans ce dernier cas, la mention « sans OGM » est toutefois censée être masquée.

À cause d’une pénurie de viande de canard, celle-ci peut être désormais remplacée par du poulet, par exemple dans une recette de rillettes de canard sans que cela soit indiqué sur l’étiquette, rapporte BFMTV. Ce n’est pas le cas en ce moment, en tout cas selon une recherche dans la liste de la DGCCRF, mais en théorie c’est tout à fait possible, s’indigne UFC Que choisir.

Des œufs « de plein air » pondus par des poules confinées

Du côté des œufs dits « de plein air », l’étiquetage reste inchangé même si les poules sont actuellement confinées à cause de l’épidémie de grippe aviaire. Des affichettes doivent l’indiquer en magasin, mais 60 millions de consommateurs est allé vérifier dans quatre supermarchés d’une ville de banlieue parisienne. L’information était visible seulement dans deux des magasins. « Dans les deux autres, les consommateurs continuent donc à acheter leurs œufs sans être correctement informés », conclut l’organisme.

En principe, toutes ces dérogations ne sont que provisoires. Le seront-elles vraiment ? « Les dérogations acceptées sont accordées pour une durée de 6 mois maximum à compter de la date de la demande. Elles feront l’objet d’un réexamen au bout de 3 mois », indique la Répression des fraudes.

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