« Un régime mondial de terreur politique » : Pékin a ramené de force 10.000 citoyens d’outre-mer depuis 2014, selon un rapport

Par Dorothy Li
26 janvier 2022 17:37 Mis à jour: 26 janvier 2022 17:37

Le Parti communiste chinois (PCC) a capturé près de 10 000 « fugitifs » de l’étranger depuis 2014, dans une campagne employant des méthodes allant de l’enlèvement à l’intimidation des familles, selon un nouveau rapport.

Sous couvert d’une campagne de lutte contre la corruption, le régime chinois a lancé l’opération Fox Hunt en 2014, suivie d’une opération plus large Sky Net en 2015, qui visait à rapatrier les fonctionnaires qui se comportent mal et d’autres criminels économiques.

Le groupe de défense des droits de l’homme Safeguard Defenders, dans un rapport du 18 janvier, a décrit la campagne de rapatriement de Pékin comme créant un « régime mondial de terreur politique ».

Le rapport souligne les efforts continus du PCC pour traquer des cibles à l’étranger pendant la pandémie, malgré le confinement et les restrictions de voyage dans le monde entier. Le régime chinois a ramené 1 421 personnes en 2020, et 1 114 au cours des 11 premiers mois de 2021, selon le rapport.

« Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg », selon Laura Heath, directrice de Safeguard Defender, à l’émission « China Insider » d’EpochTV. Elle a fait remarquer que de nombreuses autres victimes pourraient être réduites au silence.

« Je pense que de nombreux pays ne sont peut‑être pas conscients de ce qui se passe », a déclaré Mme Heath. « Je pense qu’il y a encore beaucoup de naïveté en ce qui concerne les opérations menées par le Parti communiste chinois ».

Alors que les opérations Fox Hunt et Sky Net visent officiellement les personnes censées avoir commis des crimes économiques ou des crimes liés à leurs fonctions officielles, Safeguard Defenders a découvert de nombreux cas qui dépassent ce cadre. Les dissidents, les Ouïghours, les Hongkongais et les pratiquants de Falun Gong font partie des cibles étrangères poursuivies par le PCC, selon l’organisation.

Des pancartes montrant le libraire disparu Gui Minhai (à droite) sont laissées par des membres du Parti républicain devant le bureau de liaison avec la Chine à Hong Kong, le 19 janvier 2016. (Philippe Lopez/AFP via Getty Images)

Gui Minhai, un libraire suédois d’origine chinoise, a disparu de sa maison de vacances en Thaïlande en 2015. Gui Minhai est ensuite réapparu en détention en Chine. En 2020, un tribunal de la ville de Ningbo a indiqué dans un communiqué que Gui Minhai avait été condamné à 10 ans de prison pour avoir « fourni des renseignements » à des étrangers. Gui Minhai était l’un des actionnaires d’une librairie basée à Hong Kong, spécialisée dans la vente de livres critiques envers le PCC.

Le rapport de 62 pages explore les trois méthodes, autres que les processus formels d’extradition, déployées par le PCC pour forcer leurs cibles à rentrer : menacer leurs familles en Chine, envoyer des agents à l’étranger pour les intimider directement, les kidnapper.

Avec ces opérations, le message du PCC est que « nulle part n’est sûr », indique le rapport.

La majorité des personnes ramenées par le PCC seront « poursuivies dans l’un de ces procès fictifs et finiront en prison », selon Mme Heath.

En 2020 et 2021, le Département de la Justice des États‑Unis a inculpé neuf personnes pour leur rôle présumé dans un stratagème visant à intimider un résident du New Jersey pour qu’il retourne en Chine, dans le cadre de l’opération Fox Hunt.

Les opérations mondiales du régime sont appelées à se poursuivre, a déclaré Mme Heath. Elle a exhorté les gouvernements à enquêter sur la conduite de ces opérations sur leur sol.

De 2012 à 2020, le nombre de demandeurs d’asile chinois a augmenté de 700 %, selon le rapport, qui cite des données du Haut‑Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Ce chiffre ne comprend pas les quelque 88 000 demandes déposées par des Hongkongais dans le cadre du nouveau régime d’immigration du Royaume‑Uni.


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