« Je ne peux pas regarder mon père en train de mourir à la maison » : Shanghai confiné, les habitants se voient refuser des soins médicaux

Par Rita Li
2 avril 2022 21:15 Mis à jour: 2 avril 2022 21:18

Actuellement, à Shanghai, bien des habitants vivent des situations critiques. Du fait des sévères restrictions imposées par la ville pour prévenir le Covid, les habitants à la santé fragile doivent se battre pour avoir accès à des services médicaux.

Confronté à une nouvelle vague d’infections au Covid-19, Shanghai a décidé de lancer le plus grand confinement urbain du pays depuis celui de Wuhan. Les autorités sont déterminées à couper la chaîne d’infection quoi qu’il en coûte. Ainsi, depuis le 28 mars, les 26 millions d’habitants du centre portuaire et financier sont soumis à des tests de dépistage obligatoires, et ce, pour une durée de neuf jours.

Depuis le 26 mars, 36 hôpitaux de Shanghai ont été désignés comme sites de traitement spécial pour les patients atteints du Covid.

Des habitants ont signalé à l’édition en langue chinoise d’Epoch Times que bien des personnes âgées confinées chez elles étaient en danger, se voyant refuser tout traitement. Le personnel hospitalier est débordé par la reprise épidémique. Les tentatives de suicides sont nombreuses.

Un habitant du nouveau district de Pudong, prénommé Dong, dont le père a une insuffisance rénale et qui doit subir une dialyse (nettoyage du sang) trois fois par semaine, a demandé de l’aide sur les médias sociaux chinois.

« Mon père n’a pas eu d’hémodialyse depuis quatre jours et maintenant ses pieds ont développé des œdèmes. Un taux élevé de potassium dans le sang endommagerait également le cœur, et mettrait ses jours est en danger », a-t-il déclaré à Epoch Times le 28 mars.

« Toutes mes demandes sont restées sans réponse, mais je ne peux pas regarder mon père attendre la mort à la maison. » Son message de lundi a suscité d’intenses réactions. Un internaute de Pudong a déclaré qu’un de ses parents n’avait pas non plus reçu de dialyse depuis une semaine, après avoir été rejeté par l’hôpital de Shanghai Est et l’hôpital de Pudong.

Un agent des transports en commun, portant un équipement de protection, contrôle l’accès à un tunnel en direction du district de Pudong en confinement (Photo par HECTOR RETAMAL/AFP via Getty Images)

Bien que la dialyse soit le traitement le plus courant de l’urémie, seul un hôpital du district de Pudong prend actuellement les patients confinés, selon Dong. Deux autres patients du quartier sont également désespérés de faire une dialyse.

« Il y a probablement des centaines ou des milliers d’autres patients qui en ont besoin dans tout Pudong », a-t-il déclaré. Selon lui, toutes ces mesures liées Covid risquent de faire bien plus de victimes que l’épidémie elle-même.

À l’heure de la mise sous presse, M. Dong a posté une autre mise à jour indiquant que son père a finalement subi une dialyse le 29 mars.

Augmentation des suicides

Pendant ce temps, un vieil homme s’est jeté de son immeuble dans le district de Minhang, comme le montre une vidéo diffusée en ligne.

Lin (pseudonyme), une habitante de Shanghai du même quartier, a confirmé le 28 mars à Epoch Times que l’homme mort de sa chute avait environ 70 ans.

« J’ai entendu dire qu’il l’a fait à cause de son mauvais état de santé. Il semble qu’il souffrait d’un cancer et la douleur était insupportable », a-t-elle déclaré. Un comité local aurait refusé de lui fournir des médicaments.

Les médias chinois ont démenti cette allégation, la qualifiant de rumeur. Epoch Times a appelé à plusieurs reprises les autorités locales, mais les appels sont restés sans réponse.

Wang, un citoyen de Pudong, a déclaré à Epoch Times le 27 mars qu’une jeune fille de 14 ans avait sauté de chez elle à Kangqiaozhen, dans le district de Pudong, après avoir été testée positive au Covid. Epoch Times ne peut pas vérifier les faits de manière indépendante.

« Sa mère a pleuré, elle voulait mourir aussi. »

« Les gens ont fait tellement de tests d’acides nucléiques encore et encore », a-t-il ajouté. « [Les autorités] devraient réfléchir à ce qui se passe et réfléchir sur la cause. Mais quand je l’ai dit en ligne, ils ont suspendu mon compte. »

La semaine dernière, une infirmière de Shanghai est morte d’une crise d’asthme après avoir été refoulée de l’hôpital où elle était employée. On lui a dit que la salle d’urgence était fermée pour désinfection dans le cadre des restrictions visant à prévenir le Covid-19.

Shanghai a établi un nouveau record de cas le 28 mars, avec un total de 4 477 personnes infectées, selon les données officielles, ce qui représente environ deux tiers du total national déclaré.

Yi Ru et Lin Cenxin ont contribué à cet article.

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