Manche: le terrain d’un agriculteur squatté par plus de 200 caravanes et «personne ne bouge»

Par Emmanuelle Bourdy
10 août 2022 16:11 Mis à jour: 10 août 2022 16:11

Lorsque Benoît Garnier, agriculteur à Digosville (Manche), a découvert son champ envahit par des caravanes appartenant à des gens du voyage, il s’est senti très impuissant. Il a bien essayé de les en empêcher mais face au nombre, il a vite capitulé. Et que ce soit les forces de l’ordre ou l’agglomération, aucun d’eux n’a pu trouver une solution pour que ces personnes quittent cet endroit.   

Depuis ce dimanche 7 août en début d’après-midi, 200 caravanes ont envahi les quatre hectares de terrain de cet agriculteur, basé à Digosville, rapporte La Presse de la Manche. C’est un voisin qui l’a alerté. Benoît Garnier est d’autant plus désolé de la situation que l’herbe de ce champ était destinée à nourrir ses vaches laitières.

« C’est comme s’ils entraient dans votre jardin ! »

« Quand je suis arrivé, une centaine était déjà entrée. J’ai appelé la gendarmerie, qui était déjà au courant, et arrivait même sur place. Alors je me suis mis en travers pour les arrêter. Mais on se sent vite seul face à plus de 200 caravanes », raconte-t-il. Il ajoute, dépité, que la gendarmerie lui a assuré qu’elle ne pouvait rien faire, « pas même [l]’aider pour qu’ils ne s’installent pas », soulignant encore qu’elle a « juste fait la circulation ! » Il est également entré en contact avec l’agglomération, mais aucune solution n’a pu être trouvée, précise La Presse de la Manche.

Lorsque Benoît Garnier a eu connaissance de ce qui se passait, il a bien tenté de bloquer l’accès à sa propriété mais étant seulement accompagné de son épouse, il n’a pas réussi. « C’est incroyable que des gens puissent rentrer comme ça, chez vous, sans que personne ne bouge. C’est comme s’ils entraient dans votre jardin ! » se désole l’agriculteur, qui craint que sa prairie ne soit détruite après ce passage. Il a de surcroît constaté que les caravaniers avaient rapidement raccordé leurs véhicules aux bornes incendies des pompiers, afin de pouvoir disposer de l’eau et de l’électricité.

« Si je témoigne, c’est surtout pour faire réagir les élus »

Une discussion entre lui et deux pasteurs de la communauté s’est engagée, afin de trouver un compromis. Ces derniers ont expliqué à Benoît Garnier qu’ils n’avaient « aucun terrain pour s’installer ». C’est alors qu’ils lui ont proposé de l’argent pour louer le terrain, et lui ont fait signer un papier. « Je n’aurai sûrement pas dû. Mais encore une fois, tout seul face à eux, je me suis senti complètement dépourvu. Qu’est-ce que je pouvais faire ? D’autant que si les pasteurs étaient calmes, les autres étaient plus chauds… », explique le propriétaire du champ squatté.

Mais le fait qu’il ait signé cet accord avec eux – pour une durée censée être de quinze jours – rend maintenant impossible un dépôt de plainte, précisent nos confrères. L’agriculteur doit discuter avec un médiateur dès la fin de semaine, pour s’entretenir avec lui sur d’éventuels dégâts que le campement occasionnerait. « Si je témoigne, c’est surtout pour faire réagir les élus », conclut l’agriculteur, qui se dit « bien seul face à la problématique ».

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