Cancer du sein : une patiente guérie grâce à l’immunothérapie

C’est une avancée majeure : de nombreux patients frappés par un cancer du sein ou du poumon peuvent éviter la chimiothérapie et ses terribles effets secondaires, selon des études publiées dimanche qui devraient bouleverser la façon dont les cancers sont soignés.

La première bonne nouvelle concerne les femmes ayant eu un cancer du sein. Jusqu’à 70 % d’entre elles peuvent éviter la chimiothérapie, en fonction des résultats d’un test génétique existant et se contenter des médicaments hormonaux habituellement prescrits après une opération pour retirer la tumeur.

Atteinte d’un cancer du sein à un stade avancé, une femme de 49 ans a été soignée par immunothérapie. Dans un état de santé critique, la patiente a bénéficié d’un traitement expérimental. Des cellules cancéreuses (les métastases) avaient colonisé des organes voisins et atteint le foie.

Selon une étude publiée dans Nature Medicine, cette nouvelle thérapie s’est révérée performante car la patiente a été rapidement rétablie.

Quel est le procédé ?

L’immunothérapie est un procédé qui permet de stimuler les défenses immunitaires et qui a déjà fait ses preuves pour certains cancers comme celui du poumon, du col de l’utérus, du sang, de la peau et de la prostaste.

La méthode consiste à prélever des lymphocytes (cellules immunitaires) sur une tumeur de la patiente, à les manipuler et à les réimplanter. Ils sont ensuite triés afin d’observer ceux qui reconnaissent les cellules cancéreuses.

Puis réactivés, ils s’attaqueront aux cellules cancéreuses, aidés par un « inhibiteur des points de contrôle de l’immunité », pour débloquer la contre-attaque du système immunitaire, communique l’étude.

Les chercheurs ont ainsi créé un remède anticancéreuse « hautement personnalisée » qui a permis « une régression totale de la tumeur ». La réaction au traitement a été « sans précédent » dans un cas aussi grave, selon l’un des analystes.

Pour le type le plus commun de cancer du poumon l’immunothérapie offre un espoir immense

Les médicaments d’immunothérapie aident le système immunitaire du patient à faire ce qu’il est censé faire : détecter et attaquer la tumeur. La méthode ne fonctionne pas contre tous les types de cancers et peut provoquer de graves effets secondaires, parfois au point que les patients cessent le traitement.

Pour le dernier essai clinique, financé par Laboratoire pharmaceutique mondial MSD, les chercheurs ont comparé l’efficacité de la prise seule de Keytruda à la chimiothérapie (l’effet de la combinaison des deux protocoles a été étudié séparément, et montre de bons résultats dans certains cas).

Les patients soignés d’abord par le pembrolizumab ont vécu quatre à huit mois de plus que ceux qui n’ont reçu que de la chimiothérapie. Surtout, ils ont été moins nombreux à subir des effets secondaires graves (18% contre 41%).

« Notre étude montre que le pembrolizumab est meilleur que la chimiothérapie pour deux tiers des gens qui ont le type de cancer de poumon le plus fréquent », dit l’auteur principal de l’essai, le cancérologue Gilberto Lopes, du centre hospitalier universitaire de Miami.

Les chercheurs notent avec insistance que de nombreux essais restent à accomplir. Aucun ne s’avance à dire que la chimiothérapie disparaîtra pour tous les cancers. Mais l’optimisme était de mise.

« Nous sommes en train de quitter l’ère où la seule solution était la chimiothérapie », s’est réjoui John Heymach, cancérologue au centre MD Anderson au Texas.

 
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