L’alcoolisme l’empêchait de réaliser son rêve – maintenant il partage sa passion avec le monde entier

"J'ai réalisé à ce moment-là que j'allais devoir y mettre un stop »

Toute création qui en vaut la peine commence par un rêve. D’où proviennent les compositions de Frédéric Chopin, de Tchaïkovski et les œuvres d’art de Claude Monet – d’un rêve, d’une inspiration, d’une seule pensée. Tous les rêves n’aboutissent pas nécessairement au but convoité. Souvent aujourd’hui les mauvaises habitudes telles le jeu ou l’alcoolisme empiètent sur la réalisation des rêves de certains.

L’alcoolisme peut empêcher les gens de réaliser leur plein potentiel et peut aussi détruire des vies. Cet homme s’est battu avec l’alcool pendant des années, mais maintenant on l’appelle le Maestro.

George Marriner Maull a grandi à Philadelphie, en Pennsylvanie, aux États-Unis, au sein d’un milieu musical. La musique a été le maître-pilier sur lequel il a appuyé sa vie.

Sa mère était une pianiste classique hautement qualifiée, et il a commencé à apprendre d’elle à un très jeune âge.

Cependant, elle a rapidement découvert qu’il serait difficile de former ses propres fils. Ainsi, à partir de la quatrième année, le jeune George et son frère ont fréquenté la chorale d’école St. Peter’s Choir School, et se sont ainsi plongés davantage dans la musique.

En plus d’un programme scolaire complet, M. Maull a étudié le piano et le chant.

(pixabay)

« C’était vraiment intense. C’était beaucoup de spectacles », a déclaré M. Maull à Epoch Times.

George Maull a poursuivi sa passion pour la musique jusqu’à l’école secondaire. Heureusement, l’éducation musicale occupait une place prépondérante à Philadelphie dans les années 1960 lorsqu’il a commencé à fréquenter l’école publique.

Un jour par hasard, le jeune Maull a rencontré un mentor à l’école. Il l’avait entendu jouer la Symphonie du Nouveau Monde, de A. Dvorak dans la salle, et il s’est dirigé vers le son.

Un enseignant nommé Dr Feinberg a ouvert la porte de la salle de classe et a vu le jeune Maull assis à l’extérieur en train d’écouter. Il lui a jovialement demandé s’il ne serait pas plus à l’aise dans une chaise.

George Mariner Maull. (Gracieuseté de L.D. Bright Photography)

Le jeune Maull a fini par assister aux cours en tant qu’étudiant libre, et le Dr Feinberg est devenu un mentor proche.

« Il est devenu l’une des plus grandes influences de ma vie. C’était un génie de l’enseignement de l’écoute de la musique. J’étais comme une éponge qui en attendait toujours plus« , se souvient M. Maull.

Dr Feinberg devint son professeur de piano, puis M. Maull a également appris l’alto. Il est devenu de plus en plus attiré par la musique classique et enfin une carrière dans la musique l’a interpelé. Mais à l’adolescence, il a découvert quelque chose d’autre qui l’intéressait.

George Maull vivait avec sa mère et son frère dans la maison de ses grands-parents durant sa jeunesse.

Les frères de sa grand-mère étaient alcooliques, et la famille était consciente des dommages que l’alcoolisme peut causer.

« Comme tout bon garçon, plus ils disaient qu’il ne faut jamais essayer l’alcool, plus je ne pouvais attendre pour l’essayer », explique M. Maull.

Sa consommation d’alcool a commencé assez innocemment, et M. Maull buvait socialement avec des amis.

Vers l’âge de 16 ans, il a commencé à découvrir les effets engourdissants de l’alcool.

« C’était comme un remède universel. C’était une potion magique qui vous permettait de ne ressentir aucun sentiment que vous ne vouliez pas gérer à ce moment-là », explique-t-il. « Cela peut être aussi insignifiant que l’ennui, ou aussi douloureux que certaines blessures ou peines que vous avez subies.

« Si vous ne vouliez pas ressentir quelque chose, je me suis vite rendu compte que boire de l’alcool était quelque chose qui pouvait, au moins temporairement, faire disparaître les sentiments. »

M. Maull a également découvert que l’alcool facilitait ses contacts sociaux et levait ses inhibitions.

(Gracieuseté de Daniel Hedden)

La mère du jeune Maull est décédée alors qu’il se demandait où aller après l’école secondaire.

Il a senti qu’il avait besoin d’un peu d’espace et s’est retrouvé à l’école de musique de l’Université de Louisville.

Il a bien réussi, et à la fin de sa deuxième année, il a passé l’audition et a obtenu une place dans la section des altistes de l’Orchestre de Louisville.

On lui a offert une bourse complète à l’école supérieure de musique de l’université et il a été nommé chef d’orchestre du Louisville Ballet à la sortie de l’école supérieure.

Avant de s’en rendre compte, il avait quatre postes de direction d’orchestre à Louisville.

Pour tenter de contrôler sa consommation d’alcool, il a établi des règles, comme ne jamais boire avant une répétition ou un concert.

Cependant, ces règles ne traitaient pas la dépendance sous-jacente.

« À la fin de la journée, je me donnais la permission de boire jusqu’à l’état d’ébriété. Il va sans dire que cela vous affecte dans tous les domaines, en quelque sorte », explique M. Maull.

Il a déménagé à New York en 1975 pour poursuivre sa carrière dans la musique classique, et quand il est arrivé, il n’avait pas de travail.

Sa consommation d’alcool a augmenté jusqu’à la consommation quotidienne, et il a commencé à enfreindre certaines de ses anciennes règles.

« Je me suis retrouvé en train de boire tous les jours et je ne me souciais presque pas des conséquences », se souvient-il.

Quand il a commencé à travailler à temps plein, il a rétabli ses propres règles.


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Avec le temps, il a commencé à laisser passer certaines règles. La règle « pas d’alcool avant le dîner » a été assouplie s’il n’avait pas de répétition ou de concert ce jour-là.

« Cela a commencé à prendre de l’emprise sur moi à un point tel que je m’en inquiétais », se souvient-il.

Un soir, alors qu’il était en état d’ébriété, il a étudié les partitions en vue d’une répétition. Le lendemain, M. Maull se souvient encore très bien de sa confusion lorsqu’il a pris la direction de l’orchestre.

« Quand j’étais devant l’orchestre, je me souviens d’avoir pensé : ‘Comment se fait-il que ça ne me semble pas familier ?' »

Il avait commencé à se rendre compte de l’ampleur des effets de l’alcool sur son travail.

Un ami proche, qui était un ancien alcoolique, avait doucement essayé de convaincre M. Maull de penser sérieusement à sa consommation d’alcool et d’y mettre un stop.

Mais il n’a pas prêté attention à son alcoolisme pendant longtemps.


Au début des années 80, son ami a invité M. Maull à dîner pendant la période de Noël. M. Maull buvait encore à l’excès. Il a même apporté son propre alcool avec lui, car la demeure de son ami était sans alcool.

Pendant que son ami préparait le dîner, M. Maull a remarqué sur la table un programme en 12 étapes et de la documentation sur la méditation.

Se penchant sur le livre de méditation il a commencé à feuilleter les pages. Puis il a été frappé.

« Je ne me souviens plus exactement de la page, mais je me souviens d’avoir lu cette page et de m’être dit : ‘Oh mon Dieu ! Il ne s’agit pas de mon ami. C’est moi sur cette page. Cette page parle de moi. Elle m’interpelle' », a-t-il dit.

C’était un réveil puissant.

« J’ai réalisé à ce moment-là que j’allais devoir cesser. Si je ne le faisais pas, je pourrais sérieusement nuire à ma santé ou même mourir », se souvient-il.

Il a continué à boire seulement jusqu’au réveillon du Nouvel An 1983, quelques semaines après avoir lu la littérature.

Le 1er janvier 1984, il a demandé à son ami de l’emmener à une réunion. Ce fut son premier jour de sobriété.

« Je me suis rendu compte que j’avais ce grave problème et qu’il fallait faire quelque chose à ce sujet », explique-t-il.


M. Maull est sobre depuis 34 ans. Lorsqu’il a renoncé à l’alcool, il a pu se concentrer sur le pouvoir de la musique pour exprimer ses émotions et sur ce qui est le plus important dans la vie.

Il fut alors en mesure de pousser plus loin sa carrière de musicien classique.

Trois ans après le début de sa sobriété, il a pu réaliser un rêve de toute une vie. Il a fondé son propre orchestre, The Philharmonic Orchestra of New Jersey, en 1987.

« C’était quelque chose qui aurait été totalement impossible si j’avais continué à boire », a-t-il souligné.

« Non seulement [abandonner l’alcool] m’a permis de poursuivre ma carrière de chef d’orchestre, mais cela m’a aussi permis de me concentrer sur ce qui est vraiment la chose la plus importante pour moi en ce moment, c’est-à-dire enseigner aux gens comment écouter de la musique, afin que plus de gens puissent être touchés par cette force incroyable que nous appelons la musique classique. »

L’orchestre de George Marriner Maull lui a donné une plate-forme pour accomplir sa mission. L’Orchestre Philharmonique du New Jersey en 1987 est devenu The Discovery Orchestra en 2006.

Le directeur artistique Maull et The Discovery Orchestra ont réussi à atteindre bon nombre de leurs objectifs en peu de temps.

Ils ont produit quatre émissions de télévision pour la télévision publique américaine, présentant la musique classique à des millions de téléspectateurs à travers le pays. 

« Cela fait vraiment du bien de savoir que nous pouvons être au service des gens de cette façon », a dit M. Maull.

(Courtesy of Douglas F. Munch)

Il est également conscient des dépendances des autres, et il essaie d’orienter dans la bonne direction toute personne qui demande de l’aide.

M. Maull reçoit des commentaires des gens de partout au pays au sujet de ses efforts pour rendre la musique classique accessible à tous.

Un homme de San Francisco lui a écrit un message qu’il conserve sur son bureau :

« Je viens de regarder votre concert de découverte sur Bach sur ma chaîne PBS locale ici à San Francisco. Toute ma vie, j’ai senti que quelque chose de riche et de spirituel devait être impliqué dans la musique de compositeurs comme Bach, mais personne ne l’a jamais expliqué. Maestro Maull, comme l’aimable hôte d’un grand festin, a poliment ouvert la porte et, malgré mon ignorance, m’a invité à dîner. Il a appris à mes oreilles et à mon esprit à méditer sur la générosité. J’ai été ému jusqu’aux larmes. Merci d’avoir enrichi ma compréhension. »

Chaque fois qu’il a des doutes sur l’impact de son travail et de sa carrière, Maestro Maull lit cette note.

« J’ai l’impression que toutes les luttes contre l’alcool et toutes les douleurs qui y ont été associées sont mineures par rapport à la capacité d’aider les gens de cette façon », a-t-il avoué avec reconnaissance.

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